‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 219 sur 243 · MYSTIQUES · texte numérisé non relu

MYSTIQUES

On remarque aux dix-septième et dix-huitième siècles quelques philosophes mystiques, appelés aussi théosophes, peu célèbres d'ailleurs pour la plupart : Jean-Baptiste van Helmonî, de Bruxelles, qui prétendit découvrir, par l'intuition immédiate de la Divinité, Yarchzum ou principe interne de tous les phénomènes de la nature ; François- Mercure Vax Helmont, son fils, dont le rêve était de vouloir fondre ensemble ce qu'il trouvait de plus pur dans le platonisme, la cabale et le christianisme ; Jean PordaGE, médecin anglais, qui essaya de réduire en système les idées extravagantes du cordonnier allemand Jacob Boeum. visionnaire enthousiaste et exalté ; Pierre Poiret, de Metz, auteur de plusieurs ouvrages mystiques, principalement d'un mysticisme pratique, et qui donna une édition de quelques-uns des livres de la célèbre madame Guyoo. — Emmanuel Swedenborg, né en Suède en 1629, se fit d'abord une réputation comme physicien et comme mathématicien, puis il se crut tout à coup inspiré, et appelé à remplir l'office de médiateur entre ce monde et le moude des esprits, avec lesquels il s'entretenait sans cesse. Le résultat de ces entretiens fut la publication de plusieurs écrits où. aux plus étonnantes bizarreries et aux plugrandes erreurs se trouvent associées des pensées d'une singulière énergie. — Saint-Martin, dit le Philosophe inconnu, naquit à Amboise en 1743, et mourut en 1804, après avoir vécu dans la plus profonde obscurité, toujours livré à ses méditations théosophiques. Son principal ouvrage a pour litre : des Erreurs et de la Vérité, ou les hommes rappelés au principe universel de la science. Or, la science, selon lui, c'est la révélation naturelle. Cette révélation naturelle consiste dans la connaissance de soi-même. Pour ne pas se tromper sur l'existence et l'harmonie des êtres qui composent l'univers, il suffit à l'homme de se connaître lui-même, parce que l'homme, par son corps, est en rapport nécessaire avec ce qui est visible, et que, par son âme, il

est le type de ce qui est invisible. D'où il suit que tout se voit dans l'homme, l'univers entier et Dieu Lui-même. Toutefois l'homme, image de Dieu, est dégénéré ; mais la vertu, l'étude et la bonne volonté pourront corriger ces altérations faites à l'image de la Divinité. Saint-Martin a traduit en français plusieurs écrits de Jacob Bœhm.

On distingue dans le même temps une variété particulière de mysticisme, connue sous le nom de quiêlisme, dont le principal représentant , au dix-septième siècle, fut le prêtre espagnol Molinos. Suivant lui, la souveraine perfection consiste à s'absorber en Dieu de telle manière qu'il ne peut plus y avoir de péché pour les âmes ainsi unies a Dieu. On comprend quelles doivent être les conséquences pratiques d'une telle doctrine. On sait que Fénelon s'est rencontré avec Molinos en quelques points, mais il repoussait avec horreur tout ce qui pouvait mener à des conséquences immorales l.

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