DE LA VISION
fait usage pour l’étude de la lumière; ces milieux présentent un ensemble invariable ou presque invariable dans la disposition- de leurs parties, et il est presque aussi facile de suivre les phénomènes qui s’y accomplissent que si l’organe n’était pas actuellement sous l'inlluence de la vie.
Toutefois, quelle que soit la puissance des raisons qui nous entraînent à prendre l’œil comme objet de celte étude, nous n’oublierons pas que notre seul droit est de nous occuper des conditions physiques de la vision. Les conditions physiologiques de la sensation sont entièrement hors de notre compétence. Ainsi, dès que la lumière sera venue en contact avec le nerf chargé de transmettre les impressions au cerveau, nous nous arrêterons en laissant aux physiologistes le soin de compléter la solution du problème et d’étudier l'espèce de conflit qui a lieu entre la rétine et le sensorium.
1275. Description «le l’œil. — C’est Kepler qui, le premier, à la tin du seizième siècle, a reconnu la marche véritable que la lumière suit à travers les milieux de l’œil. Peu de temps après la découverte de la chambre noire, il trouva que l’organe de la vue était un appareil optique où se trouvaient réalisées les conditions que Porta avait ingénieusement combinées pour obtenir l'image des objets extérieurs. Les travaux que l’on a laits depuis sur ce sujet, ont prouvé, eu outre, qu'aucune des chambres uoires exécutées par les physiciens n’approchait, pour la |>erfectioii des résultals obtenus, de celle qui se trouve réalisée dans le globe oculaire.
Cette chambre a ses parois constituées par une membrane fibreuse S I fig. 625) nommée sclérotique, qui est opaque, sauf dans la partie antérieure de l’œil T où sa transparence lui a fait donner l,e nom de cornée transparente ; par opposition, le reste de la sclérotique est souvent appelé cornée opaque. Enchâssé derrière la cornée transparente, le cristallin C représente la lentille convergente de la chambre noire de Porta; il se trouve enveloppé d'une membrane transparente formanL une sorte de poche : la capsule du cristallin. L’action qu'il exerce pour former l’image se combine avec celle des deux liquides qui le baignent : l’un d’eux, Vhutneur aqueuse, occupe l’intervalle compris entre le cristallin et la cornée transparente; le second, le corps vitré , substance gélatineuse, remplit tout l’espace libre entre le cristallin et le fond de l’œil. Enfin, l'image des objets extérieurs qui est produite par la transmission de la lumière à travers ces milieux réfringents, ne tombe pas sur les parois de la sclérotique qui sont insensibles, elle est reçue par une membrane nerveuse, la rétine H,
OPTigl'E.
<|iii tapisse le fond de l’œil. Formée par line expansion du nerf opiiqueji, celte membrane est un écran dont toutes les parties possèdent une sensibilité exquis*' pour la lumière; et, sans entrer dans 1a question physiologique, nous pouvons dire que les actions exercées en des points différents atteints par la lumière, se transmettent, sans confusion, jusqu’au centre nerveux .
Au point de vue optique, les partir a de l’oeil que nous venons de décrire sont les plus essentielles; mais il en est encore d’autres qui servent à la perfection de l'organe. Ainsi, derrière la tétine, une membrane, la choroïde, est recouverte d'un pigment noir qui absorbe la lumière et em|>êche les réflexions intérieures : cette membrnne, très-vasoulnire, sert d’ailleursà la nutrition de l’organe. Au-devant du cristallin, un diaphragme à ouverture variable II' permet à la lumière de pénétrer avec plus ou moins d’altondance : il est formé par une membrane contractile, l’im, que tout le monde peut distinguer à travers la cornée transparente : c’est elle qui donne aux yeux la couleur bleue, grise ou noire variable d’un individu à l’autre. L’ouverture de ce diaphragme, qui correspond à la partie centrale de l’iris, prend le nom de pupille.
127t). Marche de la lumière à travers lea milieux de l'œil. — U
marche de la lumière à travers l’œil est facile à suivre, si l’on se reporte à la théorie des milieux terminés par des surfaces courbes. Considérons, par exemple, un objet AB ifig. C26) : de chaque point de cet objet, du point A,
Fig. 6îfi.
si l’on veut, partent des rayons divergents qui viennonL tomber sur In cornée transparente, tut certain nombre de ces rayons pénètre dans l’œil. An passage de l’air dans la cornée et dans l’humeur aqueuse, ces layons, de divergents qu’ils étaient d’abord, deviennent convergents et leur convergence augmente encore après qu’ils ont traversé le cristallin dont le pouvoir réfringent est supérieur à ceux des milieux qui l'entourent. Ces rayons vont alors se réunir sur la rétine en A’ où ils forment un foyer conjugué du point A. Il eu est de même pour tous les points de l’objet, et l'ensemble do tous ces foyers conjugués constitue une image A B’ réelle et renversée de cet objet.
1277. I.rs Images se peignent nr la rétine renversée*. — Ainsi les images se peignent sur la rétine, et elles sc peignent renversées;