‹ Cours élémentaire de physique, suivi de problèmes (volume 2)Chapitre 114 sur 150 · LOI DE NEWTON · texte numérisé non relu

LOI DE NEWTON

dp l’œil, a reconnu que les liquides qu’il renferme arrêtent les radiations de ce genre bien avant que la rétine ne puisse être atteinte par elles.

I.a seconde objection se résout aussi aisément : il faut remarquer en effet que l’œil, comme tous nos organes, ne doit pas servir d'instrument de mesure à des actions d’espèces différentes; car sa sensibilité pour les divers rayons peut ne pas être la même. Ce que nous avançons d’ailleurs n’est pas une simple hypothèse : il n’est pas rare de trouver des individus parfaitement sains dont la vue ne perçoit pas ou perçoit mal certaines couleurs; et dans certaines maladies la rétine transmet des impressions tout autres que dans les conditions de la santé, quoique l’agent extérieur qui les produise demeure le même. Ce résultat se conçoit au reste très-bien, et même se déduit comme conséquence nécessaire de toute la théorie de la chaleur rayonnante; ne sait-on pas, en effet, que deux rayons, qui agiraient identiquement avec la même puissance sur un thermomètre recouvert de noir de fumée, produisent des actions ralori- (iqups bien différentes sur un thermomètre enduit d’un corps qui absorbe avidement l’nn d’eux, et réfléchit l’autre complètement? Semblablement sur la rétine, deux rayons doivent agir chacun selon son espèce et chacun selon la nature de la surface qui les reçoit? Cette sensibilité spéciale qu’un thermomètre accuse pour les divers rayonnements, l’œil doit la posséder doublement : aux conditions physiques se joignent les conditions physiologiques de la sensalion.

544. Conclusion. — Concluons donc que la chaleur rayonnante et la lumière qui manifestent simultanément leurs effets dans un rayon homogène ne sont pas deux rayonnements qui cheminent ensemble, et tels que chacun, en arrivant, produit son action propre ; mais bien que toutes deux sont dues un rayonnement unique qui produit des effets différents, selon l’organe impressionné.

DKS V A K I V T I O S S DK TKMPÉRATURK g t! K SUBIT U.X CORPS FN RAYONNAKT DF. I.A CHAI. K U K

545. i.oi de Newton. — Newton a été amené par des considérations mathématiques à découvrir la loi suivant laquelle s’abaisse la température d’un corps qui se refroidit : Les abaissements de température que subit un corps pendant l'unité de temps, varient proportionnellement aur excès de la température de ce corps sur celle du milieu environnant.

On démontre aisément cette loi par l’expérience. Il suffit d’observer deux thermomètres (fig. ‘222), l’un T marque la température du milieu environnant, soit 15*; l’autre T', placé à quelque distance et èchauf.é d’avance, se refroidit. On noie la température " J ~ "7 ~J~ de T' à un moment donné, soit 25“ : l’excès de

température est donc 10°. Après une unité de i , temps, on note de nouveau la température de T'

et on trouve qu’elle s’est baissée de 0®,44 : ainsi pour un excès de 10“ l’abaissement de tenipèrau ture pendant l’unité de temps est égale à 0*’,44. •. On répète les mêmes observations, quand le

lhennomètre ne marque plus que 20", c’est-àdire quand l’excès de température est réduit à 5° ; et l’on trouve au bout de l’unité de temps un abaissement de température égale à 0",22. Ces deux expériences démontrent la loi : quand l’excès de la température du thermomètre sur celle de l’enceinte est devenu la moitié de ce qu’il était d’abord, l’abaissement de température que ce thermomètre a subi pendant l’unité de temps, a été aussi moitié moindre.

546. Mais comme au $ 539 une objection peut être faite : dans le cours de chaque expérience, l’excès a été constamment variable. Dans la première, il a été décroissant pendant l’unité de temps depuis 10 jusqu'à 1 0° — 0“,44 =9 ',56. 011 11e peut donc pas dire que l’abaissement de température 0U, 44 soit celui qui correspond à 10°, car successivement, l'excès a passé de 1 0“ à 9°, 56 par tous les intermédiaires. Ce nombre 0“,44 conviendrait réellement à un excès compris entre les deux extrêmes. En acceptant pour excès constant leur moyenne, qui est 9,78, on commettra encore une erreur; mais l’erreur commise sera d’autant plus négligeable que la différence de l’excès initial et de l’excès final sera plus petite. Il en est de même des résultats obtenus dans la seconde expérience et 0,22 sera pris pour l’abaissement de température correspondant à l’excès moyen 4,89. — Du reste, en comparant le rapport de ces excès moyens et celui des abaissements de température correspondants, on trouve, comme on doit s'y attendre, que la loi de Newton est encore vérifiée : on

a en effet égalé

Par ce changement dans le calcul du refroidissement, nos résultats ne sont donc pas modifiés, et nous eussions pu négliger de faire ici la correction indiquée ; mais cette correction sera nécessaire dans les circonstances où l’on voudra obtenir la valeur de l'abaissement de température

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