L EXISTENCE D UNE FACULTE. ZO
facultés ne sont pas isolées dans le sujet pensant, mais elles s'exercent simultanément, ou du moins avec une succession tellement rapide, qu'elle échappe à l'observation : ce n'est qu'au moyen d'une analyse raisonnée que l'on parvient à les séparer et à établir un ordre entre elles. En supposant nos facultés successives dans leur exercice, le fait primitif et le plus intime que l'on conçoive en l'âme, c'est l'activité, puisque l'âme, par cela seul qu'elle vit, est active. Pour connaître, il est nécessaire que l'âme prête quelque degré d'attention à un objet, ce qui suppose que l'intelligence est précédée de l'activité, j'entends de l'activité spontanée, car l'activité volontaire présuppose au contraire l'intelligence, puisque l'on ne peut vouloir que ce dont on a quelque idée. Enfin, il est facile de comprendre que pour sentir d'une manière distincte, c'est-à-dire pour sentir véritablement, puisqu'un sentiment que l'on supposerait inaperçu serai! pour l'âme comme n'existant pas, l'âme a besoin de connaître qu'elle sent : ce qui implique l'exercice de l'intelligence, et par conséquent de l'activité.
Ainsi donc nous concevons d'abord l'âme, comme active, puis comme intelligente et volontaire, et enfin comme sensible. Cependant c'est la sensibilité qui reçoit d'abord les plus rapides développements. De plus, il est à remarquer que l'activité, bien que toujours présente, a souvent besoin d'être excitée et ranimée par les influences sensibles et intellectuelles, et que la sensibilité est la source d'un grand nombre d'idées pour l'intelligence. C'est pour toutes ces raisons que l'on traite d'abord de la sensibilité.
MANIÈRE DE DÉTEUMINEi\ L'EXISTENCE D'UNE FACCLTÉ.
Au milieu des phénomènes innombrables et variés qui se combinent et se confondent pour ainsi dire dans notre être pensant, il semble qu'il doive être diflicile de déterminer d'une manière bien précise l'existence de chacune de nos facultés. Voici comment on peut s'y prendre pour atteindre ce but :
Il faut d'abord observer, en général, les faits internes, tels que la conscience nous les montre, puis en analyser les caractères particuliers, et constater par cette analyse tous ceux qui offrent une nature analogue, afin de Jes rapporter à leur principe commun, c'est-à-dire à la faculté qui les fait naître. L'on détermine ainsi l'existence d'une faculté par l'observation des phénomènes qu'elle produit, comme on détermine l'existence d'une cause par l'observation de ses effets. Par exemple, en observant les produits de nos facultés en général, nous remarquons que notre âme est affectée agréablement ou désagréablement à l'occasion d'impressions faites sur nos organes ; d'autres fois, nous éprouvons de la satisfaction d'une bonne action ou des remords d'une mauvaise, ou bien encore de la satisfaction au sujet d'une découverte obtenue par l'étude. On reconnaît par l'analyse de ces phénomènes un caractère qui leur est commun : savoir que dans tous ces cas l'âme éprouve un sentiment, soit de peine, soit de plaisir, en un mot, qu'elle sent d'une manière quelconque ; et alors on détermine l'existence du principe commun de ces modifications, la sensibilité. De même on reconnaît dans la conscience, la perception extérieure, le jugement, le raisonnement, etc., un caractère commun, différent de celui de sentir, savoir, le caractèrede connaître, qui détermine le principe commun de ces pbéuomènes, V entendement ou la faculté de connaître. On peut faire des observations semblables au sujet des phénomènes de hvolonté.
Le- facultés de second ordre comprises dans nos trois premières facultés se ressemblent sans doute sous le point de vue qui les a fait ranger en un certain nombre dans une même classe ; mais aussi elles diffèrent entre elles sous un certain rapport, et elles offrent chacune un caractère distinctif spécial, d'après lequel on a déterminé l'existence de telle ou telle faculté en particulier.
Le plus simple déploiement des forces de l'âme la manifeste simultanément comme puissance active, intelligente et sensible ; mais il est de fait que dans chaque phénomène il y a une faculté qui domine, et que, dans l'usage, on rap-
porte plus spécialement à cette faculté le phénomène entier. Ainsi, par exemple, tout phénomène où domine le sensible est appelé simplement phénomène de sensibilité ; ce qui n'empêche pas qu'il ne comprenne aussi la connaissance du fait sensible, et que toute connaissance ne suppose l'exercice de l'activité.
11 ne sera pas inutile de faire remarquer, avant de commencer l'étude spéciale de chacune de nos facultés, que le plus souvent, par pénurie du langage, un même mot désigne trois choses : la faculté, Y exercice de la faculté et le produit de cet exercice. Par exemple, le mot jugement signifie, en psychologie, la faculté de juger, l'action même de juger, et le jugement porté, qui demeure, soit dans la mémoire, soit consigné par écrit ou autrement. D'autres fois, il existe dans la langue plusieurs termes différents : ainsi volonté désigne la faculté ; et voiition, l'acte ouïe produit de la faculté. 11 en est de môme de sensibilité et de sensation.
SECTION PREMIERE
DELA SENSI BILITÉ
Notre âme se conçoit d'abord comme un être actif et intelligent ; mais son action est excitée par des objets qui agissent sur elle, et lui font éprouver des émotions en vertu de cette propriété qu'elle a d'être accessible aux impressions de l'extérieur. Cette propriété est la sensibilité, que l'on peut définir: la faculté que possède Vâme d'être affectée d'une manière quelconque. Or l'âme peut être affectée par trois sortes de faits : des faits physiques, des faits moraux et des faits intellectuels. De là, trois sortes de sensibilité, sensibilité physique, sensibilité morale, sensibilité intellectuelle.
1° Sensibilité physique. Des sens. — La sensibilité phy-
siquc est celle qui se détermine en nous par L'intermédiaire de nos organes. L'homme est doué de cinq sens on Facultés sensibles auxquelles correspondent cinq appareils organiques. Les cinq sens sont : le tact, le goût, Yodorat, l'ouïe el la vue. Les appareils sont : toute la surface du corps el particulièrement la main, la langue et le palais, les narines, les oreilles, les yeux. Indépendamment des cinq organes des sens, on éprouve certaines impressions sensibles qui ont leur siège dans l'organisation interne, comme dans l'estomac, dans les viscères : par exemple la faim, la soif, etc. A quoi il faut joindre une très-grande variété de phénomènes sensibles, occasionnés par les accidents, les maladies, les influences extérieures, comme le ebaud, le froid, etc., et qui se rapportent tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du corps. Toutes ces différences ont donné lieu de distinguer des sensations externes et des sensations internes. Les sensations externes se rapportent à la surface du corps, el les internes à quelque partie plus ou moins profonde du corps.
Malgré la différence des appareils organiques et leurs destinations distinctes, on peut dire qu'il n'existe, à proprement parler, dans le corps qu'un appareil qui soit l'organe de la sensibilité: c'est l'ensemble dusystèmenerveux,qui comprend l'encéphale et les nerfs. Les nerfs ou cordons nerveux qui partent du cerveau et de la moelle épiniôre s'étendent en se ramifiant dans les diverses parties du corps, à la surface duquel ils viennent s'épanouir. Cet épanouissement des nerfs constitue les organes spéciaux des divers sens, selon les aptitudes diverses de ces terminaisons nerveuses à recevoir l'impression de tel ou tel agent. Ainsi le nerf optique est excité par l'action des rayons lumineux ; le nerf acoustique, par l'effet des ondulations de l'air ; d'autres, par le contact des corps. On peut s'assurer par l'expérience que, toutes les fois que la continuité d'un cordon nerveux ou sa libre communication avec le cerveau est détruite, les parties du corps où il se ramifie se trouvent à l'instant privées de sensibilité.
Depuis longtemps on cherche à expliquer cotte action des nerfs. On a cru d'ahord que les nerfs étaient comme des canaux dans lesquels circulait un fluide auquel on donnait le nom d'esprits animaux ; puis on en a fait des cordes vibrantes, sans faire attention qu'ils n'ont aucune des conditions physiques nécessaires pour vibrer. Depuis on a imaginé que les nerfs sont les conducteurs et même les organes sécréteurs d'un fluide subtil, impondérable, analogue à l'électricité, qu'on a nommé fluide nerveux ; cette opinion compte un assez grand nombre de partisans. Le docteur Magendie fait observer avec raison, dans son Précis élémentaire de physiologie l, que Faction des nerfs doit être rangée parmi les actions vitales qui, dans l'état actuel de la science, ne sont susceptibles d'aucune explication.
Des sensations. — Dans les phénomènes de sensibilité physique, l'impression faite sur les organes se transmet par les nerfs jusqu'au cerveau ; et aussitôt une sensation se manifeste dans l'âme. L'impression cérébrale est le dernier fait physique ou physiologique, et la sensation qui la suit immédiatement est le premier fait psychologique, fait attesté par la conscience, qui ne nous révèle aucun de ses antécédents. L'impression cérébrale est un mode du corps, tandis que la sensation est un mode du moi ou de l'âme. La sensation est accompagnée de plusieurs faits intellectuels qui seront expliqués à l'article de la perception extérieure.
, Quel que soit le fait physique qui provoque la sensibilité, l'âme, affectée ordinairement d'une manière agréable ou désagréable, rapporte l'impression sentie â une partie de l'organisation , comme la saveur à la langue, certaines douleurs à un membre blessé. Tel est le fait complexe que l'on appelle sensation. Le nom de sensation se donne donc aux affections sensibles qui se localisent dans les organes. Si l'action physique exercée sur un organe, c'est-à-dire si l'impression offense cet organe, la sensation est pénible, et
1 Tome I, des Sensations en général.
l'Ame éprouve un sentiment d'aversion pour L'objet qui l'a produite. Dans le cas contraire, Ja sensation est agréable, et l'on aime naturellement l'objet qui l'a causée. En général, la sensibilité physique comprend toutes les jouissances et toutes les peines qui ont leur siège dans les organes, comme les plaisirs et les peines du goût, de l'odorat, etc.
On vient de dire que les sensations sont des affections localisées dans les organes. Gela signifie que les affections sensibles éprouvées par l'âme lui paraissent comme inhérentes à tel ou tel endroit du corps, qu'elles y sont par conséquent comme localisées. C'est ainsi que le tact se localise sur toute la surface du corps; le goût, sur la langue; l'odorat, dans les narines ; d'autres sensations enfin, dans diverses parties de l'organisme (1). Pour ce qui est de la vue et de l'ouïe, leurs organes ne sont pas, dans les cas ordinaires, le siège de sensations proprement dites : car nous ne sentons pas la couleur daus les yeux ni le son dans les oreilles, comme nous sentons la saveur sur la langue, etc. Nous savons bien sans doute par l'expérience que c'est par les yeux que l'on voit et par les oreilles que l'on entend, mais sans rien éprouver de sensible à ces organes mêmes, excepté quand l'œil est blessé par une lumière très-vive, et l'oreille par un son très-aigu : encore, dans ces cas, les effets sensibles que l'on éprouve semblent-ils être plutôt des sensations de nature tactile que des sensations spéciales de vue et d'ouïe. Toutefois l'usage autorise avec raison à mettre les phénomènes de la vue et de l'ouïe dans la classe des sensations ; car ils se rapprochent plus des sensations proprement dites que des simples sentiments de l'âme.
( 1) Cette localisation à un endroit réel du corps ne tient pas à l'essence de la sensation , car la sensation peut exister en l'absence du membre auquel on la rapporte. On le sait par des cas assez nombreux de militaires ou d'autres personnes qui, après avoir perdu un bras, par exemple, ressentaient de temps en temps des douleurs à la main ou au bras qu'ils n'avaient plus.
2° Sensibilité morale et sensibilité intellectuelle. — Ce n'est pas seulement l'action des causes physiques qui sollicite la sensibilité, mais elle peut encore être excitée en nous par quelque cause morale ou par quelque cause intellectuelle. La sensibilité morale comprend tous les plaisirs et toutes les peines du cœur, comme, par exemple, le plaisir de faire des heureux, la peine d'être payé d'ingratitude. On entend par jouissances et peines du cœur celles que nous font éprouver des êtres moraux, c'est-à-dire doués comme nous de volonté libre. La sensibilité intellectuelle comprend les plaisirs et les peines de l'esprit, comme, par exemple, la joie d'avoir fait une découverte dans les sciences, le déplaisir de ne pouvoir comprendre l'objet de son étude.
Plusieurs psychologistea ne distinguent que deux sortes de sensibilité, la sensibilité physique et la sensibilité morale : alors les phénomènes de sensibilité intellectuelle sont compris sous la dénomination de sensibilité morale.
Des sentiments. — La sensibilité physique comprend les phénomènes seusibles qui se localisent dans les organes ; la sensibilité morale et la sensibilité intellectuelle comprennent ceux qui ne s'y localisent pas. Les phénomènes de sensibilité physique se nomment sensations, comme on l'a expliqué ci-dessus : on donne le nom de sentiments aux phénomènes de sensibilité morale et de sensibilité intellectuelle. Lès sentiments se produisent dans notre âme sa?is que nout ayons conscience d'aucune impression organique. Cependant la physiologie donne pour probable que tout phénomène sensible, de quelque espèce qu'il soit, est accompagné, pour peu qu'il ait d'intensité, d'une modification organique quelconque, comme d'épanouissement ou de contraction dans les régions du cerveau, du cœur, des viscères.
Notre premier sentiment est celui de notre propre être et de ses modifications : c'est ce que l'on appelle le sens intime. Le sens intime se nomme aussi conscience ou perception interne, quand on y considère plus spécialement
la connaissance de soi-même. (Test à ce titre qu'il en sera question au chapitre de l'entendement.
On distingue certains sentiments qui impliquent l'exercice de la raison, tels que les sentiments du juste, du bon, du vrai, du beau, et de leurs contraires, la satisfaction morale, etc.
Il faut y joindre les sentiments complexes d'amour, de haine, d'ambition, de désir, de regret, etc., qui, outre le sentiment de joie ou de peine, comprennent encore le rapport de ce sentiment à l'objet qui l'a causé. Par exemple, aimer et haïr sont des sentiments complexes, parce qu'ils impliquent un rapport à l'objet de l'amour ou de la haine. Les sentiments complexes supposent l'exercice de plusieurs modes de l'intelligence.
Lorsque nos affections dépassent certaines bornes, elles prennent le nom de passion. Les unes sont condamnées par la morale, comme l'envie, l'avarice ; d'autres ont seulement besoin d'être réglées et modérées, comme la passion des beaux-arts, de l'étude, etc.
Les trois espèces de sensibilité réagissent l'une sur l'autre, et peuvent s'exciter mutuellement l'une l'autre : ainsi les qualités physiques de nos semblables contribuent à l'aire naître en nous des affections morales, des sympathies ou des antipathies.
La sensibilité influe souvent sur les autres facultés de l'âme, et celles-ci à leur tour réagissent sur la sensibilité.
Une sensation pénible peut entraver, suspendre même l'exercice de l'intelligence. L'on sait jusqu'à quel point la passion peut dénaturer le jugement. L'intelligence peut à son tour influer sur la sensibilité, à un tel point que, souvent, lorsque l'esprit est fortement occupé d'un objet, l'âme est comme insensible aux impressions du dehors. L'intelligence peut encore, suivant la manière dont elle envisage l'objet qui impressionne l'âme, modifier totalement la sensibilité, soit physique soit morale. Ainsi il peut arriver que tel mets semble bon ou mauvais au goût, -clou l'idée qu'on s'en est faite à l'avance ; que telle per-
sonne plaise ou déplaise, suivant l'opinion qu'on s'en est formée.
Les causes sensibles influent également sur la volonté, et la portent tantôt à des actes que la raison désavoue, tantôt a des actions généreuses, héroïques même. Réciproquement, la volonté exerce une puissante influence sur la sensibilité. t"ne âme forte a la puissance de réduire considérablement, et même de faire cesser, par la seule force de la volonté, les émotions qui la troublent. On trouvera dans la Morale des explications plus étendues sur les influences réciproques de la sensibilité et de la volonté.
Enfin la raison et une volonté ferme peuvent dominer plus ou moins la sensibilité physique ; elles doivent toujours dominer la sensibilité morale.
Les facultés de l'âme, bien que réunies dans l'unité de l'être pensant, ont chacune en elles quelque chose qui les distingue les unes des autres : c'est ce que l'on appelle leurs caractères. On entend par caractère une sorte de marque distinclive, propre à une chose et la faisant reconnaître entre toute autre.
Les caractères de la sensibilité se déduisent tout naturellement des explications qui précèdent :
1° Le mode indéfinissable qui constitue proprement le sentir se présente avec un double signe caractéristique, qu'on peut déterminer de la manière suivante. Les affections sensibles que l'âme éprouve sont ordinairement telles, que l'on se trouve bien ou mal de les éprouver. On peut le dire même des impressions sensibles qui paraissent indifférentes, soit en elles-mêmes, soit par suite de l'habitude. En effet, la peine qui résulte de la privation de choses que, dans l'usage, on aurait crues indifférentes, suffit pour nous les faire apprécier comme n'étant pas réellement telles. Dans d'autres cas, un peu plus d'intensité suffirait pour rendre douloureuses certaines sensations dont nous n'avions pas remarqué le caractère, parce qu'il était faible. Enfin, le
t'ait seul (le se sentir être d'une certaine manière constitue de lui-même un bien sensible d'un caractère agréable, à moins que ce sentiment ne soit effacé par quelque affection désagréable.
On peut donc, en général, regarder comme un caractère commun aux. laits sensibles, d'être agréables ou désagréables, et de se résumer en bien-être et en malaise.
2° La' sensibilité, c'est la faculté de sentir ; or sentir, c'est être affecté d'une modification, c'est recevoirune impression, c'est être passif: aussi la passivité est-elle l'un des principaux caractères de la sensibilité.
Il doit être bien entendu, comme on l'a déjà fait remarquer précédemment, que tout phénomène passif est accompagné du degré de résistance nécessaire pour supporter l'action de la cause qui le produit. Dans les phénomènes sensibles qui offrent le caractère passif le plus prononcé, il y a donc toujours une part d'activité, et, comme cette activité peut devenir volontaire, il faut y admettre aussi une intervention possible de la liberté.
3° Les phénomènes sensibles portent encore le caractère de relativité: les sentiments, les goûts, les sensations même, diffèrent selon les individus au sujet des mêmes (luises, et quelquefois dans la même personne, suivant les circonstances.
Notre sensibilité physique, en général, est manifestement sous la dépendance de notre organisation , puisqu'un homme totalement privé de quelque organe des sens, comme de la vue ou de l'ouïe, est dans l'impuissance d'éprouver les sensations qui correspondent à cet organe, et qu'il ne peut même en avoir l'idée.
i" Le phénomène sensible considéré comme tel est purement subjectif, ce qui signifie que le phénomène sensible ne suppose qu'un sujet sentant, c'est-à-dire existant d'une certaine manière, et ne requiert pas un objet distinct de luimême, tandis que le phénomène intellectuel suppose uu sujet pensant et un objet pensé; et le phénomène volontaire, un sujet voulant et un objet voulu.