‹ Cours élémentaire de mécanique théorique et appliquéeChapitre 94 sur 169 · ENCRIER POMPE · texte numérisé non relu

ENCRIER POMPE

velles quantités d'encre étant enlevées de la tubulure, le niveau s'y abaissera, comme précédemment, jusqu'à ce qu'une nouvelle bulle d'air pénètre à l'intérieur, pour faire remonter le niveau dans la tubulure, et ainsi de suite. Tandis que la position du niveau extérieur de l'encre descend et monte successivement, le niveau intérieur s'abaisse, au contraire, constamment ; il descend faiblement pendant qu'on puise de l'encre dans la tubulure , mais il descend surtout au moment où une bulle de lair extérieur pénètre à l'intérieur de l'encrier.

Cette disposition satisfait parfaitement à la condition indiquée plus haut, qu'il n'y ait qu'une petite surface du liquide en communication directe avec l'atmosphère. Mais elle présente deux inconvénients. Le premier consiste en ce que le niveau de l'encre varie dans la tubulure , de telle sorte qu'à certains moments, il est plus difficile d'y puiser l'encre qu'à d'autres moments. Le second inconvénient, qui est le plus grave, consiste en ce que, si la température de 1 air qui est renfermé à l'intérieur de l'encrier vient à s'accroître, sa force élastique augmentera (§ 250), le niveau s'abaissera à lintérieur et s'élèvera dans la tubulure, et il pourra en résulter qu'une certaine quantité d'encre soit répandue au dehors. C'est ce qui arrivera notamment, si l'encrier a séjourné dans un lieu où la température est basse, et qu'on le transporte dans un autre lieu où la température est plus élevée ; c'est ce qui aura encore lieu si l'encrier, posé sur une table, près d'une fenêtre, vient à recevoir les rayons du soleil.

§ 256. Encrier pompe. — L'encrier.pompe, représenté par la /îg. 335, se compose, comme l'encrier siphoïde, d'une sorte de réservoir qui communique à un godet latéral par une ouverture. Mais il y a cette différence que l'air qui surmonte l'encre dans Le réservoir a toujours la même force élastique que l'air atmosphérique; le couvercle qui ferme ce réservoir ù sa partie supérieure ne le ferme pas assez hermétiquement pour qu'il n'y aitpas toujours libre communication entre l'air intérieur et l'air extérieur. L'encre qui est contenue dans l'encrier se répand donc dans le réservoir et dans le

Flg. 335.

376 PRINCIPES RELATIFS A l'EQOILIBRE DES FLUIDES.

godet, de madnière que ses deux surfaces libres y soient au même niveau. A mesure que Ton prend de l'encre dans le godet, le niveau s y abaisse ; mais il s'abaisse de la même quantité dans le réservoir. Ce qui caractérise cet encrier, c'est la possibilité de faire varier à volonté le niveau de l'encre, et de l'amener par conséquent dans le godet à la hauteur qui présente le plus de commodité. A cet effet, un cylindre de porcelaine est disposé à l'intérieur du réservoir, et son diamètre est tel qu'il ne reste qu'un faible espace tout autour de lui. Ce cylindre, suspendu à une tige creuse, dont l'intérieur est taraudé en forme d'écrou, peut s'élever ou s'abaisser, au moyen d'une vis qui pénètre dans cet écrou, et dont la tète fait saillie au-dessus du couvercle du réservoir. En faisant tourner le bouton qui termine cette vis , on fait monter ou descendre le cylindre; il plonge alors plus ou moins dans l'encre du réservoir, et détermine ainsi une élévation ou un abaissement de son niveau, qui se fait sentir aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur.

L'encre du réservoir n'est pas ici, comme dans l'encrier siphoîde, entièrement soustraite au contact de Tair atmosphérique. Mais ce désavantage est faible: car, d'une part, le couvercle empêche qu'il ny tombe de poussière; et, d'une autre part, la surface du liquide dans le réservoir étant de petite étendue, puisqu'elle est resserrée entre les parois de ce réservoir et le contour du cylindre plongeur, l'évaporalion ne doit y être que très faible. D'un autre côté, le couvercle du réservoir, tout en ne fermant pas hermétiquement, empêche qu'il ne se produise trop facilement des mouvements d'air, qui renouvelleraient constamment celui qui surmonte le liquide, et activeraient ainsi beaucoup l'évaporalion.

Cette dernière considération nous conduit naturellement à une conséquence -importante. Lorsqu'on cesse de se servir d'un encrier pompe, on doit faire tourner le bouton.de manière à abaisser le niveau de l'encre, et à la faire ainsi rentrer du godet dans le réservoir. Mais il est bon de ne pas abaisser ce niveau jusqu'à ce que l'ouverture qui fait communiquer ces deux vases soit vide d'encre : car alors, l'air pouvant passer par cette ouverture et par les interstices du couvercle, il se produirait une circulation continuelle de l'air, qui entrerait d'un côté pour sortirde l'autre côté. Ce mouvement de circulation, auquel pourraitdonner lieu la plus légère différence de température dans le réservoir et au dehors, ainsi que nous l'expliquerons bientôt, activerait beaucoup l'évaporation, en renouvelant l'air qui serait en contact avec l'encre contenue dans le réservoir.

§ 257. TAte-Tln. — Lorsque l'on veut puiser une petite quantité de vin dans un tonneau qui en est rempli , on se sert d'un pe-

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