DIALECTIQUE
La dialectique de Platon est le procédé par lequel l'esprit s'élève des choses sensibles aux idées proprement dites. Platon paraît avoir été le premier philosophe grec qui ait distingué nettement les deux méthodes, Yanalytique et la synthétique. Platon emploie ordinairement la première dans ses écrits ; mais on peut croire, d'après la nature de sa
' Rcpubl, IV.
philosophie, qu'il faisait usage de la seconde dans les opérations intérieures de son esprit et dans renseignement des sujets les plus relevés. Pour ce qui est proprement de la logique, on doit à Platon, dans celte partie de la philosophie fondée en quelque sorte par Arislote, un premier aperçu des lois de la pensée, des règles de la proposition et de la preuve. Platon attachait aussi une grande importance aux définitions.
Platon évita les écueils de la philosophie d'Élée, en admettant comme notion primordiale, comme hase nécessaire de toute science, la douhle existence de l'absolu ou de l'infini et celle du fini. Les tendances de sa philosophie sont vers Vîdéalisme, mais il en évita les extrêmes conséquences. Ce philosophe mourut l'an 3'i8 avant J.-G., âgé de quatrevingt-un ans.
Les premiers successeurs de Platon enseignèrent sa vraie doctrine, sauf quelques légères modifications. Ce furent Speusippe d'Athènes, son neveu et son successeur immédiat dans l'Académie ; Xénocrate de Chalcédoine, qui professa nettement l'immatérialité de l'âme, mens nullo corpore, expers corpovk an im v s1; PoLÉMONjeunedébauchéathénien, retiré du vice par les leçons de Xénocrate, et plus tard son successeur ; Cratès d'Athènes, successeur de Polémon, et Crastor de Soles en Cilicie. auteur d'un traitée Luclu, dont Cicéron disait2 que c'était un petit livre d'or, aureolus. On parlera plus tard de la Nouvelle Académie.
g V. École péripatéticienne ou le Lycée.
Du sein de l'Académie sortit l'école péripatéticienne, fondée par Ap.istûte, né à Slagire, ville de Macédoine, l'an38't avant J'.-C. Ce fut son père, Nicomaque, médecin du roi Amyntas, père de Philippe, qui le dirigea dans ses premières études. Aristole se rendit à Athènes à l'âge de dix-sept ans, et s'y mit au nombre des disciples de Platon, dont il suivit
1 Cic , Acad., II, xxxix; I, xi.
2 Acad , II. xliv.
les leçons pendant vingt ans ; mai?, dans la suite, il substitua une nouvelle doctrine à celle de l'Académie. Il fut appelé à la cour du roi Philippe, pour y faire l'éducation d'Alexandre, alors âgé de quinze ans. Plus tard Alexandre étant monté sur le trône, Aristote le suivit dans une partie de ses expéditions, et revint en Europe avec une ample collection de matériaux qu'il avait rassemblés pour écrire {'Histoire des animavx. Il se fixa à Atbènes, et y fonda une école qui fut nommée pèrijalèîi tienne, parce qu'il donnait ses leçons dans une promenade publique, qu'on appelait le Lycée, et dont le nom servit depuis à désigner son école. Au rapport d'Aulu-Gelle ', Aristote avait une double doctrine : l'une acromatique, qui ne, s'adressait qu'à des auditeurs choisis ; l'autre exolérique, destinée à toute sorte d'auditeurs, sans exception. On sait que le même usage a été attribué à Platon. Aristote ne* publia pas lui-même ses écrits, mais il les légua par testament à Théopbraste, son disciple- Ces écrits, ainsi que ceux de Théopbraste, laissés par ce dernier à Nélée de Scepsis, tombèrent ensuite, à ce qu'il parait 2, par héritage, entre les mains de gens ignorants, qui les laissèrent dans l'oubli jusqu'à l'épcque cù ils en furent tirés par Apellicon de Técs, qui les acheta et en fit faire une copie, tout en ayart soin de réparer ce qui avait été endommagé. Malheureusement les copies ne suppléèrent pas toujours d'une manière exacte aux originaux. Sylla, après la prise d'Athènes, s'empara de la bibliothèque d'Apellicon, et la fit transporter à Rome, où Andronicus de Rhodes, le onzième successeur d'Aristote dans l'école du Lycée, publia les écrits du maître, après y avoir ajouté des tables et des sommaires. Jusque-là ces livres étaient peu connus du public; et les anciens péripatéticiens, successeurs de Théopbraste, n'avaient à leur disposition que ceux dont il avait pu être tiré copie primitivement, ou qui ne se trouvaient pas renfermés dans la collection dont envient de parler.
1 Nuits atiiq., XX, v.
; Strabon, XIII ; Plutarque, Vie de Sylla.
Aristote a été peut-être le plus savant homme de l'antiquité, si l'on en juge par l'étonnante variété des sujets qu'il traite et par l'érudition qui caractérise la plupart de ses écrits. Les principaux d'entre les ouvrages d'Aristote parvenus jusqu'à nous peuvent se classer ainsi : 1° Logique, ou ceux de ses ouvrages qu'on réunit sous le titre àOrganum, et Psychologie, savoir, un traité de l'âme, etc. ; 2° Sciences physiques : huit livres sur la physique, un traité du ciel, trente-huit sections de problèmes, l'histoire des animaux, un traité des plantes ; 3° Métaphysique : quatorze livres ; 4° Sciences morales et politiques : l'Éthique à Nicomaque, la grande' Ethique, l'Éthique à Eudème, la Politique ou la République, l'Économique ; 5° Littérature : une rhétorique et une poétique. L'Organum d'Aristote est celui de ses écrits qui a eu le plus de célébrité, et c'est sur cet ouvrage qu'ont' été calqués longtemps la plupart des traités de logique.