‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 76 sur 243 · DIFFÉRENTES SORTES DE CERTITUDE · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTES SORTES DE CERTITUDE

savoir, l'identité de son sujet et de son objet. C'est ce qui a été expliqué au commencement de la psychologie, sous ce titre : De la conscience et de la certitude qui lui est propre. (Voy. page 19.)

La certitude métaphysique est celle qui est fondée sur l'essence des choses, et dont le contraire est impossible absolument. Telle est la certitude de cette proposition : Les rayons du cercle sont égaux. La certitude métaphysique est absolue, en ce qu'appartenant à l'essence même des choses, elle a lieu sans condition et dans toute hypothèse. Les vérités qu'elle a pour objet nous sont données par la raison.

La certitude physique est celle qui est fondée sur les lois de la nature matérielle, particulièrement celles de notre propre organisation, et dont l'objet ne peut manquer d'être vrai, à moins que l'on ne suppose une dérogation aux lois de la nature. Il est certain physiquement qu'il existe des corps, une terre, un soleil ; qu'une pierre lancée en l'air retombera sur la terre. La certitude physique a pour objet les connaissances qui nous sont données par la perception externe ; elle s'appuie aussi sur l'induction, comme dans le dernier exemple ci-dessus.

La certitude morale est fondée sur la constitution naturelle des âmes humaines. Ainsi il est certain moralement qu'un homme sain d'esprit et de corps, et aussi heureux d'ailleurs qu'on peut l'être en ce monde, ne s'ôtera pas la vie à lui-même. Pour ébranler la certitude morale, il faudrait supposer un renversement total des conditions de la nature humaine. Le caractère de certitude morale s'applique principalement au témoignage dts hommes : il est certain, d'après des témoins qui n'ont pu être tn mpeurs, qu'il a existé une république romaine ; il est certain, pour ceux qui n'ont pas vu Paris, que cette ville existe réellement. Il est bien entendu que, pour être sûr des faits qui sont transmis par le témoignage humain, la certitude physique est aussi requise, afin qu'il soit constaté queles témoins n'ont pis pu se tromper sur les faits quils attestent.

Ces difléreutes sortes de certitude diffèreut dans leur base et dans leur objet ; mais de ce fait seul qu'elles sout une certitu.le, il s'ensuit qu'elles ne diffèrent pas quant à leur valeur intrinsèque. Chirun d'ailleurs éprouve en luimême qu'il est aus-i irrésistiblement porté à croire, par exemple, qu'il y a eu une république romaine, qu'il existe une ville de Paris, qu'il l'est à admettre la vérité des axiomes mathématiques, ou 1 existence de sa pensée ; il ne lai est pas plus possible de douter dans l'un que dans l'autre cas. La certitude n'admet point de degrés : elle est ou elle n'est pas, point de milieu. Une certitude qui serait moindre qu'une autre manquerait, par cela seul, de ce degré suprême de force invincible qni exclut toute crainte et tout péril d'erreur : elle ne serait pas une certitude proprement dite.

L'expression de certitude morale s'emploie quelquefois, dans le langage ordinaire, pour signifier une très-grande probabilité ; mais en logique, et selon la valeur exacte des mots, cette expression doit s'entendre dans le sens strict d'une certitude proprement dite.

2<> Si l'on considère la certitude sous le rapport de la manière dont elle se produit, on en distingue de deux sortes : la certitude immédiate et la certitude médiate, appelée aussi déductive ou inductive, suivant qu'elle a été obtenue par la déduction ou par l'induction.

On appelle certitude immédiate celle qui se produit immédiatement par la seule évidence delà vérité. Telle est la certitude des phénomènes de conscience et des axiomes. Par exemple : Le tout est plus grand que sa partie.

On appelle certitude médiate celle qui se produit par l'intermédiaire du raisonnement, comme par exemple la certitude de cette proposition : Les trois angles d'un triangle sont égaux à deux angles droits.

Les vérités qui sont l'objet de la certitude immédiate sont le point de départ de toutes nos connaissances, et il est nécessaire de les admettre sans en chercher la démonstration ; car ces vérités sont supposées d'une clarté telle.

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que l'on 11 en pourrait pas trouver de plus claires qui servissent à les démontrer, et, s'il était possible qu'elles fussent révoquées en doute, on serait par là même réduit au scepticisme absolu *.

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