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SYSTÈMES DIVERS

De tous les systèmes de l'antiquité, le platonisme et le péripatétisme furent particulièrement remis en honneur à

1 P. Rumi Dialectica, initio.

la renaissance des lettres ; cependant il se trouva quelques esprits qui inclinèrent davantage vers d'autres écoles. Juste Lipse, de Bruxelles, se fît remarquer par ses travaux sur la philosophie stoïcienne. Jean PiEUCHLIN, né en 1455, renouvela les idées de Pythagore, et se livra à l'étude de la cabale, qu'il répandit en Allemagne par ses livres De verbo mirifico et De arte cabalistica. Cornélius Agrippa, de Nettersheim, expliqua, dans des leçons publiques, le traité De verbo mirifico, de Reuchlin, et composa lui-même un traité De occulta philosophia, ouvrage où la magie est représentée comme le complément de la philosophie. — Le médecin Philippe Bombast de Hohenheim, né en Suisse en 1493, se donna lui-même le nom emphatique de Théothraste Paragelse, sous lequel il est connu. Il se disait envoyé du ciel pour être le réformateur de la médecine. Il prenait pour base de ses spéculations la théosophie, par laquelle il entendait une communication directe de l'âme avec Dieu, par voie d'illumination. Il avait imaginé un archxum mystérieux, prétendu principe d'harmonie entre la nature humaine et les divers éléments. Poursuivant avec ardeur les chimères de V alchimie, il crut avoir trouvé une panacée universelle qui devait prolonger la vie pendant plusieurs siècles, et, nonobstant cette merveilleuse découverte, il mourut à l'âge de quarante-huit ans. Il est juste toutefois de remarquer que les expériences multipliées de Paracelse et des autres alchimistes ont rendu de véritables services à la pharmacie, et ont préparé les voies à la chimie moderne.

Au milieu de tous les travaux qui se rirent à cette époque pour reproduire les systèmes de l'antiquité, on voyait paraître de temps en temps quelques essais de philosophie originale. Bernardin Telesio, né en 1508, à Cosenza, au royaume de Naples, se prononça de bonne heure contre la doctrine d'Aristote. Ce qu'il lui reproche surtout, c'est de donner pour principes de pures abstractions : abstracta, non entia. En général, son système offre une combinaison de la théorie des émanations et de celle des atomes, et ce

qui y domine est un caractère d'empirisme et de sensua- I isme. — François Patrizzi, né en Dalmatie en 15 lit une théorie sur l'émanation avec des idées empruntées aux néoplatoniciens et à Telesio ; niais le panthéisme ne fut formulé d'une manière complète, a cette époque, que par J. Bruno.

Jordano BRUNO naquit à Noie, dans le royaume de Naples, vers le milieu du seizième siècle. Il entra de lionne heure chez les dominicains, y fit profession, et les quitta peu de temps après. Il voyagea dans les diverses parties de l'Europe, y changea plusieurs fois de religion, et, étant à Londres, il publia un livre intitulé l'Expulsion de kl bête triomphante, où il attaquait toutes les religions. Ses déclamations contre Aristote lui avaient attiré des désagrément!! durant son séjour à Paris et en Allemagne. Enfin, il rentra en Italie, et, après y avoir séjourné quelque temps, il fut, dit-on, condamné à être brûlé vif, en 1600 '. Selon J. Bruno, le principe suprême est l'être unique comprenant en lui-même toutes les existences; il est le fond même des choses, et en même temps leur cause productive matérielle et formelle, natura naturans. Considéré comme contenant en soi le développement de toutes. choses, c'est le monde qui s'identifie à la forme primitive et éternelle, et qui développe dans son propre sein toutes les existences Contingentée ; c'est l'univers, universum ou natura natura ta. Ce système est, au fond, la reproduction du pan théisme des métaphysiciens éléates et des alexandrins, de Plotin en particulier.

Le seizième siècle nous offre deux écrivains auxquels on a coutume de donner la dénomination de sceptiques, à cause des traces nombreuses d'hésitation et d'incertitude que l'on trouve dans leurs écrits sur les vérités les plus essen-

1 Rien n'est moins prouvé que cette condamnation de Bruno. Bayle, dans son Dictionnaire (art. Brunus Jord.), après avoir donnâtes raisons que l'onad'en douter,ajoute cette réflexion :«II n'y a pas loin dé l'incertitude à la fausseté dans cfea faits île celte nature Plusieurs ont pensé qtte, s'il fut brûlé, ce ne fut qu'en ettiaie.

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