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MORALE ET POLITIQUE

La loi morale, selon Platon, est le rapport de l'homme à Dieu. C'est l'effort de l'âme pour atteindre, selon son pouvoir, à la ressemblance avec Dieu, ôjxotcoo-i; 0îw xarà zb Suvarôv \

1 Voici, selon Platon !Timée), comment Dieu constitua cette âme : « De l'essence indivisible et toujours la même, et de l'essence divisible et variable des corps, il forma une troisième espèce d'essence intermédiaire, h userai outriez, participant à la fois de la nature du même, tkjtoj, et de celle de l'autre, ôarf/jov. Puis, prenant ces trois essences, il en fit un mélange qu'il divisa, selon des proportions numériques, en autant de parties qu'il convenait; de sorte que chacune de ces parties lut composée du même, de Vautre et de l'essence intermédiaire.

- Timée; République, liv X.

3 Théétrte.

c'est l'accord des actions avec la raison. La vertu comprend quatre éléments : la sagesse, le courage, la tempérance, la justice, ou les quatre vertus cardinales, par lesquelles on s'élève au-dessus des intérêts sensibles '. — La politique de Platon se lie intimement à sa morale : il tend à faire dominer les principes de la morale sur les intérêts. Sa politique n'est rien autre chose que l'application de la loi morale à une réunion d'hommes. La République, ou le traité du Juste, a pour but d'établir l'aristocratie, c'est-à-dire, selon l'étymologie du mot, l'autorité de ce qu'il y a de meilleur dans l'homme comme dans l'Etat: dans l'homme l'empire de la raison, et dans l'Etat le gouvernement des meilleurs citoyens. La cité qu'il imagine se compose des magistrats, des guerriers et du peuple, ou, suivant l'expression de Socrate, des bergers, des chiens et du troupeau ; les magistrats doivent gouverner, de même que dans l'homme, qui est un petit monde, la raison doit dominer sur l'irascible et le concupiscible. Dans le Politique, ou de la Royauté, c'est la monarchie absolue qui paraît lui plaire ; contradiction que l'on explique en disant qu'ayant été témoin à Athènes des abus du gouvernement républicain, il écrivit le Politique, et qu'après avoir vu la tyrannie en Sicile, il écrivit la République et les Lois. On a généralement regardé la république de Platon comme une utopie dont la réalisation ne serait possible que dans un monde où les hommes seraient tout différents de ce qu'ils sont dans celui-ci. Il y propose la communauté des biens et des personnes.

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