‹ Cours élémentaire de mécanique théorique et appliquéeChapitre 69 sur 169 · MOULINS A FARINE · texte numérisé non relu

MOULINS A FARINE

meules. L'ouverture centrale de la meule dormante, dans laquelle tourne l'arbre F, est garnie de cuir et de drap, afin d'éviter que le ïrain ne la traverse pour tomber au-dessous de cette meule. La meule courante tend à entraîner chaque grain dans son mouvement de rotation : et comme il n'existe qu'une faible distance entre les deux meules, le grain est broyé en même temps qu'il est entraîné. Cbaque parcelle qui est mise en mouvement décrirait une circon- Jereoce de cercle, si elle était attachée à la meule courante ; mais, au lieu d'y être attachée, elle en reçoit seulement des impulsions successives, et, en vertu de chacune de ces impulsions, elle se déplace suivant la tangente au cercle que décrit la partie correspondante de la meule. Il en résulte que les poussières qui proviennent de l'écrasement du grain s'éloignent du centre de la meule dormante, en même temps que la meule courante les fait tourner autour de ce centre. Le mélange de farine et de son, ainsi transporté vers la circonférence des deux meules, finit par les abandonner, et vient s'accumuler dans un espace annulaire qui existe tout autour de la meule courante. Arrivé dans cet espace annulaire, il est encore entraîné par la meule, et vient tomber dans un trou pratiqué en un point de son contour. De là le mélange de farine et de son est conduit dans des appareils destinés à opérer la séparation de la farine et du son. Ces appareils, ainsi que ceux qui servent à nettoyer le grain avant de le moudre, sont également mis en mouvement par la roue hydraulique : à cet eflfet, l'arbre B se prolonge à travers le plancher qui est au niveau des meules, et iwrte, vers sa partie supérieure, les roues et tambours nécessaires à cette transmission de mouvement.

Une sonnette c est disposée de manière à avertir le meunier, lorsque la trémie ne contient presque plus de grain. La sonnette est reliée par une ficelle à un taquet de bois, 6, qui est traversé par une lige verticale de fer. Ce taquet peut monter ou descendre le long de cette tige, et peut également tourner autour d'elle, sans la moindre difficulté : il est soutenu par une autre ficelle qui pénètre dans la trémie en passant sur une petite poulie, et qui se termine par un morceau de bois assez léger. Ce morceau de bois est enfoncé tlans le grain de la trémie, et s'y maintient tant que le grain est en quantité suffisante, de manière à soutenir le taquet h à une hauteur convenable; mais lorsqu'il n'y a presque plus de grain dans la trémie, le taquet 6 retombe, en faisant remonter le morceau de l^is, qui n'est plus retenu par le grain. Dès lors, un doigt a, qui est fixé au prolongement de l'arbre de la meule courante, et qui tourne en même temps que cette meule, vient choquer le taquet b

à chaque tour, et fait ainsi sonner la sonnette. Le bruit qui en résulte ne cesse de se faire entendre qu'après que le meunier, ayant rempli la trémie, a enfoncé dans le grain le morceau de bois qui soutient le taquet 6 au-dessus du doigt a.

Des colonnes N, au nombre de quatre, reposent sur deux blocs de pierre , et supportent deux fortes pièces de bois P, sur lesquelles sont installées les deux meules dormantes. Les mômes blocs de pierre portent les crapaudines sur lesquelles s'appuient les arbres des meules courantes.

§ 4 50. Les meules sont quelquefois formées d'un seul morceau de pierre; mais alors elles sont généralement défectueuses. Les meilleures meules sont construites par la réunion de plusieurs pierres bien choisies, liées entre elles par du plâtre, et fortement consolidées par des cercles de fer. Le diamètre d'une meule, dans les ancieDS moulins, varie de 1"*,80 à 2"*,30 ; mais dans les nouveaux moulins, dits à l'anglaise, les meules n'ont que 4"*, 30 de diamètre. Les meules qui sont formées de pierres choisies, ne présentant pas de cavités, ont besoin d'être taillées d'une manière particulière pour

que leur surface ne soit pas tout à fait unie. On y pratique habituellement des espèces de sillons, dirigés du centre à la circonférence , et disposés comme l'indique la fig. 208.

Les sillons ne sont pas tracés suivant des rayons , mais présentent au contraire une obliquité très prononcée sur leur direction , et cela dans le même sens sur les faces de chacune des deux meules. On comprend aisément, d aprèscela, que, lorsque ces deux faces sont appliquées Tune sur l'autre, ce qui n'a pu se faire qu'en retournant la meule courante, les sillons de cette meule font un angle avec ceux de la meule

Fig. 208.

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