‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 160 sur 243 · DES PEINES ET DES RÉCOMPENSES · texte numérisé non relu

DES PEINES ET DES RÉCOMPENSES

On conçoit immédiatement, par le seul énoncé des termes, que, si la vertu mérite, elle appelle une récompense, et que, si le vice démérite il appelle une peine. La récompense est le prix du mérite et la peine est le prix du démérite; une corrélation étroite unit respectivement ces termes entre eux. On peut distinguer trois sortes de peines et de récompenses : les unes viennent de nous-mêmes ; les autres, de nos srmblab es; d'autres enfin viennent plus spécialement de Dieu; mais toutes en un sens viennent de Dieu.

Des la vie présente même, un ordre de rétribution selon les œuvres a été établi par la divine Providence. I» Cette rétribution se fait d'abord dans nous-mêmes. Un acte de vertu produit ordinairement dans l'âme un sentiment de satisfaction morale qui en est la première récompense,

Nil conscire sibi, nulii pallescere culpa.

Hori., Ep I, i ;

tandis que le remords qui accompagne le vice en est le premier châtiment :

Le cruel repentir est le premier bourreau

Qui dans un sein coupable enfonce le couteau.

Racine F.. Relig., ch. i.

Ce sont là les Furies de la Fable qui vengent la nature outragée par un pirricide : iHae surit implis assidus domesticwque Furiœ, qua^ dies ooetesque parentum pœnas a consculeratissimis liliis répétant '. »

1 Cic, Orat pro S. Roscio, n. 24.

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