DESCENTE, TRANSPORT ET ÉRECTION DE L OBÉLISQUE
sons qu'une corde fasse quelques tours sur un cylindre, et s'en détache de part et d'autre, comme on le voit dans la /Sg 66 (page 51 ), de telle manière que, lorsque le cylindre tournera, la corde s'enroule d'un côté, et se déroule de Tautre. Il est clair que la corde ne se trouvera pas toujours en contact avec les mêmes points de la surface du cylindre : les spires suivant lesquelles elle s'enroulera successivement se placeront à côté les unes des autres, la corde marchera le long du cylindre, et viendra bientôt le toucher à une de ses extrémités. C'est précisément ce qui serait arrivé pour les cordes enroulées sur le treuil K, si la surface de ce treuil eût été cylindrique. Pour obvier à cet inconvénient, qui aurait fait manquer lopération, on a pratiqué sur la surface du treuil huit rainures en forme dégorges de poulies, dans chacune desquelles une des cordes devait constamment rester. Ces espèces de gorges de poulies présentaient un côt^ conique, que la corde devait envelopper. Pendant le mouvement, la corde s'enroulait sur la partie la plus grosse du rebord conique, et se détachait du fond de la gorge ; elle tendait donc à grimper sur ce rebord : mais elle glissait constamment, et était ainsi toujours ramenée au fond de la gorge.
Il ne suffisait pas de pouvoir donner aux 48 cordons qui réunissaient les moufles supérieures aux moufles inférieures des tensions régulières et assez grandes pour soutenir l'obélisque dans sa chute : il fallait encore que les moufles inférieures fussent attachées en des points présentant une assez grande résistance, pour ne pas céder sous la force de traction qu'ils devaient avoir à supporter. A cet effet, des pièces de bois furent solidement fixées à la base d'un second obélisque P, qui existait de l'autre côté de l'entrée du palais, Pt c'est à ces pièces de bois que les moufles inférieures furent reliées par des câbles d'une grande résistance.
Le renversement de l'obélisque de sa base, par les moyens qui tiennent d'être décrits, eut lieu sans accident le 31 octobre 1831, et s'effectua dans l'espace de 25 minutes.
§ U7. Nous avons dit que le plan incliné qui devait servir au transport de l'obélisque dans le navire s'élevait jusqu'à 5 mètres au-dessus de sa base. L'obélisque, en tournant autour de la pièce A, devait venir s'appliquer sur l'extrémité de ce plan, avant d'avoir atteint une position horizontale ; et, comme son centre de gravité se serait trouvé au delà de cette extrémité, il devait continuer à s'abaisser, en tournant autour de ce nouveau point d'appui, et abandonnant par conséquent le premier, A. Il se produisit un effet différent de celui qu'on attendait. L'extrémité du plan incliné sur laquelle •obélisque devait s'appuyer vers la fin de l'opération s'affaissa
202 APPLICATION Â L*ÉTUDB DB QUELQUES BfACHINBS.
SOUS le poids énorme qu*elle avait à supporter, et l'obélisque continua à descendre, sans cesser de tourner au- |tl ! tour de la pièce A, jusqu'à ce que la résistance opposée par son nouvel appui fût assez forte pour vaincre son poids. Mais alors lobélisque reposait sur une large surface, à l'intérieur de laquelle passait la verticale correspondant à son centre de gravité ; en sorte que le mouvement de bascule, sur lequel on comptait, ne s'est pas produit.
Pour amener l'obélisque à être couché sur le haut du plan incliné, on a dû soulever sa base, à l'aide de moufles et de cabestans, et le tirer en même temps par le sommet, afin de le faire glisser dans le sens de sa ; longueur. A partir de là, on n'a plus j eu qu'à le faire glisser sur toute la || S longueur du plan incliné, en le tirant à l'aide de cabestans qu'on déplaçait à mesure qu'il avançait. On avait soin, pour faciliter le glissement, de recouvrir le chemin de madriers, qu'on enlevait successivement dans la partie que l'obélisque venait de quitter, pour les reporter en avant, sur la partie du chemin qu'il allait atteindre. Ces madriers étaient constamment graissés, afin de diminuer le frottement.
Enfin, lorsque l'obélisque arrin près du navire, dont on avait enlevé la partie antérieure, on le tira jusque dans son intérieur, en disposant l'appareil de traction, comme l'indique la /îgf . 2 0 5 . Lorsque l'obélisque fut convenablement installé, on referma l'ouverture qui avait été pratiquée dans le navire, çn rapprochant la portion
DESCENTE, TRANSPORT ET ÉRBCtiON DE L*OBÉLISQUB. JtOS
qu'on avait enlevée, et la fixant assez solidement pour qu'il n'y eût
pas à craindre de rupture pendant toute la traversée. § U8 . Le navire se mit en marche pour la France le 2 6 août 4 832,
el arriva à Paris, près la place de la Concorde, le 23 décembre 1833. Dès lors on disposa tout, pour le débarquement et l'érection de
lobélisque. Les moyens qu'on employa pour cela sont exactement
les mêmes que ceux qui avaient servi, en Egypte, à faire les opéra-
tions inverses.
On détacha la partie antérieure du navire, pour rétablir l'ouver-
lure par laquelle l'obélisque avait été introduit ; on tira l'obélisque, à laide de cabestans, pour le faire sortir du Luxor, et le faire monter sur le quai par un plan incliné. Pour l'embarquer, on l'avait
fait glisser la tête en avant ; il dut marcher en sens contraire pour
le débarquement: sa base se présentait la première. Lorsqu'il fut arrivé sur le quai, on le tira le long d'un plan incliné,
construit à cet effet, et qui aboutissait au niveau de la face supérieure du piédestal sur lequel on devait le dresser. 11 fut ainsi amené dans une position telle, qu'il n'avait plus qu'à tourner autour de 1 arête inférieure de sabçLse,pour venir se placer sur son piédestal. Ce mouvement de rotation s'effectua, comme pour la descente, autour d'une forte pièce de bois, qui embrassait dans toute sa longueur Farète dont oh vient de parler , et qui devait tourner , en même temps que l'obélisque , autour de sa surface extérieure, arrondie à cet effet. Pour cete, il fallut d'abord soulever l'obélisque par la tête, jusqu'à ce que son centre de gravité eût dépassé le plan vertical mené par l'axe de rotation : à partir de là, il continua à tourner, en vertu de laction de la pesanteur, sa base vint s'arrêter >ur la face supérieure du piédestal, et il prit ainsi la position qu'on levait lui laisser définitivement..
L'appareil qui servit à soulever l'obélisque, dans la première «rtiede l'opération, c*est-à-dire jusqu'à ce que son ceutrede gra« |ité eut atteint le point le plus hai^ <^vl cercle qu'il devait décrire, 'tait exactement le même que rapj)arëil de retenue employé penlant la descente, et décrit précédemment. Seulement les câbles, l^'i se détachaient des systèmes de moufles, ne s'enroulaient plus '"tour de mâts fixes sur lesquels ils devaient glisser, et n'aboutis- 'yJent plus entre les mains d'autant d'hommes qui devaietit les «hisser filer : ces câbles venaient s'enrouler sur les tours d'iift même 'ombre de cabestans, à l'aide desquels on exerçait sur eux une orce de traction suffisante.
Pendant la seconde partie de l'opération, lorsque Tobélisqué 'eut plus qu'à céder à l'action de la pesantelir potir achever sa
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rotation, il fut retenu par des câbles attachés à sa tête, comme l'étaient les câbles de traction employés en Egypte pour commencer l'opération de la descente.
L'érection de l'obélisque à Paris eut lieu le 25 octobre 4836. Tous les travaux de descente en Egypte, de transport de l'Egypte en France, et d'érection à Paris, furent effectués sous la direction de M Lebas, ingénieur de la marine. L'idée de 1 appareil de retenue, pour la descente, est de M. Mimerel, autre ingénieur de la marine.
§ 1 49. Monltas A forlMe. — Pour extraire des grains la farine qu'ils contiennent, on les broie entre deux pierres: l'enveloppe de chaque grain se trouve brisée ; ses débris, qu'on désigne sous le nom de son^ se mêlent à la farine ; et il ne reste plus qu'à les séparer à l'aide d'un tamis, qui laisse passer la farine à travers son
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tissu, sans laisser passer le son. C'est dans les moulins à farm que s'effectuent ces opérations : nous allons voir quelle est la di^position de la partie de ces moulins dans laquelle les grains sont broyés.
Les pierres, ou meules, qui servent à effectuer cette opération.