OBJET DE LA MOP.ALE
Le résultat général des études psychologiques a été de nous faire reconnaître dans l'âme un être doué d'intelligence, d'activité volontaire et libre, et de sensibilité. La logique nous a tracé les règles qui doivent diriger l'intelligence ; la morale a pour but de nous apprendre à régler la volonté. La direction de la sensibilité se combine avec celle des autres facultés, dans la logique et dans la morale, mais plus spécialement dans la morale.
L'observation et l'expérience nous font constater dans notre âme le phénomène psychologique de Yaction volontaire, et en même temps la raison conçoit certains rapports qui donnent lieu pour ces actes à un caractère particulier qu'on appelle leur moralité, c'est-à-dire leur bonté ou leur malice, qui n'est autre chose que leur conformité ou leur défaut de conformité à la notion de V ordre et du bien, considérée au point de vue pratique.
La réalisation de l'ordre, la pratique du bien, dans les actes volontaires et libres, ne se conçoit que comme l'application de certains principes qui servent de règle à la volonté ; or, il y a une science qui a pour objet de déter-
miner ces règles d'une manière précise : cette science, c'est la Morale, appelée aussi Éthique (Ethica). On peut la définir : une science qui a pour but de diriger la volonté dans la pratique du bien.
La pratique du bien consiste principalement dans l'accomplissement du devoir, et c'est surtout comme la science des devoirs qu'on envisage ordinairement la morale. Cependant il est indispensable de tenir compte aussi d'un genre d'actions qui, sans être précisément l'accomplissement d'un devoir, sont néanmoins des actes moraux. Tels sont certains actes de vertu, comme, par exemple, un généreux sacrifice, un héroïque dévouement : en les pratiquant, ce n'est pas un devoir qu'on accomplit, car je suppose des actes qu'on n'est nullement tenu de l'aire; cependant ce que l'on fait alors est quelque ebose de moral, quelque chose qui est moralement bon.
Nonobstant cette distinction, la morale a toujours pour objet principal de déterminer la nature et les diverses espèces de devoirs. Or l'obligation stricte et proprement dite de remplir ces devoirs ne se conçoit pas sans une autorité qui assujettisse l'homme à un lien moral et qui lui fasse une loi de leur accomplissement. Le devoir a sans doute sa raison dans la distinction essentielle du bien et du mal; mais ce qui fait à l'homme une loi de pratiquer le bien et d'éviter le mal, ce ne peut être que la volonté d'un suprême législateur: autrement on se demanderait toujours d'où pourrait naître pour l'homme une force obligatoire quelconque.
Cette loi se manifeste dans la conscience de chaque homme, et l'on peut dire avec vérité qu'à raison de son universalité dans la conscience humaine, elle est visiblement fondée sur notre nature même, et que la conscience morale, dans ce qu'elle a de fondamental et d'universel, doit être regardée comme la voix de i'auteur même de la nature.
Dieu, l'auteur de la nature, est un être infiniment parfait, qui doit a sa justice de traiter ses créatures en raison