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RAPPORTS DU LANGAGE AVEC LA PENSÉE

d'une action et ne pouvant se tromper sur ce qu'il verrait de ses propres yeux , ne porterait cependant, par ce seul fait, aucune atteinte à la liberté de cette action.

On oppose encore au dogme de la liberté quelques difficultés qui se tirent de l'influence de la Providence divine sur les actions humaines : nous en renvoyons la solution à la Théodicée.

SECTIOxN COMPLEMENTAIRE

DES SIGNES ET EN PARTICULIER DU LANGAGE DANS LEURS RAPPORTSAVEC LA PENSÉE.

Les sentiments, les idées, les volontés, en un mot, toutes les modifications de notre âme, peuvent se manifester au dehors et se traduire par des signes. On entend par signe, en général, Yindice de quelque chose. Il y a des signes naturels et dessines arbitraires. La respiration est un signe naturel de la vie, et il est de convention qu'une étoile sur la poitrine d'un brave soit le signe de l'honneur. Nous n'avons à nous occuper que des signes de nos pensées.

On conçoit qu'il puisse y avoir plusieurs manières de faire une classification des signes de la pensée. Si on classe ces signes d'après l'organe qui en est le siège, ou d'après celui auquel ils s'adressent, on distinguera les signes manuels, le langage articulé, les signes qui s'adressent à la vue, ceux qui s'adressent à l'ouïe, etc. Si on les considère, ou comme sortant des dispositions mômes de notre organisme, ou comme se formant sous l'iufluence de la volonté, on les divisera en instinctifs et en volontaires.

On distingue ordinairement trois grandes classes de signes de la pensée, qui se comprennent sous la dénomination commune de langage : le langage proprement dit

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ou langage articulé, le langage d'action el le langage écrit ; en d'autres ternies : la parole, \egeslc et Vécriture. Nous allons d'abord donner quelques explications sur chacun de ces trois systèmes d expression de la pensée; puis nous examinerons spécialement la question des rapports de la pensée et du langage.

§ I. Différentes sortes d'expression de la pensée.

1° Du langage proprement dit, ou de la parole.

La parole est une combinaison de sons articulés dont l'homme se sert pour exprimer sa pensée. On appelle sons articulés les sons modifiés par les diverses articulations de l'organisme vocal telles que les mouvements de la langue, qui frappe contre le palais ou contre les dents ; celui des lèvres, lorsqu'elles frappent l'une contre l'autre, etc. Des sons qui se produisent sans qu'on mette en jeu ces articulations organiques se nomment inarticulés.

Les sons articulés, assujettis à certaines règles, et formant un système complet d'expression de la pensée , constituent ce que l'on appelle une langue. Il existe un Irè-grand nombre de langues différentes. Lu célèbre géographe, Adrien BalM, en a classé huit cent soixante dans son Allas ethnographique du globe; mais ses recherches lui ont démontré qu'on peut porter au moins à deux mille le nombre des langues éteintes ou encore parlées sur le globe.

Par la comparaison lexique et grammaticale des langues, c'est-à-dire en y cherchant des affinités, soit dans les mots, qui sont la matière du langage, soit dans la grammaire, qui lui donne sa construction et sa forme, on a pu, malgré la diversité des idiomes, les ramener à un nombre limité de groupes qui forment autant de tribus ou familles se divisant chacune en plusieurs branches, plus ou moins nombreuses. Les principaux groupes sont : 1° la famille Sémitique ou des fds de Sem , comprenant l'hébreu, le syro-chaldaïque, l'arabe, etc. ; 2° la famille Indo-Euro-

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