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DES CLASSIFICATIONS

forment l'espèce du chien domestique, appartenant au genre chien, qui fait partie de la tribu digitigrade de la famille des carnivores, ordre des carnassiers, classe des mammifères, tenant à l'embranchement des vertébrés, par lequel on se rattache au règne animal, qui, avec le règne végétal et le règne minéral, est l'objet de YHistoire naturelle.

On distingue deux méthodes de classification, l'une artificielle et l'autre naturelle. La classification artificielle rapproche les genres d'après une ressemblanee extérieure et superficielle ; la classification naturelle les rapproche d'après une ressemblance intime et essentielle. La première ne prend pour base qu'im ordre de caractères choisi arbitrairement ; la seconde classe les objets sur l'ensemble des caractères qui leur sont propres, dans le but de bien faire connaître leurs analogies et la place qu'ils doivent occuper dans toute la série des êtres. C'est celle qui prévaut aujourd'hui dans toutes les parties de l'histoire naturelle. En botanique, le système de Tournefort, suivant lequel les plantes sont classées d'après la corolle, est une classification artificielle. La méthode de Jussieu, qui tient compte de tous les principaux caractères, est une classification naturelle.

Les classifications artificielles ne doivent être considérées que comme des classifications provisoires, utiles pour mener à de nouvelles découvertes ; les classifications naturelles peuvent seules être définitives, mais seulement comme méthodes, en général, et sans exclure les modifications et les progrès qu'amène l'expérience.

On sait que, lorsqu'il n'est pas besoin d'une grande rigueur scientifique, chacun peut se faire en divers genres, pour son usage, des classifications arbitraires, comme, par exemple, pour classer les livres d'une bibliothèque, auquel cas cependant il existe en soi, comme toujours, une méthode naturelle.

Il est nécessaire de tenir compte dans les classifications naturelles de l'importance relative des caractères qui distinguent les êtres, importance qui se détermine principale-

ment par le degré de généralité et de permanence. C'est ce que l'on appelle la subordination des caractères. Ainsi, par exemple, il ne faut pas attacher une aussi grande importance, pour le classement des espèces, à la couleur du poil des animaux qu'à la conformation des organes de nutrition. Ce principe, posé d'abord par Jussieu et généralisé par Cuvier, est applicable à toutes les branches des connaissances humaines.

Dans la méthode de classification zoologique formulée par Cuvier, le règne animal se distingue du règne végétal par le mouvement spontané et la sensibilité, qui tiennent à l'essence de l'animal. Les types ou embranchements se déterminent d'après le plan général de l'organisation ; les classes, d'après les organes de la circulation et de la respiration, signes caractéristiques de la vie animale ; les ordres, d'après lesorganes de manducation et depréhensim, qui servent pour l'entretien de la vie ; les familles avec les tribus, les genres et les espèces, d'après des caractères organiques de moiridre en moindre importance.

Outre l'avantage de mettre de l'ordre dans nos connaissances, les classifications naturelles offrent encore celui de faire comprendre les propriétés des êtres, au seul énoncé des termes qui les désignent dans le classement. Ainsi, qu'un animal qui nous est inconnu se trouve classé dans un genre, le seul nom de ce genre nous révèle immédiatement les principaux caractères de son organisation.

§ IV. Des hypothèses.

L'explication de l'homme et de la nature, ainsi que de l'origine des choses, a toujours été le but des études philosophiques ; mais, pour réussir à tout expliquer, il aurait fallu avoir examiné mûrement et connaître avec certitude les faits et leurs rapports, les détails et l'ensemble des choses. Or il arrivait le plus souvent que les esprits impatients de parvenir a cette connaissance totale qui peut seule

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