CULTE PUBLIC
On entend par culte public un culte rendu à Dieu au nom de la société, selon des rites déterminés.
Un culte public est dû à Dieu. On le prouve par les raisons suivantes :
1° L'homme doit à Dieu un culte extérieur : on l'a prouvé. Or ce culte doit nécessairement revêtir en temps opportun la forme d'un culte public ; autrement il y aurait autant de cultes que d'individus, et de cet isolement du culte naîtraient des superstitions sans nombre, ainsi que de fausses idées sur la Divinité et sur la nature des devoirs qu'il convient de lui rendre. En outre, il est d'expérience que, lorsque les sentiments religieux de la multitude ne sont pas entretenus par les cérémonies publiques, ils ne tardent pas à se dissiper, et qu'ainsi tout culte quelconque, même le culte intérieur, finirait par disparaître de la société humaine.
2° La société humaine, en tant que société, reçoit des bienfaits de Dieu ; elle doit donc honorer Dieu comme société, c'est-à-dire par des actes publics. Enfin la société devrait honorer Dieu, ne fût-ce que pour sa propre conservation, car le culte est le principal lien de la société : c'est une vérité qui a toujours été comprise par les législateurs et par les hommes d'État.
3° A toutes les époques et dans toutes les contrées, on trouve des temples, des autels, des prêtres, des cérémonies publiques, des solennités; c'est ce qu'attestent des monuments innombrables de tout genre. Or toutes ces institutions nous manifestent l'accord unanime des nations sur la nécessité d'un culte public; et cette persuasion constante et universelle ne peut être fondée que sur les lois de notre nature. Objection. — Le culte public a produit, chez les différents peuples, une infinité de superstitions ridicules et absurdes : donc le culte public est une chose nuisible à l'homme, et, par conséquent, il ne peut être une obligation envers Dieu.