‹ Cours élémentaire de mécanique théorique et appliquéeChapitre 58 sur 169 · RESISTANCE DES FLUIDES · texte numérisé non relu

RESISTANCE DES FLUIDES

pas sentir ; elle ne se développe que pendant le mouvement, et change beaucoup à mesure que le mouvement s'accélère.

Nous reviendrons plus tard sur cette résistance que les Guides opposent aux corps qui se meuvent à leur intérieur; pour le moment, nous nous contenterons de dire qu'elle est proportionnelle : 1° à l'étendue de la surface qui vient directement choquer les moiécoJes fluides; 2* au carré de la vitesse avec laquelle ce choc se /produit. Elle est d'ailleurs beaucoup plus grande dans l'eau que ^ians l'air.

Avec le petit appareil représenté par la fig. 1 81 , on peut montrer

que la résislancedes fluidescroîteneffet, lorsqu'on augmente Téten- «lue de la surface qui rencontre direclemeni les molécules liquides ou gazeuses. Deux petites roues A, B, sont montées chacune sur un axe parliculier,et sont extrêmement mobiles autour de ces deux

168 MACBïNKs A l'État de mouvement non uniforme.

axes. Deux crémaillères , fixées l'une à l'autre, engrènent avecdeu\ pignons de mêmes dimensions , que portent les axes des dem roues : en sorte que , si l'on abaisse rapidement les deux crémail 1ères, en agissant comme l'indique la fig. 181, jusqu'à ce qu'elle^ n'engrènent plus avec les pignons, qui pourront tourner libremenl dans les échancrures C, C, on communique aux deux petites roiio: exactement la même vitesse de rotation. Chacune des deux roue: est formée de quatre ailettes. Dans la roue A, les ailettes sont fixées à l'axe, et viennent rencontrer l'air seulement par leur tranche, Dans la roue B, au contraire , les ailettes sont mobiles ; elles peuvent être placées de la même manière que celles de la roue A , ou bien être inclinées plus ou moins sur la direction du mouvement ; elles peuvent même être disposées de manière à rencontrer l'air de face, pendant qu'elles tourneront. Lorsque les ailettes de la roue B sont mises dans la même position que celles de la roue A, et qu'on fait tourner les deux roues à l'aide des crémaillères , on les voit se mouvoir pendant un temps très long, et s'arrêter à très peu près l'une comme l'autre ; mais si les ailettes de la roue B sont disposée? autrement, comme dans la /îg. 4 81, le mouvement de cette roue se ralentit bien plus vite que celui de l'autre roue, et ce ralentissement est d'autant plus marqué , que les ailettes se rapprochent plus de rencontrer de face les molécules d'air qui sont sur leur passage.

ÉTUDE DES MACHINES A l'ÊTAT DE MOUVEMENT NON UNIFORME.

§ 130. Lorsqu'une machine est en mouvement, et qu'elle est soumise à des puissances et des résistances qui se font équilibre, son mouvement est uniforme. Mais il en est rarement ainsi, il y » même des machines, en grand nombre, pour lesquelles cela ne peut jamais avoir lieu; c'est ce que l'on comprendra aisément à l'aide de 1 exemple suivant.

On emploie souvent, pour faire tourner une meule à aiguiser, U disposition représentée sur la ^gf. 182. L'axe delà meule se termine par une manivelle ; de l'extrémité de la manivelle part une bielle, qui descend à peu près verticalement, et dont la partie inférieure se relie à 1 extrémité d'une pédale. La bielle est articulée d'une part avec la manivelle, d'une autre part avec la pédale. Si lo" fait tourner la meule, en agissant directement sur elle avec la main, on verra la manivelle tourner, la bielle montera et descendra aller-

Fig. 182.

' -MACHINES A l'ÉTAT DE MOUVEMENT NON UNIFORME. 169

iialivement, en s inclinant tantôt d'un côté , tantôt de 1 autre de la verticale ; et la pédale, tournant autour d'une de ses extrémités, s élèvera et s'abaissera successivement. Le rémouleur, qui se sert de cette meule , entrelient le mouvement en posant un pied sur la pédale , et l'appuyant au moment où la bielle descend ; lorsque la bielle remonte, il ne retire pas son pied , mais il le soutient , pour qu'il n'exerce pas de pression sur la pédale. En môme temps qu il entretient ainsi le mouvement de la meule, il appuie sur sa surface le corps tranchant qu'il veut aiguiser.

11 est aisé de reconnaître qu'un pareil mouvement ne peut pas èlre uniforme. Si l'on examine ce qui se passe pendant un tour entier de la meule, en commençant au moment où la pédale occupe sa position la plus élevée, on verra que le pied n'agit que pendant la première moitié de ce tour, et qu'il cesse complètement d'agir pendant la seconde moitié. La résistance, au contraire, qui est occasionnée par le frottement du corps qu'on aiguise , continue son action d'une manière à peu près régulière pendant le tour entier. Ainsi , dans la seconde moitié du tour , il ne peut pas y avoir équilibre entre la puissance et la résistance , puisque la puissance est nulle, et que la résistance »e l'est pas. Dans la première moitié du tour, cet équilibre n'existe qu'à deux instants particuliers, comme nous allons le voir.

Lorsque la meule tourne, l'extrémité M de la manivelle OM, /îy. 4 83, décrit une circonférence de cercle; la bielle '^N, prolongée idéalement, si cela est nécessaire, passe tantôt à droite, tantôt à gauche du point 0, centre de ce ^orcle. Pendant que la pédale des- ^ <*nd , la bielle reste d'un même côté du centre ; mais sa distance ^1* à ce point, distance qui n'est autre chose que le bras de levier

Page 1