MOTKNS DB DIMINUER L INFLUENCE DES RÉSIST. PASSIVES
de la grue. L'ensemble des galets et de leur chape forme une espèce d'anneau qui a besoin d'être soutenu inféneurement, puisqu'il n'est fixé à rien : il repose pour cela sur une surface plane et annulaire qui fait partie du massif, et, pour éviter le frottement de la face inférieure de la chape sur cette surface, on lui a adapté d'autres galets S', S', à axes horizontaux, par lesquels s'appuie tout 1 appareil qui nous occupe en ce moment.
Dans la machine d'Atwood, décrite précédemment (page 95), la poulie q»ii est à la partie supérieure a besoin d'être extrêmement mobile : pour que les expériences faites avec cette machine présentent un certain degré d'exactitude, il faut que les effets soient troublés le moins possible par les résistances passives. Pour y parvenir, on a imaginé un mode particulier de suspension de la poulie, que nous allons décrire. La poulie A, fig. 4 92, est traversée en 8on centre par un axe cylindrique de petit diamètre, qui fait corps avec elle. Si cet axe avait été posé dans deux coussinets, il aurait éprouvé un frottement, pendant que la poulie aurait tourné ; mais, au lieu de cela, on a placé chacune de ses deux extrémités dans l'angle formé par les circonférences de deux roues B, 6, qui sont placées à côté l'une de l'autre, de manière à se recouvrir en partie. ^Lorsque la poulie tourne, son axe roule sur les quatre roues ^ B, B, sans changer pour cela de position; le glissement qui aurait eu lieu, si l'axe avait reposé sur deux coussinets, se trouve ainsi remplacé par un roulement, et la résistance que la poulie éprouve est beaucoup moindre. Il se produit cependant encore des frottements entre les axes des roues B, B, et leurs supports ; mais ces frottements n'ont qu'une influence insensible sur le mouvement de la poulie, en raison du faible chemin que parcourent leurs points d application, pendant que la poulie fait un tour entier (§7*2). L'axe de la poulie A, s'appuyant, comme nous venons de le dire, sur les quatre roues B, B, pourrait encore glisser sur ces roues dans le sens de sa longueur, et déplacer ainsi la poulie, ce qui nuirait aux «^périences : pour empêcher ce mouvement, on a terminé l'axe par
Fig. 192,
18^ îtfACHiNES A l'État de mouvement non uniforme. deux pointes fines, à ses deux extrémités, /îg. 4 93,et Ton a disposé deux petits plans d'acier, contre lesquels ces deux pointes viennent butter, ce qui maintient l'axe dans une position invariable.
Enfin nous donnerons, comme dernier exemple de la substitution du roulement au glissement, le mode de suspension de la grosse cloche de Metz , qui fonctionne depuis plus de quatre cents ans. Le mouton de cette cloche porte deux tourillons cylindriques, autour desquels la cloche doit tourner, lorsqu'on la fait sonner. Si ces tourillons reposaient dans des coussinets ordinaires , ils éprouveraient des frottements qui tendraient à diminuer le mouvement de la cloche ; en sorte qu'il faudrait employer une plus grande force pour entretenir Fig. 193. l'amplitude de ses oscillations. Mais, au lieu de
cela, on a appuyé chaque tourillon sur un secteur A, fig. 194, mobile autour de son point d'appui inférieur o, et terminé supérieurement par un arc de cercle dont le centre est
à ce point d'appui. Lorsque la cloche est en mouvement, le tourillon roule sur ce secteur , qui tourne en même temps autour de son point d'appui a, ce secteur s'incline, tantôt à droite, tantôt à gauche, suivant que la cloche va elle-même à droite ou à gauche. Pour maintenir le tourillon toujours au-dessus du point d'appui du secteur A, on a disposé, de part et d'autre, deux pièces B, C, destinées à l'empêcher de se déplacer latéralement. Si ces deux pièces étaient fixes, il en résulterait encore, à certains moments, un frottement sur le tourillon ; aussi a-t-on donné à ces pièces la forme de secteurs, et les a-t-on rendues mobiles autour des points 6, c, de manière à remplacer encore le glissement du tourillon sur leur surface par un roulement. Le tourillon étant toujours appuyé sur le secteur A, il en résulte une adhérence qui est telle
Fig. 194.
MOYENS d'augmenter L'iNFLUBNCE DES RÉSIST. PASSIVES 185
que ce secteur tourne nécessairement en même temps que le tourillon ; et, lorsque la cloche est au repos, le tourillon repose toujours au milieu de Tare de cercle qui termine ce secteur. Mais il n'en est pas de même pour les deux autres secteurs B, C ; le tourillon s'appuie alternativement sur l'un et sur l'autre, et l'on ne doit pas compter siir l'adhérence de leurs surfaces avec le tourillon , pour les maintenir constamment dans une position convenable : aussi ces secteurs sont-ils soutenus par les tiges DE, FG, articulées, d'une part, en D et F avec les secteurs, et d'une autre part, en E et G avec la partie supérieure du mouton. Pendant le mouvement de la cloche, le haut du mouton s'incline, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, et les secteurs B, C. se meuvent en même temps, en s élevant et s'abaissant alternativement; les choses ont été disposées de telle manière , que les mouvements de ces secteurs soient les mêmes que s'ils avaient été produits par le roulement du tourillon sur leurs surfaces.
§410. HoyeiMi d'augmentcF rinllaenee des résistances passives. — Habituellement, on doit toujours chercher à atténuer autant que possible l'action des résistances passives, afin de produire le plus qu'on peut de travail utile, avec une quantité donnée de travail moteur ; mais il y a des circonstances exceptionnelles dans lesquelles on a besoin, au contraire, d'augmenter cette action, soit pour modérer la marche de la machine, soit même pour l'arrêter tout à fait. On y arrive en créant des frottements qui n'existent pas dans la marche régulière de la machine ; les pièces qui sont destinées à produire ces frottements sont désignées en général sous le nom de freins. Nous nous contenterons, pour le moment, de donner comme exemple le frein qu'on adapte ordinairement aux grues, pour modérer le mouvement des engrenages, dans le cas où l'on veut faire descendre le fardeau qui a été soulevé, sans être obligé de tenir conslanunent les manivelles. Ce frein consiste en une lame de tôle, /îg. 195, qui enveloppe à peu près complètement un tambour cylindrique fixé latéralement à une des roues dentées.
On voit ce tambour sur la /îgf. 81, page 64; il est à gauche de la roue F, avec laquelle il fait corps. Les deux bouts de la lame de tôle sont alléchés aux extrémités B, C, des deux petits bras