GNOSTICISME
Un grand nombre d'adeptes des doctrines philosophiques de l'Orient, c'est-à-dire des doctrines persanes, égyptiennes, chaldéennes, s'attachèrent au christianisme ; mais, en y entrant, beaucoup d'entre eux en méconnurent l'esprit, et subordonnèrent la religion à leurs théories philosophiques. Ils sont connus sous le nom de Gnostiques. Les gnostiques prétendaient recevoir de Dieu la connaissance supérieure et secrète de son être. Le mot de gnose, yvw<rtç, d'où est venu le nom des gnostiques, avait d'abord signifié simplement une connaissance supérieure aux idées du vulgaire. Pour Clément d'Alexandrie, le vrai gnostique n'est pas autre chose qu'un philosophe chrétien '. Le mot de gnostique, selon le sens qui lui est resté, désigne aujourd'hui les philosophes à demi chrétiens qui essayaient de combiner le christianisme avec les systèmes de l'Orient, et qui, pour opérer cette combinaison, altéraient dans leur essence les dogmes de la foi. Plusieurs môme furent ainsi nommés sans être aucunement chrétiens. Les gnostiques s'occupaient particulièrement de Dieu et de l'origine du monde. Parmi les gnostiques, les uns font dériver de Dieu, comme d'une source de lumière, divers ordres d'esprits, appelés Éons, qui se reproduisent les
1 Stromat,, I. VI et Vil.
uns les autres et donnent naissance au monde sensible; d'autres admettent à l'origine des choses deux principes premiers, le principe du bien ou de la lumière, le principe des ténèbres ou du mal, en lutte perpétuelle l'un contre l'autre, deux premiers êtres, l'un bon et l'autre mauvais, en lutte perpétuelle l'un contre l'autre, ou bien un premier être auteur d'un bon et d'un mauvais principe. On peut voir le détail de toutes ces rêveries dans saint Irénée, Contra hxreses1. De la naquirent des systèmes panthéistes, comme celui de Yalentin, ou dualistes, comme ceux de Saturnin et de Basilide. On peut adjoindre au gnosticisme l'hérésie du Perse Manès, ou le manichéisme, qui causa tant de troubles dans l'Église aux quatrième et cinquième siècles, et qui fut combattu vigoureusement par les Pères de l'Église, et en particulier par saint Augustin.