DES FAITS DE CONSCIENCE
mêmes repose nécessairement sur la certitude des faits internes. Tout phénomène externe revient, pour nous, définitivement à un fait interne; puisque les connaissances que nous avons des phénomènes extérieurs ne sont que des modifications qu'éprouve notre âme à leur occasion. D'où il suit que, si l'on pouvait douter des faits internes, on serait réduit à ne pouvoir point admettre les faits externes.
La réalité de la pensée et du moi pensant ne peut être sérieusement révoquée en doute. En douter, ce serait encore penser, tout en essayant de ne pas croire que l'on pense : et essayer de ne pas croire, qu'est-ce autre chose qu'être une force volontaire qui a conscience de son action, c'est-à-dire un être qui pense ?
S'il arrive que l'on tombe dans quelque erreur concernant l'interne et le subjectif, ce n'est pas sur les faits considérés comme simples faits, mais bien sur des rapports que l'on suppose entre les faits, soit en les associant d'une manière inexacte, soit en leur assignant des éléments ou des causes et des effets qu'ils n'ont pas. Ce sont des jugements erronés de la raison et non des erreurs de la conscience. On comprend qu'il ne s'agit ici que de la conscience entendue dans le sens de perception interne en général, et non de la conscience morale, dans laquelle à la connaissance de l'état de notre âme se joint un jugement pratique fondé sur les notions du bien et du mal : en quoi il peut y avoir matière à erreur.