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TÉLÉGRAPHES ÉLECTRIQUES

931. Le courant, qui est un moteur si médiocre quand on veut lui faire exécuter un travail puissant, présente dans des circonstances spéciales des avantages qui n'appartiennent à aucune autre force motrice. A plusieurs centaines de kilomètres de la pile, il peut mettre en mouvement certains mécanismes, et un simple fil suffit pour transporterait loin lu force produite à l’endroit même où l'électricité s’élabore. Il y a mieux : comme la force est transmise avec une vitesse considérable, le courant voltaïque est

(*) Il est difncile de dire le nom de l'Inventeur du télégraphe. Sceminering est le premier qui ait pensé A se servir du courant pour la transmission des dépérîtes; Il utilisait les décompositions chimiques Ampère vint ensuite et proposa le galvanomètre. WheaLstone, Steinheil ont, les premiers, construit des télégraphes qui fonctionnaient régulièrement.

Fig 39 t.

TELEGRAPHES ELECTRIQUES. 523

éminemment propre à transporter avec promptitude tels signaux qu’il plaira d’expédier. Les appareils construits dans ce but se nomment (étégraphes électriques. •'

L’ensemble d’une ligne télégraphique comprend : I" une pile; 2° des fils métalliques communiquant avec les deux stations; 3’ un appareil destiné à recevoir les signaux et que l’on nomme récepteur ; A” lia appareil mis en mouvement par l’employé qui est chargé de transmettre les dépêches, c’est le manipulateur.

932. Principe du télégraphe électrique. — Le récepteur des .télégraphes électriques em- ,

ployés en France, se com- > ’V "ï\

pose d’un électro-aimant E (fig. 394) et d’une armature de fer doux A . qui est tenue par un ressort antagoniste R à une petite distance des pôles de l’électro-aimant. A l’une des stations, se trouve une pile dont le courant' peut être conduit par les fils PF et NF’ jusqu’à l’électroaimant place à l’autre station. La pile par exemple est à Paris, et l’électroaimant à Marseille.

Lorsque le courant passe, l’armature est attirée et s’avance malgré le ressort antagoniste, qui est trop faible pour s’opposer à ce mouvement. Si à Paris on vient à rompre le courant (et il suffit pour cela de détacher du pôle P le fil PF qui y était uni), l’aimantation cesse, et le fer doux sollicité par le ressort antagoniste s’écarte de l’éleclro-aimant. Un nouveau passage et une nouvelle interruption du courant, reproduiront les deux mêmes mouvements à la volonté de l'opérateur. Il est donc facile d’imprimer un va-et-vient continu à une armature de fer doux placée à distance, et ces mouvements alternatifs, convenablement combinés eu durée et en nombre, pourront donner tous les signaux, comme nous allons le montrer un peu plus loin.

933. Communication nrcc la terre. — Mais, avant d'entrer dans les détails de construction,

line nouvelle idée est importante à noter dèsàprésent. L’expérience a montré que pour faire circuler le courant dans l’électronimant, il n’est pas nécessaire d’employer deux fils ; un seul suffit. Enlevons eu effet le fil NF' et mettons en communication avec la terre les points F' et N de la pile et de leleclro-aimant ainsi séparés,

ELECTIUCITK.

técépleur de Morse est vertical, et l’armature A est fixée à un levier U/, qui est mobile autour d'un axe horizontal O, et auquel s’attache le ressort

l'appareil fonctionnera tout aussi bicnqu’auparavant : le fil PF employé seul permet au courant de circuler dans l’électro-aimant. Il est aisé de s’en rendre compte. Le pôle positif de la pile est en communication avec le sol par l’intermédiaire du fil de ligue PF et du fil FF' de l’électro-aimanl. L’électricité, développe à ce pôle, provoque donc un courant dans le fil, comme le lait toute source d’électricité le long du conducteur qui la met en rapport avec la terre (081). L’électricité [msilive, que la pile en activité fait affluer toujours en P, détermine un mouvement continu d’électricité positive qui se dirige de ce pôle vers T', et par suite un mouvement d’électricité négative en sens inverse.de sorte qu’un courant se propage suivant P, F, F', T. Le résultat est important dans la pratique par l'économie qui eu résulte: le fil NF’, qui devait avoir la longueur de la ligne télégraphique, se trouve remplacé par quelques mètres de fils FT et NT. Mais il faut que T et T' soient en communication intime par de larges plaques avec un sol constamment humide ou mieux encore avec l’eatt d’un puits.

Ù34. Télégraphe de Home. — Récepteur. — L’éleclro-aimaul E du

TKI.KIî H A l'H KS KI.KCTIt IQI KS. ii'.i

antagoniste H. L'extrémité Lde ce levier se trouve limitée «laits ses motive- * ments par les pointes de «leux visV, V'. entre lesquelles elle est comprise; l’autre extrémité I/, appuyée contre un ruban «le papier PI**, se relève quand le courant passe et que l’armature A est attirée; en se relevant elle met le ruban PP' en contact avec la tranche «l’nne roue ou molette M, toujours chargée d’encre grasse «jui alors laisse une trace noire sur le papier. Mais le papier n’est pas immobile; il reçoit un mouvement à l’aide de deux cylindres rugueux C et C', entre lesquels il est serré et «pii tournent par un mouvement d’horlogerie : entraîné par Ce mouvement, il avance avec une vitesse constante. D’après cela, si le courant persiste pendant quelque temps, une longueur notable de la bande de papier passe en frottant contre la molette et un trait noir de 2 ou 3 millimètres se trouve marqué. Si, au contraire, le courant ne dure que pendant tu) temps très-court, le trait marqué aura une moindre longueur, il deviendra comparable à un point. L’employé chargé de transmettre la dépêche pourra donc, en envoyant le courant dans le fil de la ligne, pendant des intervalles de temps convenables, faire tracer, à son gré, par l’armature de l’éleetro-aimant placé à la station «l’arrivée, des lignes noires de différentes longueurs, et de plus espacer ces lignes comme il le jugera à propos. Dans la pratique, on n’emploie comme éléments des signaux que deux longueurs différentes : le point et la barre; le premier, le point, se repré* sente par un petit trait qui est le tiers de la barre en longueur. — Voici le tableau des signaux «|ui expriment les lettres dans les correspondances internationales auxquelles le télégraphe de Morse est employé dans toute l’Europe :

52fi ÉLECTRICITÉ.

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