‹ Cours elementaire de perspective a l'usage des damesChapitre 12 sur 17 · HUITIÈME ENTRETIEN · texte numérisé non relu

HUITIÈME ENTRETIEN

De la Perspectwe des Elévations.

Vous avez vu^ Madame, que les mesures relatives aux corps couchés sur le plan se prennent sur la ligne déterre. Celles qui sont relatives aux corps élevés sur le plan se prennent au moyen de perpendiculaires qu'on dresse sur cette même ligne^ dans des rapports justes avec la nature. C'est une chose que vous auriez probablement devinée toute seules car il est tout simple qu'après avoir pris sur les divisions de la ligne de terre^ la mesure que doit avoir une pièce de bois de six pieds, par exemple, couchée à plat sur le sol , vous releviez la même mesure perpendiculairement si vous voulez déterminer la hauteur de cette pièce de bois dressée d'une manière perpendiculaire.

Cette démonstration a été comprise implicitement dans les opérations que nous avons faites pour mettre en perspective des cubes ou des corps de bâtiments 3 car les lignes tirées du pied d'une maison et du bord du toit^ au point de vue, vous ont donné la hauteur de cette maison dans divers enfoncements j mais je n'ai pas dû détourner votre attention de ce qui vous occupait alors.

Voici comment vous devez opérer pour obtenir un résultat certain ( Fig. 3o ).

Supposons que vous avez à élever sur l^plan de votre tableau des personnages vus dans un éloignement plus ou moins graad. Prenez sur votre ligne de terre ^ divisée en pieds fictifs^ cinq pieds et demi^ mesure ordinaire delà taille humaine, et relevez cette mesure sur une perpendiculaire posant sur la ligne de terre ; maintenant^ des deux extrémités de cette perpendiculaire tirez deuxlignes^ Tune dite de base, coucliée surleplan, l'autre dite d'élévation , censée détachée du plan, et qui aboutissent toutes deux à un point quelconque de la ligne d'horizon. L'espace contenu perpendiculairement entre ces deux lignes , à quelqu'enfoncement que ce soit dans le plan perspectif, sera toujours la mesure des personnages que vous voulez représenter, relativement à la hauteur que vous leur avez donnée par la perpendiculaire d'où partent les deux lignes en question.

Ceci n'a pas besoin d'autre démonstration , et vous devez conclure que pour trouver la hauteur d'arbres ou de maisons dans quelqu'endr oit que ce soit de votre tableau, il vous suffit d'établir cette hauteur perpendiculairement sur la ligne de terre, cinquante pieds par exemple pour un chêne, et que partout où vous élèverez un arbre entre les

deux lignes dites de base et d'élévation, cet arbre aura cinquante pieds de haut.

Il est certain aussi que sans répéter la même opération autant de fois que l'occasion s'en présentera, il vous suffira de tirer des parallèles horizontales^ sur lesquelles vous pourrez élever, à l'aide du compas et partout où vous le désirerez, des objets de la hauteur donnée par le résultat de la première opération ( Fig. 3o ).

Il n'y a qu'une seule difficulté contre laquelle il soit nécessaire de vous prémunir. Cette difficulté consiste à trouver la hauteur des personnages, dans un paysage dont le premier plan est plus élevé que la plaine où ils sont placés ( Fig. 3i ).

Il faut, dans ce cas, établir sur la ligne de terre du tableau la hauteur primitive des personnages; puis, de la ligne supérieure formant le dessin du premier plan , abaisser une perpendiculaire au-dessous du cadre du tableau, jusqu'à la base présumée de ce plan, qui ne peut être ordinairement qu'un monticule. Ensuite , reporter sur l'extrémité inférieure de cette perpendiculaire la hauteu^r donnée aux personnages sur la ligne de terre , et conduire delà les lignes de base et d'élévation jusqu'à l'horizon. L'espace contenu entre ces deux lignes, à quelqu'enfoncement que ce soit dans le plan perspectif, vous donnera la

mesure des personnages que vous avez à représenter.

Vous vojez y Madame , que rien n'est plus simple que cette application des principes à la perspective des éleVations. Vous devez augurer delà que dans tout ce qui vous reste à apprendre vous rencontrerez la même simplicité , et vous devez vous applaudir de l'attention que vous avez donnée à nos premiers entretiens ^ en songeant à la facilité avec laquelle vous saisissez maintenant les nouveaux aperçus qui vous sont présentés.

Page 1