DESCRIPTION DU PHÉNOMÈNE DE LA VOLONTÉ
Le phénomène de la volonté nous offre un fait complexe, par les éléments qui concourent à sa formation. D'abord, avant que l'âme se consulte et se décide, il se passe en elle un premier fait qui tend à rendre possible cette double opération. Au moment qui précède la production d'un acte explicite de volonté, l'âme, suivant le cours ordinaire des influences extérieures et de ses propres idées, portait son attention tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. Soudain elle se recueille en elle-même, elle s'arrête, elle se tient comme stationnaire. L'âme, dans cette situation, se maintient elle-même, elle est sui compos, elle se possède. La possession de soi-même est le premier élément du phénomène de la volonté libre ; elle est aussi en même temps un fait persévérant, qui se soutient pour l'ordinaire pendant toute la durée du phénomène, ou qui, du moins, doit se rétablir, s'il a souffert quelque altération.
Dans cette situation, il n'y a pas encore de raison d'agir; cependant c'est dans le but d'arriver à une détermination libre que l'âme se maintient ainsi elle-même. L'âme cherche donc une raison d'agir : si quelque motif se présente, elle l'examine; elle compare, elle pèse les motifs divers ou opposés, elle discute avec elle-même les moyens d'atteindre le but. Cette opération complexe est la délibération, dont le dernier terme est l'appréciation définitive des motifs et des moyens. Il est visible que délibérer est un acte multiple, où il serait facile de retrouver tous les modes de la pensée ; mais il ne s'agit ici que de prendre le fait dans son ensemble.
Après que notre âme s'est mise, par la possession d'ellemême, en état de délibérer, et qu'elle a délibéré en effet, il