‹ Cours élémentaire de mécanique théorique et appliquéeChapitre 75 sur 169 · STABILITÉ DES VOITURES · texte numérisé non relu

STABILITÉ DES VOITURES

voilure comme animée de deux mouvements bien distincts : lepren.ier est son mouvement de translation dans le sens de la longueur du chemin ; le second est un mouvement de rotation autour de la tangente horizontale menée au point A delà roue la plus basse. En vertu de ce second mouvement , le centre de gravité G décrit un arc de cercle ayant son centre sur la tangente dont on vient de parler ;. tantôt il monte, tantôt il descend sur cet arc de cercle. Pour que la voiture ne verse pas, il faut que le point G ne dépasse jamais le point le plus élevé B du cercle ; autrement la pesanteur, en agissant sans cesse sur elle, continuerait à la faire tourner autour de la tangente à la roue au point A, et la ferait ainsi tomber sur le côté. Au moment où la roue de gauche rencontre une aspérité du chemin qui la force à s'élever, le centre de gravité monte sur Tare de cercle qu'il est obligé de décrire. Si la voiture va lentement, la pesanteur maintiendra la roue de gauche en contact avec le sol, tant que le centre de gravité n'aura pas dépassé le point B. Mais si la voiture va vite, les aspérités que la roue de gauche rencontrera la forceront à s'élever rapidement ; le centre de gravité se trouvera, pour ainsi dire, lancé de bas en haut sur son arc de cercle; en vertu delà vitesse de rotation que la voiture recevra ainsi, la roue de gauche s'élèvera de manière à ne plus toucher le sol : et il pourra arriver que le centre de gravité monte ainsi jusqu'au point B, la pesanteur n'ayant pas eu le temps de détruire son mouvement ascendant avant qu'il atteigne ce point. On conçoit par là comment il se fait qu'une voiture verse, quand elle marche rapidement sur un chemin, dont la pente transversale ne l'aurait pas fait verser, si sa vitesse eût été moins grande.

Les voitures suspendues sont plus susceptibles de verser que celles qui ne le sont pas, ainsi que nous allons le faire comprendre facilement. Les ressorts de suspension sont destinés à atténuer les secousses que la voiture reçoit à cause des inégalités du chemin. Ces secousses sont éprouvées d'abord par les roues et l'ensemble des pièces qui sont fixées aux essieux; elles se transmettent ensuite au reste de la voiture, par l'intermédiaire des ressorts, qui en amoindrissent l'effet en fléchissant plus ou moins. Lorsque le chemin présente des inégalités qui font pencher la voiture de côté et d'autre, et d'une quantité plus ou moins grande, le corps de la voiture ne s'incline pas de même que s'il était fixé aux roues sans l'interposition des ressorts. Si une roue est brusquement soulevée par une aspérité, le corps de la voiture ne cède pas tout de suite à ce mouvement ; les ressorts fléchissent , et il en résulte que la roue qui a élé soulevée n'a fait, pour ainsi dire , que se rapprocher du corps

de la voiture. Bientôt les ressorts, qui ont été tendus plus qu'à rordinaire, réagissent et font prendre à la voiture Tinclinaison qu'elle aurait prise tout de suite sans leur présence. Mais la voiture ne s arrête pas dans ce mouvement, au moment où ses ressorts ont repris leur forme habituelle ; elle se trouve animée d'une vitesse qui la fait incliner davantage, en forçant les ressorts à fléchir en sens contraire. Il en résulte que la voilure penche en définitiveplus fortement que si elle n'eût pas été suspendue ; et elle pourra verser dans des lieux où elle n'aurait pas versé, si elle n'avait pas été munie de ressorts.

Il est aisé de conclure de ce qui précède, que les diligences employées sur les routes, pour le transport des voyageurs, présentent une très mauvaise disposition, sous le rapport de la sta}3ilité. L'accumulation des bagages, à leur partie supérieure, fait que le centre de gravité de toute la voiture, lorsqu'elle est chargée, se trouve très élevé au-dessus du sol, et les balancements que les inégalités de la route lui transmettent, par l'intermédiaire des ressorts, n'ont pas besoin d'être bien grands pour qu'elle verse.

§484. Virage des YoHures. — La grandeur du tirage, c'est-àdire de la force de traction qui doitôtre appliquée à une voiture, pour vaincre les résistances passives qui tendent à ralentir son mouve ment, change beaucoup avec les circonstances dans lesquelles ce mouvement a lieu. Des expériences ont été faites pour déterminer la valeur de cette force, et les lois des variations qu'elle éprouve dans les divers cas. Nous allons indiquer les principaux résultats auxquels on est par\enu.

En faisant varier seulement la charge de la voiture, et la faisant marcher toujours sur le même chemin, on a trouvé que le tirage était sensiblement proportionnel à la pression des roues sur le chemin , c'est-à-dire au poids de la charge augmenté du poids de la voiture elle-même. C'est ce qui devait avoir lieu , puisque les résistances au glissement et au roulement sont proportionnelles à la pression (§§ 426 et 427), et que la force de traction est presque exclusivement employée à vaincre ces résistances.

Pour une même nature de chemin, et pour une même charge, le tirage varie en raison inverse du diamètre des roues. On devait s y attendre, d'après ce qui a été dit au § 4 82.

Toutes les fois que le roulement des roues sur le chemin est accompagné de chocs, comme cela a lieu sur le pavé, le tirage augmente avec la vitesse. Dans les autres cas, le tirage reste le même, quelle que soit la vitesse. Ce résultat était facile à prévoir, d'après

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