RÈGLF.S DE LA CRITIQUE HISTORIQUE
tradition écrite, soit manuscrite, soit imprimée ; c'est un assemblage défaits liés ensemble par une narration suivie.
Les principales sources de l'histoire sont les pièces originales et authentiques, comme les chartes et diplômes, les édits des souverains, les déclarations de guerre, les traités de paix ou d'alliance, les dépêches des ministres et des généraux d'armée, les jugements des tribunaux, les actes publics et légaux des particuliers, etc. Ce sont là les documents originaux de l'histoire, et le fondement le plus sur de la certitude historique : on les trouve souvent reproduits à la suite des histoires particulières sous le titre de pièces justificatives.
On .distingue dans le témoignage de l'histoire trois caractères qui en constituent l'infaillibilité, savoir: Y authenticité, {'intégrité et la vérité.
L'authenticité d'une histoire consiste en ce qu'elle toit de l'auteur auquel on l'attribue et de l'époque qu'on lui assigne.. L'intégrité consiste en ce que l'histoire n'ait subi aucune altération. Une histoire peut être aitérée par interpolation, c'est-à-dire par l'insertion d'un mot, d'une phrase, dans un texte; par mutilation, par substitution , par addition. La vérité consiste en ce que les faits se soient lèellemenl passéstels qu'ils sont racontés. On dit la vérité d'une histoire et la véracité d'un historien. LTne histoire et un historien peuvent être dits véridiques.
Monuments — On donne le nom de monument à tout mode de transmission des faits qui n'est ni la tradition, ni l'histoire. C'est en général un signe public quelconque propre à transmettre à la postérité la mémoire d'un fait.
Il a existé sans doute des monuments chez les peuples peu avancés en civilisation, avant même qu'on y fit usage de l'écriture pour fixer la mémoire des faits. C'étaient simplement, ou un monceau de pierres, ou un simple tertre, ou quelque autre ouvrage du même genre : mais depuis lors l'art des monuments s'est perfectionné, et on en distingue aujourd'hui d'un grand nombre de sortes ; ce sont les médailles, les inscriptions, les statues, les colonnes,
les bas-reliefs, les arcs de triomphe, les peintures, etc.
Outre ces monuments proprement dits, et qu'on peut appeler directs, parce qu'ils sont, de leur nature, positivement destinés à transmettre des faits, on considère comme monuments indirects tous les ouvrages de l'homme qui peuvent devenir les signes de quelque fait, sans avoir eu d'abord cette destination par eux-mêmes. Ainsi les objets d'art, les constructions de toute espèce, tels que ponts, chaussées, canaux, etc., les ruines d'édifices, les restes ou les débris d'une infinité d'objets qui ont été au service de l'homme, nous rendent témoignage de l'état des arts, de l'industrie et des usages divers dans les siècles passés.
L'art de juger de la valeur des témoignages qui constituent l'histoire se nomme la critique historique. On entend alors par ce que l'on appelle, en général, l'histoire, l'ensemble de tous les témoignages humains. La critique historique a ses règles, comme tout autre art ; les unes, ainsi qu'on l'a dit plus haut, sont communes, et les autres spéciales.