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DE LA DÉFINITION

jamais comme des vérités positives, jusqu'à ce que l'on soit parvenu, s'il est possible, à changer la conjecture en démonstration réelle.

Il y a deux espèces d'hypothèses. La première consiste à supposer provisoirement l'existence d'un fait propre à expliquer des phénomènes dont on n'a pu reconnaître la cause. Souvent, c'est comme une vue anticipée du génie qui devance l'expérience, et à laquelle l'expérience donnera raison plus tard.

Ainsi Huygens, ayant observé des effets lumineux d'une nature singulière produits par la planète Saturne, imagina l'hypothèse d'un anneau lumineux autour de celte planèle ; et les observations astronomiques en ont depuis vérifié l'existence. — Newton avait conjecturé, d'après certains faits de réfraction de la lumière, que l'eau devait renfermer un élément combustible, avant que les expériences des chimistes en eussent fourni la preuve. On sait que, de nos jours, la planète Neptune a été découverte sur les indications de M. Le Verrier, dont la conjecture était bien près d'une vérité certaine.

La seconde espèce d'hypothèses consiste à supposer pour causes de phénomènes observés certains agents dont la réalité ne peut être démontrée. Tels sont, dans la physique, les fluides auxquels on attribue les phénomènes de l'électricité, du magnétisme, etc.; en physiologie, le fluide nerveux ; et dans diverses sciences, d'autres agents également hypothétiques.

Ces hypothèses sont d'une grande utilité pour l'intelligence et pour l'enseignement des lois qui régissent les phénomènes en question; cependant tout ce que l'on peut affirmer, au fond, c'est que les fails se passent comme s'ils avaient pour cause tels agents doués de telles propriétés, sans qu'on sache d'une manière certaine si ces agents existent en réalité.

SECTION II

DE LA DÉFINITION ET DE LA DIVISION, DES AXIOMES, DE LA DÉMONSTRATION ET DE LA DÉDUCTION, DU SYLLO- GISME.

§ I. De la définition et de la division.

Les idées dont l'ensemble constitue une science ne se conçoivent nettement et ne peuvent se communiquer que par l'expression, c'est-à-dire par les termes du langage. Mais, si les termes qui doivent rendre nos idées n'ont qu'une signification indécise, obscure ou confuse, ils ne pourront donner que des notions imparfaites, sujettes à l'équivoque, aux méprises, aux contestations : il importe donc d'en bien déterminer le sens, en d'autres termes, d'en faire la définition. Souvent l'objet défini renferme une complexité d'éléments que la définition, courte formule d'ensemble, ne met pas suffisamment en lumière : pour faire comprendre cet objet d'une manière parfaitement distincte, et aussi pour procéder avec ordre dans l'étude qu'on veut en faire, il est souvent nécessaire de joindre la division à la définition.

Ie De la définition.

On entend par définition d'un objet quelconque la détermination précise de ce qui constitue cet objet. Le but de la définition est de faire connaître son objet et de le distinguer de tous ceux avec lesquels on serait exposé à le confondre. Elle consiste ordinairement à substituer à un terme, qui représente syntbétiquement tout l'objet, plusieurs termes qui en expriment analytiquement les qualités constitutives. C'est de cette manière que l'on décompose l'idée de triangle en plusieurs idées fondamentales qui peuvent s'énoncer ainsi : une surface terminée par trois lignes, ce qui est une définition du triangle.

La définition, pour être bonne, doit réunir certaines conditions qui découlent de sa nature même :

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