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DE LA DIVISION

l'objet même signifié par le mot que l'on fait connaître, de sorte que la définition d'un mot est ordinairement une définition de chose. Cependant, comme il arrive quelquefois que l'on impose un nom de son choix à certaines choses, et que l'on fasse usage de mots auxquels on donne une signification conventionnelle et arbitraire, il est alors nécessaire de faire connaître, non ce que le mot signifie ordinairement dans le langage, mais ce qu'on entend par ce mot dans le cas donné. D'autres fois, il se rencontre certains mots qui ont été détournés de leur acception primitive à un tel point, qu'il existe une très-grande différence entre la signification naturelle de ces mots et le sens qu'on y attache par l'usase, comme le mot Jacobin, par exemple; ou même quelquefois qu'ils ont reçu un sens tout contraire à ce qu'ils devraient naturellement signifier, comme on le voit par le nom d'Euménides donné aux Furies. Donner l'étymologie d'un mot, c'est, en général, déterminer la valeur intrinsèque de ce mot; et, en ce sens, c'est le définir. Ce sont ces raisons diverses qui ont donné lieu aux logiciens de distinguer la définition de mol ou de nom et la définition de chose

La définition de chose, telle qu'elle a été précédemment expliquée, fait connaître son objet sous une courte formule, par ses attributs essentiels, par ses principes constitutifs; c'est la définition proprement dite. Lorsque l'on fait connaître un objet par rénumération d'un certain nombre de ses propriétés de diverses sortes, c'est ce que l'on appelle une description, ou définition moins exacte et moins précise. C'est ainsi que l'on ferait connaître la nature de l'homme par rémunération descriptive d'un certain nombre de ses qualités, tant physiques que morales. Une description complète de l'homme ne serait pas moins qu'un traité d'anatomie pour le corps, et un cours de psychologie pour l'âme.

2° De la division.

Toute notion complexe, soit individuelle, soit générale,

étant formée d'une réunion d'idées partielles, présente à l'esprit un tout susceptible d'être divisé. La division peut, en général, se définir : la distribution d'un tout en ses parties.

On distingue deux sortes de tout. Un tout de la première sorte est un objet réel, un être individuel, présentant un ensemble de parties que l'on peut séparer physiquement ou mentalement. Tel corps, par exemple, peut être morcelé ou dissous, et notre esprit peut en pousser les divisions jusqu'au delà des plus petites parcelles. Un tout de cette première espèce peut aussi n'être pas un corps. Ainsi notre propre moi individuel, si nous l'observons, nous offrira, malgré sa simplicité substantielle, autant de divisions que nous y découvrirons de facultés.

Le tout de la seconde espèce, le seul qui appartienne proprement aux sciences, consiste en une classe d'êtres ou de faits, en une synthèse de conceptions de l'esprit ; c'est un tout formé par la pensée, et qui peut se partager en plusieurs classements ou divisions.

Il y a une grande analogie entre la division d'un tout de cette espèce et la classification ; les différentes classes sont des divisions et les divisions sont des classes ; ainsi, par exemple, les corps se classent ou se divisent en corps bruts et corps organisés; et ceux-ci, en animaux et végétaux. Cependant le concept de cette double opération n'est pas le môme: l'une signifie ranger suivant un certain ordre; et l'autre, considérer à part. Dans les sciences naturelles, la variété et la multiplicité des faits nécessitent, avant tout, un classement régulier pour éviter la confusion, tandis que la compréhension synthétique des sciences de raisonnement demande surtout qu'on en dislingue les parties par la division.

On assigne ordinairement à la division les trois règles suivantes :

1° Pour qu'on puisse dire avec vérité qu'un tout a été distribué en ses parties, il faut que la division embrasse la totalité des choses comprises dans le tout, c'est-à-dire

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qu'elle soit entière, et que par conséquent la somme des membres de la division égale le tout que l'on divise : c'est ce que l'ou exprime en disant qu'une bonne division doit être adéquate. Ainsi la division de VHistoire de la philosophie en philosophie de l'antiquité et philosophie des modernes, serait fautive, puisqu'elle ne comprendrait pas la philosophie du moyen âge.

2° Les parties d'un tout ontcbacune leur réalité à part, et elles ne se confondent pas l'une avec l'autre : une bonne division doit donc être distincte, c'est-à-dire que les membres de la division ne doivent pas être compris les uns dans les autres, mais s'exclure mutuellement. On pécherait contre cette règle, si l'on divisait les nombres en pair, impair et carré, parce que le carré est compris dans le pair ou dans l'impair.

3° L'ordre et l'exactitude exigent qu'on suive les divisions qui sont indiquées par la nature, et qui semblent s'offrir immédiatement d'elles-mêmes. Ainsi, il faut que la division se fasse d'abord par les parties les plus notables, et qu'on ne passe aux divisions secondaires qu'après avoir formé les divisions principales, évitant toujours de mêler entre eux les membres d'une division et ceux d'une subdivision. Une bonne division sera donc immédiate. Pour donner, par exemple, une bonne division de la terre, il ne conviendrait pas d'énumérer d'abord les royaumes et les provinces, ou de mêler ces parties de second ordre avec les parties principales ; mais il. faudrait nommer en premier lieu ce que l'on appelle les cinq parties du monde, puis classer les subdivisions suivant leur degré d'importance.

Il suit de ce qui précède, qu'une bonne division doit être, 1° adéquate, 2° distincte, 3° immédiate.

Il faut observer ici, comme on l'a déjà fait au sujet de l'analyse, que l'on doit se garder de diviser trop et de diviser trop peu : c'est le goût seul qui peut tracer des limites sûres à cet égard.

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g 11. Des axiomes.

Toute science qui repose sur le raisonnement a, de toute nécessité, pour principe quelque vérité qui ne se démontre pas, autrement on reculerait sans fin à la recherche d'un point de départ pour fonder la science. On admet généralement un certain nombre de principes de cette nature, que l'on désigne sous le nom d'axiomes.

Les axiomes peuvent se définir, des jugements rationnels, d'une évidence immédiate, reconnus pour principes dans les sciences.

Il s'entend de soi-même que les axiomes sont des vérités premières, mais toutes les vérités premières ne sont pas des axiomes, car il y a dans l'esprit humain des premières notions qui ne sont pas des conceptions de la raison, mais bien des vérités d'expérience, telles que celles-ci : J'existe, Il y a des corps; il y en a aussi qui ne se formulent pas d'une manière précise comme les principes des sciences.

On distingue des axiomes métaphysiques, tels que les suivants: Il n'y a point de qualité sans substance ; — Tout phénomène a une cause -, — 11 est impossible qu'une chose soit et ne soit pas en même temps ;— Tout ce qui est a une raison suffisante de son être; — Il n'y a pas d'effet sans une cause proportionnée.

Tout le monde connaît les axiomes mathématiques. Les éléments de géométrie, àl'imitation d'Euclide, débutent ordinairement par quelques notions c rmmunes ou axiomes. On peut donner ce nom aux principes suivants : Deux quantités égales à une troisième sont égales entre elles ; — le tout est plus grand que sa partie; - d'un point à un autre on ne peut mener qu'une seule ligne droite ; — tous les angles droits sont égaux entre eux ; — deux droites ne renferment point un espace.

On compte aussi des axiomes logiques, mais ce sont, la plupart, des corollaires d'axiomes métaphysiques, par exemple : Une proposition ne peut être vraie et fausse à

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