‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 77 sur 243 · III. De la probabilité · texte numérisé non relu

III. De la probabilité

« La vérité est quelque chose de si important pour l'homme, a dit le P. Buffier -, qu'il doit toujours chercher des moyens sûrs pour y arriver ; et, quand il ne le peut, il doit s'en dédommager en s*attachant à ce qui en approche le plus, qui est ce qu'on appelle la vraisemblance (n° 157).. . Cela s'entend aussi de la probabilité, puisque la probabilité ne tombe que sur ce que l'esprit approuve à cause de sa ressemblance avtc le vrai (n° 160). »

Un jugement est certain, lorsqu'il exclut toute crainte et tout péril d'erreur : un jugement qui se fonde sur des raisons graves, mois n'excluant pas tout péri! d'erreur, est seulement probable, plus ou moins, selon le plus ou le moins de gravité des raisons. L'assentiment de l'esprit fondé sur la vraisemblance et la probabilité présente une série de nuances, dont les unes s'élèvent jusqu'à une adhésion qui approche de la certitude, et les autres sont susceptibles de s'affaiblir jusqu'à ce qu'on arrive au doute. état dans lequel l'esprit reste en suspens pour des raisons égales et opposées.

Ce? différents degrés d'assentiment peuvent dépendre, soit d'un examen plus ou moins approfondi, soit d'expériences ou de circonstances différentes, ou d'autres causes.

La probabilité peut se rapporter aux choses passées ou futures comme aux choses présentes. On a fait plusieurs fois des calculs de probabilités ; par exemple, on a dressé des Tables des probabilités de la vie. En certains cas, on

1 Voy. Vérités premières, p. 109.

î Traité des premières vérités

peut faire variera volonté le nombre des chances favorables et des chances contraires, comme dans une loterie, par exemple, en raison du nombre des billets qu'on preni. Si le nombre total des chances est déterminé, chaque degré de probabilité peut être exprimé avec certitude, par le rapport des chances favorables avec celui des chances contraires.

Lesjngcments qui s'appuient sur la probabilité sont trèsfréquents dans la conduite ordinaire de la vie. L'argument vraisemblable ou conjectural est celui qui s'applique le plus souvent dans les affaires, dans les délibérations des états, i ans mille actes de la vie publique ou privée II faut donc savoir souvent se contenter du probable; mais on doit toujours tendre à la certitude, faute de quoi on se tiendrait habituellement, pour ainsi dire, sur la limite de l'erreur, avec grand risque d'y tomber.

Page 1