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PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE

des définitions exactes de chacune des parties de la science, et l'on en trace des divisions régulières ; de même encore on déduit des lois physiques déterminées par l'induction, des applications sans nombre dans les arts et dans l'industrie. Les sciences physiques peuvent aussi fournir matière à des démonstrations et à l'emploi du syllogisme.

2° Psychologie expérimentale.

il y a clans lascience de l'âme, ou la psychologie, un grand nombre de questions qui portent immédiatement sur des faits, et que l'observation suffit pour résoudre ; telles sont celles qui se rapportent aux phénomènes d'activité spontanée ou volontaire, d'entendement ou de sensibilité, que nous révèle la conscience.

Ces questions de fait, dont tout le monde comprend l'importance, ne sont cependant pas celles qui intéressent le plus vivement l'esprit humain dans l'étude de lui-même ; et ce n'est que très-tard qu'on en a fait une étude suivie et régulière. Les philosophes se sont posé sur l'âme des questions telles que celle-ci : quelle est la nature de l'âme ? est-elle distincte du corps ? e^istera-t-elle après le corps ? quel est son mode d'union avec le corps ? avant d'étudier sérieusement quelles sont les facultés de l'âme, de quelle manière agissent ces facultés, de quelle nature sont les faits qui nous en révèlent l'action.

L'étude méthodique des facultés de l'âme et des phénomènes psychologiques considérés comme tels, à part toute question ultérieure, ne date guère que de la fin du dernier siècle, dans les travaux de l'école écossaise, travaux du reste fort incomplets, malgré les progrès incontestables qu'ils ont fait faire à la science.

Dans cette étude, qui constitue la P sychologie expérimentale, le but de l'observateur doit être de découvrir, par Y analyse des phénomènes, les principes originels qui les produisent et les lois selon lesquelles ces principes agissent; puis d'expliquer synihètiqu&menl par ces principes et leurs lois les phénomènes qui en émanent. Ainsi l'obser-

vation nous l'ait recoo naître comme une loi de la mémoire que les souvenirs ne s'éveillent en nous que s'ils sont suscités par quelque idée antérieurement présente à l'esprit, et cette loi nous donne l'explication de tels et tels de nos souvenirs. L'investigation expérimentaleprésupposequelques vérités premières, évidentes par elles-mêmes, comme la certitude de la conscience, par exemple.

Quoique cette méthode, prise dans l'ensemble, soit analogue à celle qui est suivie par ies sciences physiques et naturelles, il y a cependant plusieurs différences notables entre les deux sortes d'observations.

Sous un rapport, l'observation du monde de la conscience offre plus de facilité d'exécution et plus de garantie d'exactitude que l'observation du monde physique. On sait combien de sagacité, de patience, d'habileté à expérimenter, ont coûté les moindres découvertes dans les sciences physiques et naturelles, combien d'influences de toute espèce contrarient et dénaturent les expériences. Souvenl il faut rapprocher et comparer une multitude d'êtres et de- substances disséminés à la surface du globe ou enfouis dans les entrailles de la terre, ou même parfois attendre les révolutions des astres pour faire une observation. Mais, dans l'observation psychologique, l'homme porte en lui-même l'objet de son observation ; il peut en tout lieu, à toute heure, sans préparation et sans dérangement, y saisir les faits dans leur réalité actuelle, et y poursuivre le cours de ses recherches.

Malgré les facilités que présente l'observation interne, sous le rapport qu'on vient d'expliquer, elle est cependant moins pratiquée que l'observation du monde physique, et les progrès y sont beaucoup moins sensibles. Cela tient à plusieurs causes et difficultés spéciales.

1° Les opérations de l'esprit s'exécutent avec uneextrême rapidité et presque toujours plusieurs simultanément : il suit de là qu'elles sont difficiles à saisir et à discerner ;

2" Il est de fait que notre attention se dirige naturellement beaucoup plus volontiers sur les choses extérieures

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