‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 2 sur 243 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

visible à tous les yeux que la religion à peu près seule était restée debout.

Cependant, à la faveur du désordre, et par un effet même de l'absence de tout frein, toutes les idées, tous les sentiments, ceux-là même que l'on n'ose avouer dans l'état régulier de la société, purent se donner libre carrière et se produire au grand jour. La France se montra donc telle qu'elle était, c'est-à-dire atteinte d'un mal profond, dont on put constater les effrayants ravages dans les âmes. La société semblait être à la veille de périr, lorsqu'un miracle de la Providence la saura.

La gravité du mal appelait de prompts remèdes, du ne pouvait se dissimuler que l'enseignement, tel qu'il avait été donné à la France, à tous les degrés de l'échelle sociale, durant la période qui venait de finir, n'eût contribué à jeter dans les âmes une partie des semences dont on recueillait les fruits amers. On s'arma donc de précautions sévères, principalement contre celle de ces branches de l'enseignement que l'on jugeait la plus capable de nuire, jusque-là même qu'on en vint bientôt à lui ôter son nom consacré parles siècles, pour lui en donner un autre ' qui pût inspirer moins «le défiance. Toutefois le changement se fit plus dans les mots que dans la substance même ; il fut d'ailleurs de courte durée. La philosophie ne tarda pas longtemps à reprendre son nom dans renseignement officiel : un décret, à la date de 1863, la rétablit « dans ses di'oits et dans son honneur » 2.

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