‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 33 sur 243 · DE LA COMPARAISON ET DES JUGEMENTS COMPARATIFS · texte numérisé non relu

DE LA COMPARAISON ET DES JUGEMENTS COMPARATIFS

La comparaison est une opération par laquelle l'esprit porte son attention sur plusieurs objetspour en déterminer les rapports. Cette opération implique naturellement une attention multiple et simultanée. Sans une comparaison, plus ou moins prompte dans la pensée, les idées de rapport, qui sont extrêmement nombreuses, n'existeraient pas pour notre esprit.

La comparaison est l'antécédent nécessaire delà plupart de nos jugements, savoir, ceux qui se fondent sur des rapports. C'est d'après la comparaison que nous jugeons des COURS DE ph. 4

02 P6YCHOix06lB.

ressemblâmes ej des différences, de l'égalité, de la supériorité ou de l'infériorité, de la distance, de l'union ou de l'opposition, des causes et des Bffete, etc.

L.es idées entrées dans l'intelligence avec des jugements primitifs et exprimées par les termes du langage fournissent matière à des comparaisons, et deviennent la source d'un grand nombre de jugements comparatifs, formulés en proposa ons, par exemple: Dieu est bon; l'intempérance est nuisible; l'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu.

Lorsqu'on cherche par la comparaison à déterminer les rapports entre les choses ou les idées, on s'aperçoit que tantôt il y a de la convenance entre les objets et tantôt de la disconvenance ; que tel attribut appartient ou n'appartient pas à tel sujet ; que telle idée renferme ou exclut telle autre idée : alors le jugement rapproche ou sépare, affirme ou nie, c'est-à-dire prononce le oui ou le non, suivant la différence des conceptions de l'esprit. De là deux formes de jugements, le jugement affirmatif et le jugement négatif, par exemple: Dieu est bon; Dieu n'est pas injuste.

Il faut remarquer cependant qu'en un sens, celui même de l'étymologie du mot, le terme d'affirmation est applicable, soit au jugement proprement affirmatif, soit au jugement négatif; car on peut affirmer, c'est-à-dire assurer, prononcer qu'une chose est ou qu'une chose n'est pas : entendu ainsi, tout jugement se ramènerait à une affirmation. Cette analogie entre les deux formes de nos jugements est, du reste, tellement réelle, qu'un jugement tout à fait identique peut se produire indifféremment sous la forme dite affirmative et sous la forme négative, par exemple : celle loi n'est pas juste, cette loi est injuste ; i'dme est immortelle, l'âme n'est pas mortelle.

Page 1