AIMANTATION PAH LES COURANTS
courant se trouve brusquement interroibpu aussitôt que les armatures sont en regard des électro-aimants. La roue cependant continue à tourner eu vertu de la vitesse acquise, et le courant se rétablit lorsque la rotation a amené les plaques de fer doux dans le voisinage de nouveaux électroaimants. C’est la machine elle-même qui établit ou rompt, quand il le faut, les communications avec la pile.
929. Chaleur consommée par le travail dea éleetro-moteure. — Le
travail, que ces machines exécutent, prend sa source daus les réactions chimiques qui engendrent le courant, et la chaleur, mise en liberté par ces réactions, se consomme à mesure que le travail s’accomplit. A un travail de 430 kilogrammètres correspond la dépense d’une unité de chaleur. Ce résul- » tala été établi par des expériences directes de M. Favre. Deux calorimètres, semblables à celui de la ligure 393, reçoivent dans leur moufle M, l’un une pile, l’autre une machine électro-maguélique qui sont en rapport pardestils
extérieurs assez gros pour ne pas s’échauffer. Quand le courant fait mouvoir la machine sans qu’il y ait aucun poids soulevé par elle, la chaleur totale, donnée par la dissolution du zinc, se retrouve tout entière dans les deux calorimètres sans aucune perte, à savoir 18 unités par équivalent de zinc dissous; mais dès que la machine, en tournant, fait monter un poids, la quantité de chaleur dégagée diminue, et la perle est de 1 calorie pour environ 430 kilogrammètres de travail exécuté. Donc, l’équivalent mécanique de la chaleur, se retrouve encore ici exprimé par le nombre 430, comme dans les expériences de M. Joule décrites au g 494.
930. Appréciation de ce» machines. — Ces résultats permettent d’apprécier nettement les machines électro-motrices au point de vue industriel, et de dire qu’au prix de revient de l’électricité, une force même coûteuse est encore plus économique que celle qui provient du passage d’un courant. Compare-t-on les machines à vapeur et les machines élec-
ELECTRICITE
tro-magnétiquea, on peut exprimer très-simplement leur vdleur relative en disant : qu’en définitive le travail dû à l'électricité a pour origine la combustion du zinc, tandis que celui qu'engendie la vapeur d’eau |>rovient de la combustion du charbon. Or, en tenant compte des quantités des deux combustibles qu’on consomme pour créer une même quantité de travail, il n’est pas douteux qu'il n’y ait une économie considérable à s’en tenir encore à l’emploi de la houille.
En outre, jusqu’à ce jour, les machines électro-magnétiques sont si lourdes, que pour obtenir la force dite d’un cheval-vapeur, on serait obligé d’employer un appareil pesant 800 kilogrammes, poids effrayant et qui, dans un grand nombre de circonstances, empêcherait d’employer l’électricité comme moteur, même si elle était à bas prix.
Les machines dont nous discutons la valeur, ont un grand intérêt au point de vue théorique ; elles apportent une preuve de plus à l’appui de cette idée d’une corrélation intime des forces physiques en montrant la conversion de l'électricité en travail mécanique. Quant à leur importance pratique, elle est bien restreinte; elles ne sont guère utilisées que dans les cas, peu nombreux, oü il s’agit de faire marcher, avec une grande régularité, des instruments de précision exigeant du faibles efforts. M. Froment dans ses ateliers a su tirer ingénieusement parti de ces machines électromagnétiques qu'il construit avec une grande habileté; mais ce n’est pas à cause de leur puissance qu’il les emploie, c’est en raison de la vitesse et de la régularité de leur marche. Dans l'étal actuel de la science, on peut affirmer que c’est perdre son temps que de vouloir convertir l’électricité en un moteur d’une grande puissance; pour qu’elle pùt être utilisée avec profit, il faudrait que le courant fût produit moyennant une dépense vingt-cinq à trente fois moins considérable que celle qui est nécessaire aujourd’hui.