‹ Cours élémentaire de philosophie à l'usage des établissements d'éducationChapitre 99 sur 243 · SYLLOGISME COMPOSÉ · texte numérisé non relu

SYLLOGISME COMPOSÉ

Le syllogisme conditionnel conclut selon tes règles, de deux manières :

1° Lorsque, ayant posé l'antécédent, on pose également le conséquent ;

2° Lorsque, ayant rejeté le conséquent, on rejette aussi l'antécédent.

La raison en est que le sens de la majeure donne le conséquent comme une suite nécessaire de l'antécédent, et non réciproquement. De là sont venus les principes suivants : Verum prius, ergo et posterius ; fulsum conséquent, ergo et antecedeas. Ainsi, ce serait mal raisonner que de dire : Si cet homme est avare, il ne dissipe pas son bien ; or cet homme ne dissipe pas son bien, donc il est avare ; parce que l'on conclurait la vérité de l'antécédent de celle du conséquent.

Lorsque l'antécédent ou le conséquent est négatif, le poser, c'est le répéter en conservant la négation ; le rejeter, c'est ôter la négation. Si l'antécédent ou le conséquent est affirma tif, on le pose en le répétant simplement, on le rejette en lui joignant une particule négative.

Syllogisme disjonctif. — Le syllogisme disjonctif est celui dont la majeure est disjonctive, c'est-à-dire affirme indéterminément d'un sujet l'un ou l'autre de deux attributs qui s'excluent mutuellement. Exemple :

Ou il faut réprimer ses passions ou il est permis de s'y livrer ; Or il faut réprimer ses passions :

Donc il n'est pas permis de s'y livrer.

Ou d'une autre manière :

Or il n'est pas permis de se livrer à ses passions ; Donc il faut les réprimer.

Dans ce syllogisme, on accorde une des deux parties de la majeure et on rejette l'autre. C'est de deux choses l'une.

Ce syllogisme est défectueux lorsqu'il y a un milieu entre les deux membres opposés de la proposition disjonctive. comme dans l'exemple suivant : Ou l'on doit obéir à l'au-

torité, même lorsqu'elle commande quelque chose de con traire à la loi divine, ou on a le droit de se révolter contre elle : car il y a un milieu entre la révolte et l'obéissance.

Syllogisme copulatif. —Le syllogisme auquel on donne le nom de copulatif est celui dont la majeure est une proposition copulalive-négative. Exemple :

On ne peut êlre à la fois serviteur de Dieu et idolâtre de l'argent; Or l'avare est idolâtre de l'argent :

Donc l'avare n'est pas serviteur de Dieu.

Dans ce syllogisme, on doil poser lune des deux parties de la majeure pour rejeter l'autre, mais non rejeter l'une pour poser l'autre. La majeure établit seulement que deux choses ne peuvent être vraies en même temps du même sujet : donc si l'une est vraie, dans le cas donné, l'autre ne l'est pas; mais elles peuvent n'être vraies ni l'une ni l'autre, par conséquent de ce que l'une est à rejeter, il ne s'ensuit pas que l'on ait le droit de poser l'autre.

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