‹ Cours élémentaire de physique précédé de notions de mécanique et suivi de problèmesChapitre 192 sur 315 · AIMANTATION PAH LES COI H A N T S · texte numérisé non relu

AIMANTATION PAH LES COI H A N T S

Fig. 3S8.

s'appliquent ici sans la moindre modification, et prouvent que tous les courants doivent agir pour faire naître un pôle austral à la même extrémité de l’aiguille.

922. En réalité. Ampère, qui eut le premier l’idée de cette tentative, ne se servit pas du cadre dont nous venons de parler, mais il employa une disposition préférable dans la pratique. Un lil fut enroulé en hélice sur un tube de verre creux AB I/o/. 388) de petit diamètre, au milieu duquel on plaça, l'aiguille d'acier. Les tours de l’hélice enveloppaient ainsi de très-près l’aiguille, qui, dans ces conditions, s’aimanta plus fortement qu’elle ne l’eût fait si elle avait été placée au centre du multiplicateur. Le sens de l’aimantation, qui prend naissance, est du reste facile à prévoir quand ou connaît le sens du courant. Il suffit de s’appuyer sur ce principe déjà indiqué que le pôle austral se développe toujours à la gauche du courant. Dans le cas particulier de la figure, lu gauche du courant est celle même du lecteur : c’est donc de ce côté A que se formera le pôle austral. Dans tout autre cas, quel que soit le sensde l’enroulement du lil. que l'hélice soit, comme disent les mathématiciens, ou dextrnrmm ou sinistrorsum , il n’y a pas à s’en inquiéter : ce qu’il faut regarder, c'est le sens du courant; ce qu’il faut déterminer, e’est la gauche du spectateur placé dans la position indiquée par Ampère.

923. Point* conséquent*. — Bien n'est plus facile que de produire, par cette méthode, des points conséquents; il suffit d’enrouler le fil sur le même tube, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, afin que le courant change de sens plusieurs fois. La figure 389 représente une hélice- disposée de manière à produire un point conséquent au milieu A de l’aiguille. On voit, en effet, que le courant, qui entre par l’extrémité B du lil. tourne d’abord sa gauche du cûté'A. tandis qu’arrivé en A il change de sens, sa gauche est placée en sens inverse, et par suite tournée encore vers A. Les actions îles deux parties de l'hélice agissent alors (tour faire naître un pôle austral au milieu de l’aiguille; l'expérience montre en effet que la polarité s’établit comme l’indique la figure : il apparait à chaque bout un pôle boréal, et nu milieu un pôle austral.

92t. .tiniantntion «lu fer don*. — lin morceau de fer doux introduit dans l'intérieur d’une hélice formée par un lil conducteur acquiert, sms l’influence d’un courant, la même polarité magnétique que l'acier. Mais l'aimantation, au lieu d’être permauente comme dans cotte dernière s ih-

Kle. 389.

ELECTRICITE

stance, est tout à fait momentanée; elle ne persiste que pendant la durée du passage du courant. Dès que le courant cesse, toute trace de magnétisme libre disparait; de même, aussitôt que le fer doux est retiré de l’hélice, il ne donne plus aucun signe d’aimantation. Il est nécessaire toutefois, pour que le phénomène de désaimantatiou subite se manifeste, que le fer doux soit d'une excellente fabrication. Quand il est un peu carburé, il conserve assez longtemps une certaine quantité de magnétisme libre qu’on nomme dans ce cas magnétisme rémanent.

925. Éinrtru-nimant . — ('.elle propriété du fer doux, de s’aimanter et de se désaimanter par le fait du passage et de la suppression d’un courant, a été appliquée à un grand nombre d’usages. Habituellement, le iil de cuivre revêtu de soie qui conduit. le courant est enroulé directement sur le barreau de fer. S’il est assez long pour faire de I 500 à 2 000 tours, il produit, quand le courant passe, une aimantation momentanée, incomparablement plus énergique que celle que nous avons vue se manifester dans les aimants ordinaires.

Klg. 390.

En général, on donne à ces appareils, que l’ou appelle électro-aimonts, la forme dite en fer à cheval. Quelquefois, le barreau de fer est recourbé et ses deux branches sont disposées parallèlement l’une à l’autre ; mais le plus souvent il est formé de trois pièces distinctes; l’une d’elles, rectiligne et transversale, réunit les deux branches parallèles. Le (il métallique, recouvert de soie, est enroulé d’abord sur une des branches, puis, quand il a fait le nombre de tours voulu, il passe sur l’autre sans envelopper la partie intermédiaire. Il continue à s’enrouler sur la seconde branche dans un tel sens , que la nouvelle hélice formée soit comme la continuation de la première, et que le courant circulant dans le fil agisse d’accord dans toutes ses parties pour faire nuitre un pôle austral à l’un des bouts du barreau qu’on suppose alors redressé, et un [aile boréal à l’autre. Cette condition se trouve remplie en adoptant la disposition de la figure 390. qui représente un électro-aimant, sur les branches duquel nous n’avons dessiné qu’un petit nombre de tours, afin de bien faire voir la disposition indiquée. .On remarquera «pie le fil, en se rendant d’une branche à l’autre, croise l’intervalle qui est libre entre elles.

I,a figure 391 représente un électro-aimant analogue à ceux que l’on emploie d’habitude. En contact avec cet électro-aimant se trouve nne armature de fer doux, portant un plateau. Lorsqu'on fait intervenir le courant d'une forte pile, l'aimantation est si puissante, que l’électro-aimant peut supporter plusieurs centaines de kilogrammes, et dès que le courant

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