ACTION UES COURANTS SUR LES COURANTS
944. Historique. — A peine l’expérience d’ÛErsted est-elle connue, qu’Ampère, avec une sagacité merveilleuse, voit de suite qu’il est légitime d’en conclure, que deux courants exercent l’un sur l’autre des actions mutuelles, qu’ils s’attirent ou se repoussent selon les positions relatives qu’ils occupent, selon la forme qu’ils affectent. Moins de six mois après la publication d’OErsted, dans l’année 1820 elle-même, il présente à l’Académie des sciences de Paris un mémoire où se trouvent consignés la plupart des résultats que nous allons faire connaître. Pendant les années qui suivirent, il s'occupa de coordonner l’ensemble des phénomènes qu’il avait décou-
t>34 ÉLECTRICITÉ.
verts ut de déterminer le sens et la grandeur des forces mises en jeu, d'abord dans les «sis les plus simples, ensuite dans les circonstances où la forme d«*s conducteurs rendait les calculs difliciles.
945. Courant mobile. — Les dispositions, données aux courants dans les chapitres qui précèdent, ne permettent pas de rendre manifestes leurs actions attractives ou répulsives. Deux fils, traversés chacun par un courant et posés l'un à côté de l’autre, ne prennent généralement aucun mouvement à cause de leur peu de mobilité. Ampère, persuadé toutefois que des
actions s’exerçaient, inventa des dispositions qui rendirent lescoiirauts trèsmobiles.
Parmi les appareils employés , nous choisirons celui que représente la ligure 406. Il consiste en un rectangle formé par un (il de cuivre, dont les extrémités se redressent et se terminent en crochets plongeant daus de petites coupelles pleines de mercure. Le crodiet supérieur A , terminé par une poiute d’acier, pose seul sur le fond de la coupelle qui lui correspond , et le rectangle , Fig. 406. ainsi soutenu par un point
unique, est très- mobile autour d'un axe vertical qui partage le rectangle en deux moitiés également pesantes. Ln mobilité est encore augmentée, parce que la pointe repose sur un petit disque de verre ou d’agate fixé au fond de la coupelle.
La coupelle supérieure est mise en rapport avec le pôle positif d’une’ pile, la coupelle inférieure avec le pôle négatif. Le courant circule daus le rectangle : il va de la coupelle au mercure, ensuite il se rend à la pointe, puis suit la route ABCDEFGH1K, et revient à la coupelle inférieure. La communication avec les pôles s’établit au moyen des pinces à vis K, K’, fixées à la base des colonnes L, L’ qui portent les coupelles.
945 bis. Commutateur. — 11 est bon de pouvoir changer le sens du courant qui circulcdans le rectangle ; on y parvient aisément en intervertissant les fils de la pile et en les reliant le pôle positif avec K', le |R>le négatif
ACTION IIKS COCHANTS SOH LES COCHANTS
Ci*. 101.
avec K : niais des appareils plus commodes, appelés commutateurs , rendent ce changement plus facile à exécuter. Déjà Ampère avait imaginé un commutateur; depuis on en a inventé un grand nombre d'antres; voici celui que M. HuiunknrfT
construit de préférence. f — — ;fi ,
Deux bandes de métal V et V {fig. 407), qui ne se touchent pas, sont appliquées sur toute la longueur d’un cylindre d’ivoire. chacune d’elles enveloppant uu peu moins que la moitié du contour latéral de ce cylindre Bqui peut tourner autour d’un axe métallique ab interrompu en son milieu.
L’une de ces bandes communique par une vis v avec b, l’autre par la vis v avec a, et par un déplacement convenable autour de l’axe donné au moyen du bouton isolant!, toutes deux sont pressées par lesressortsde métal Bel C.
Cet appareil se dispose de la façon suivante : a est mis en communication avec le pôle positif de la pile, b avec le pôle négatif, le ressort B avec K. le ressortC avec K' (945). Tourne-t-on le cylindre de sorte que V' louche le ressort B et que V touche le ressort C, le courant va suivant la route PaV'BK, circule le long du rectangle et revient en K' VLAN. Fait-on faire un demi-tour au cylindre, le courant passe de a en R', marche dans le rectangle en sens contraire du sens précédent et revient par K en N. Met-on l’appareil comme le montre la figure, le courant est interrompu, car les ressorts ne touchent plus les bandes métalliques.
946. Premiers phénoméaes. — Avec le courant mobile décrit au §945, on constate les phénomènes suivants, sur lesquels nous établirons, comme sur une base fondamentale, tout ce qui va suivre.
1° Les courants parallèles et dirigés dans le même sens s'attirent.
2® Les courants parallèles et dirigés en sens contraires se repoussent.
3* Deux courants, qui font un angle, s’attirent s'ils marchent tous les deux vers le sommet de l’angle, ou bien encore si tons deux s'éloignent de ce sommet.
4® Deux courants, qui font un angle, se repoussent, si l’un d’eux s’approche du sommet de l’angle et que l’autre s’en éloigne.
La figure 408 est la représentation des deux cas où la répulsion a lieu. La figure 408 bit met sous les yeux les trois cas où l’attraction se produit.
336 ' ' [ÉLECTHICITÉ.
Pour les courants, i|ui font uu angle, niais qui ne sont pus dans le même plan, les deux dernières propositions subsistent, à la condition de considérer, à la place du sommet de l'angle, la perpendiculaire commune aux deux directions des courants. Ainsi deux courants se repoussent quand l'un s’approche de la peqiendiculaire (commune et quand l’antre s'en éloigne.