‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 3 sur 243 · AVANT-PROPOS. III · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. III

Au reste, quelles que puissent être les vicissitudes extérieures de la philosophie, il est sûr qu'elle n'en est pas atteinte dans son essence. La philosophie considérée en elle-même, ou la raison appliquée à l'étude des vérités qu'il importe le plus à l'homme de comprendre, fait essentiellement partie de notre constitution intellectuelle. Elle répond à un besoin de notre nature d'êtres raisonnables ; elle formule les preuves des vérités fondamentales, et en même temps elle représente, dans l'ordre intellectuel, ce qui est laissé à la libre discussion des hommes. Tout le monde, d'ailleurs, conviendra que l'on chercherait en vain quelque sujet plus digne d'occuper la raison de l'homme que l'homme lui-même et l'auteur de son être. Or c'est là ce qui constitue la Psychologie et la Théodicêe, avec leurs dépendances ou les sciences pratiques de la Logique et de la Morale, suivies d'une revue critique des opinions des philosophes de tous les temps. Ajoutons sur cette dernière que, comme on attache ordinairement quelque prix à connaître les moindres actions des grands hommes, il est naturel aussi d'aimer à connaître leurs pensées : n'est-il pas clair même que la pensée est d'un ordre supérieur à l'action ? De là l'importance de l'Histoire de la Philosophie, si féconde d'ailleurs en enseignements utiles, lorsqu'elle est sagement dirigée.

Mais, parmi les matières qu'embrasse un cours de philosophie, celles qui sont les plus importantes de leur nature, celles qui se trouvent en contact avec la science de la religion, relèvent pour ainsi dire d'un autre monde et touchent à l'infini : leur grandeur

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