TATE-VIN
lit instrument nommé tùte-vin^ fig. 336. C'est un tube de ferblanc, dont les dimensions transversales, augmentant d'abord progressivement depuis le haut jusque près de l'extrémité inférieure, diminuent ensuite brusquement, de manière à ne laisser à cette extrémité inférieure qu'une très petite ouverture. Pour se servir de cet instrument, on l'introduit dans le tonneau par la bonde, en l'enfonçant assez pour qu'il pénètre dans le liquide. Ses deux extrémités étant ouvertes, le vin pénètre à son intérieur, et s'y élève jusqu'au niveau extérieur. On met alors le pouce sur l'ouverture supérieure, afin de la fermer, et d'intercepter ainsi toute communication de l'air qui s'y trouve encore avec l'atmosphère ^ puis on retire l'instrument. A mesure que le lâte-vin sort du liquide que contient le tonneau, le niveau du vin baisse à son intérieur, et par suite l'air qui le surmonte se dilate, la pression exercée par cet air devenant plus faible que la pression atmosphérique, le niveau du vin à l'intérieur de l'instrument ne s'abaisse pas jusqu'au niveau extérieur : le vin y est soutenu à un niveau ^lus Fig. 336. élevé, par l'excès de la pression atmosphérique sur la pression de l'air intérieur. Ainsi, tant que l'instrument plonge encore dans le vin du tonneau, la surface du liquide qui est à son intérieur s'éloigne de plus en plus du haut du tube, à mesure qu'on élève l'instrument, puisque l'air qui le surmonte se dilate ; mais cotte surface s'élève en même temps de plus en plus audessus de la surface du vin du tonneau. Enfin, au moment où l'orifice inférieur est sur le point de sortir du Uquide, une certaine quantité de vin est contenue dans le tube. Si l'on soulève davantage l'instrument, il conservera cette quantité de vin à son intérieur, sans qu'il en sorte une goutte. Cela tient à ce que la pression atmosphérique, s' exerçant librement par l'ouverture inférieure du tube, fait équilibre au poids de la colonne de vin qu'il renferme, et à la pression qui provient de l'air dilaté situé au-dessus de ce vin. Le liquide est soutenu par la pression atmosphérique, comme l'était l'eau contenue dans le verre renversé du paragraphe 243 [fig. 323, p. 355). La feuille de papier qui recouvrait l'ouverture du verre, dans cette expérience, n'est plus nécessaire ici, à cause de la petitesse de l'orifice inférieur du tube ; cet orifice ne permettrait pas à l'air de passer dans une portion de son étendue, pendant que le \in coulerait dans la portion restante.
Quand on a retiré le lâte-vin du tonneau, il suffit de le porter audessus d*un vase, et de retirer le pouce qui fermait l'orifice supé-
riear, pour que tout le vin qu'il contient coule dans ce vase. La communication établie ainsi entre l'airde l'intérieur de rinstrument et 1 air extérieur détermine une compression de cet air intérieur, qui reprend ainsi une force élastique éo:ale à celle de l'air atmosphérique ; et le vin, qui n'est plus soutenu par la différence des pressions qu'il supporte en haut et en bas, s'écoule complètement.
§^58. Moyen d'obtenir on niveau constant poor un lii|iilde eontenn dans un vase. — Supposons qu'on veuille entretenir à une hauteur constante le niveau d'un liquide contenu dans un vase, niveau qui tend à baisser, soit par suite d'un écoulement du liquide par un orifice inférieur, soit par suite de l'évaporalion qui se produit à sa surface . on pourra employer le moyen suivant, dont on se sert notamment dans les opérations chimiques, lorsqu'on a à filtrer une assez grande quantité de liquide. Au-dessus du vase dans lequel on veut entretenir un niveau constant, fig. 337 (ici ce vase est un entonnoir qui contient un filtre de papier), on dispose un autre vase renversé et à étroite ouverture ; ce second vase a été d'avance rempli du liquide qui doit venir peu à peu dans le premier vase, pour y remplacer celui qui en sera sorti. L'orifice de ce second vase est placé précisément à la hauteur à laquelle on veut entretenir le niveau dans le premier. Le liquide qu'il contient, à mmJÊm ne communiquant pas librement avec l'at-
II \W mosphère par sa partie supérieure, ne peut
pas s'écouler, tant que l'orifice inférieur plonge d'une petite quantité dans le liquide du premier vase. Ce liquide est soutenu par la pression atmosphérique, qui se transe met par l'orifice inférieur du vase, et qui n'est pas entièrement vaincue par la pression provenant de l'air dont le liquide est surmonté, en raison de la dilatation, et par suite de la diminution de force élastique que cet air a éprouvée tout d'abord . Les choses se passent ici exactement de la même manière que dans l'encrier siphoïde {§ 255). Lorsque le niveau du liquide baisse dans le vase inférieur, et découvre ainsi l'orifice du vase supérieur, une bulle d'air pénètre par cet orifice, monte dans le haut du vase, et une portion correspondante de liquide passe du vase supérieur dans le vase inférieur.