IDENTITÉ DE LA CHAI. EUH HAVT« ET DE LA LI MIÊHE. UIS
qu’ une sensation lumineuse. Sur le toucher l'impression serait différente, parce que le sens du toucher est doué d’une sensibilité de tout autre nature.
33-4. itéponar aux objections. — Cette assimilation ne laisse pas de présenter un embarras, si. au lieu de se borner à l’étude d'un rayon d’espèce déterminée, on compare les effets des divers rayons du spectre. II est des rayons, les rayons jaunes, par exemple, qui sont très-lumineux et qui portent avec eux peu de chaleur. Au delà du rouge du spectre, dans la partie qui n’est pas lumineuse, on reconnait cependant qu’un flux de chaleur abondant se propage. Il semble (pie l’œil devrait voir une vive clarté, si l'on admet notre théorie, là où cependant il ne voit rien.
Ces objectious ont embarrassé pendant longtemps et ont empêché de conclure à l’identité des deux rayonnements, malgré toutes les preuves qui la démontraient. Mais il faut remarquer que l’œil, comme tous nos organes, ne doit pas servir d’instrument de mesure à des actions d’espèces différentes ; il peut se faire que sa sensibilité pour les divers rayons ne soit pas la même. Ce que nous disons là n'est pas une simple hypothèse : il n’est pas rare de trouver des individus dont lu vue ne perçoit pas ou perçoit mal certaines couleurs, et on en comprend la cause. Ne sait-ou [ias, eu effet, que deux rayons, qui agiraient identiquement avec la même puissance sur un thermomètre recouvert de noir de fumée, produiraient des actions calorifiques bien différentes sur un thermomètre enduit d'un corps, qui absorberait avidement l’un d'eux, et réfléchirait complètement l'autre? N’est-il pas évident que sur la rétine deux rayons doivent aussi agir chacun selon son espèce et chacun selon la nature de la surface qui les reçoit? N’est-il pas évident que. cette sensibilité spéciale qu’un thermomètre accuse pour les divers rayonnements, l'œil doit la posséder doublement? Aux conditions physiques delà sensation se joignent celles qui dépendent du système nerveux.
Quant à ce qui concerne spécialement la chaleur obscure si abondante au delà du rouge, ajoutons que l'œil contient un liquide aqueux qui ne la laisse pas traverser. L’œil ne voit rien dans cette portion du spectre, par cette raison bien simple que rien ou presque rien n’arrive aux parties de l'organe qui ont pour rôle de recevoir la sensation. Cette explication a été mise hors de doute par M. Janssen, qui, étudiant le passage de la chaleur obscure à travers les milieux de l'œil, a reconnu que ces liquides out arrêté presque tout rayonnement bien avant que la réliue ne fût atteinte.
554 Ois. Conclusion. — Concluons donc que la chaleur rayonnante et la lumière qui se trouvent ensemble dans un rayon homogène ne sont pas deux rayonuemeuts qui cheminent ensemble, et tels que chacun, en arrivant, produit son action propre; mais bien que toutes deux sont dues à un rayonnement unique qui produit des effets différents, selon l’organe impressionné.
CM AI.KII K.