RÈGLES COMMUNES DE CRITIQUE HISTORIQUE
Pour que le témoignage des hommes produise la certitude ou au moins une forte probabilité, plusieurs conditions doivent être remplies, soit du côté des laits, soit de la part des témoins.
Règle I. Il faut que les faits en question aient eu assez d'importance pour fixer d'une manière sérieuse l'attention des témoins.
II. Que les faits soient de telle nature qu'ils aient pu être observés sans une très-grande difficulté-
III. On exige ordinairement que les témoins aient été en grand nombre, afin d'avoir une garantie solide contre toute chance d'erreur ou de fraude, dans la diversité des caractères, des intérêts, des préjugés1, etc. Il faut remarquer ce-
» Voyez la Preuce, p. 292.
RÈGLES SPÉCIALES POUK LHIST01RE. 301
pendant qu'un nombre médiocre de témoins peut suffire en certains cas : 1 s'il est constaté que les témoins avaient tout à perdre et rien à gagner par leur témoignage ; 2° s ils ont parlé devant des personnes intéressées à les démentir et ne courant aucun risque à le faire, et qui cependant ne l'ont pas fait.
IV. Les témoignages contemporains, en général, doivent être préférés aux témoignages non contemporains, et même un seul contemporain à plusieurs non contemporains. La raison en est claire : c'est que les témoignages postérieurs ne peuvent avoir d'autorité que celle qui découle des sources contemporaines. On entend par l'époque contemporaine le temps qui correspond à la vie d'un homme et un certain nombre d'années après.
V. Il doit être constant que les témoins n'ont été poussés, ni par aucun intérêt, ni par Vesprit départi.