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PRINCIPES GÉNÉRAUX

DE LA MÉGANIQUE.

§ 8. Lorsqu'un corps occupe successivement différentes positions dans l'espace, on dit qu'il est en mouvement. Une bille qui roule sur le sol, un cheval qui marche sur une route, un bateau qui des* rend le courant d'une rivière, sont des corps en mouvement.

Nous ne pouvons reconnaître le changement de position de la bille, du cheval, du bateau, qu'en les comparant à des objets voisins qui nous servent dépeints de repère : ce seront, par exemple, les aspérités du sol , les sinuosités de la route et de la rivière, ou les arbres plantés sur leurs bords. Notre propre corps nous sert souvent de point de repère , pour reconnaître le mouvement des corps qui sont dans notre voisinage.

Lorsque nous n'avons aucun terme de comparaison pour juger da mouvement d'un corps , nous le croyons immobile. C'est ainsi que, si nous sommes dans le salon d'un bateau à vapeur qui marche sur une rivière , et que des stores abaissés sur les fenêtres nous ôtent la vue des objets extérieurs , .tout ce qui nous entoure nous semble immobile : cette idée d'immobilité se fixe tellement dans notre esprit, que si nous remontons sur le pont, la première impression que nous éprouvons, c'est de croire que les bords de la rivière, les arbres, les maisons, sont en mouvement; et ce n'est qu'en faisant un effort sur nous-mêmes que nous pouvons revenir à ridée de l'immobilité des arbres et des maisons, et du mouvement du bateau avec tout ce qu'il porte.

Si les points de repère à l'aide desquels nous jugeons qu'un corps se déplace sont eux-mêmes en mouvement, le mouvement de ce corps ne sera que relatif. Tel sera, par exemple, le mouvement d'une bille que nous verrons rouler sur le pont d'un bateau en marche. Si nous comparions cette bille aux points fixes qui existent sur les bords de la rivière, nous lui trouverions un mouvement tout, différent. II pourrait même se faire qu'elle fût en repos, si elle avait été lancée de l'avant à l'arrière du bateau, avec une telle vitesse qu'elle restât toujours en face des mômes points des rives : elle serait alors comme si le bateau glissait sous elle sans l'entraîner.

Tous les mouvements que nous observons autour de nous ne sont que des mouvements relatifs. En effet, la terre est en mouvement autour du soleil, et décrit, en un an, à peu près une circonférence de cercle dont le rayon est de 4 50 millions de kilomètres. Elle est encore animée d'autres mouvements ; mais celui-là nous suffit pour dire qu'aucun des points de repère que nous prenons sur sa surface n'est immobile. Cependant, dans létude des machines et des divers phénomènes mécaniques qui se passent sur la terre, nous pourrons presque toujours considérer les mouvements dont nous parlerons comme des mouvements absolus. Dans la plupart des cas, les choses se passent de la même manière que si la terre était absolument fixe.

§ 9. Lorsqu'on parle dif mouvement d'un corps, on fait souvent abstraction de ses dimensions, pour ne s'occuper que d'uu de ses points, dans lequel on imagine que toute sa matière est condensée. De cette manière , en se représentant par la pensée la suite des posilions que le corps a occupées, on a l'idée d'une ligne, droite ou courbe, qui a été décrite par ce corps, et qu'on nomme sa trajectoire. C'est ainsi que, quand on dit qu'un boulet lancé obliquement décrit une ligne courbe, on ne pense qu'au centre de ce boulet. Il n'y a qu'un instant, nous avons dit que la terre décrit à peu près une circonférence de cercle autour du soleil : nous avons fait abstraction des dimensions de la terre, et nous avons regardé toute sa matière comme concentrée en son centre.

Le mouvement d'un corps est reclUigne ou curviligne, suivant que la ligne qu'il décrit, ou sa trajectoire, est une ligne droite ou une ligne courbe. Les mouvements curvilignes se distinguent les uns des autres par la nature de la ligne courbe qui est décrite : le mouvement est circulaire, lorsque la trajectoire est une circonférence de cercle; parabolique, lorsque la trajectoire est une parabole.

§ 4 0. Le mouvement d'un corps ne serait qu'imparfaitement connu, si l'on se contentait d'observer la forme de la ligne que ce corps décrit : il faut encore examiner le mouvement sous le rapport du temps que le corps met à parcourir les diverses portions de cette ligne.

Les instruments qui servent à mesurer le temps sont connus de tout le monde : ce sont les horloges et les montres. Mais la véritable mesure du temps réside dans les phénomènes astronomiques. Ces phénomènes déterminent des intervalles de temps successifs , égaux entre eux, qu'on appelle des jours. Les horloges et les montres n'ont pas d'autre objet que de diviser le jour en un grand nombre de parties égales, et d'indiquer à un moment quelconque, à

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