‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 32 sur 243 · DES JUGEMENTS PRIMITIFS · texte numérisé non relu

DES JUGEMENTS PRIMITIFS

sont pas d'abord montrées à notre âme, à l'état abstrait ; et nous ne sommes pas arrivés à juger que nous existons, que tel corps existe, qu'il est coloré par la comparaison des idées abstraites de je ou moi et d'existence, de corps et de couleur. Dans le phénomène de l'observation psychologique, nous nous sommes affirmé immédiatement à nousmêmes notre propre existence; nous avons jugé primitivement et spontanément le moi comme un être réellement existant. Il en est de même pour les jugements : je veux, je sens, je pense, etc. Pareillement ce n'est pas à laide de l'idée abstraite de couleur, ni, par exemple, de celles de neige et de blancbeur, que nous avons appris que tel corps est coloré et que la neige est blanche. Ce n'est qu'après avoir jugé immédiatement de la couleur de ces corps dans le simple l'ait de l'observation sensible que, séparant ensuite ce qui était uni dans la synthèse primitive, nous avons pu considérer à part les idées de corps et de couleur, et en faire la comparaison pour nous rendre compte de ce que nous savions déjà.

Les jugements que l'on porte spontanément sur un objet considéré eu lui-même, sans rapport à aucun autre, sont des jugements primitifs, non comparatifs; mais il y a un grand nombre de jugements ultérieurs, fondés sur une comparaison et que l'on appelle jugements comparatifs.

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