‹ Cours élémentaire de physique, suivi de problèmes (volume 2)Chapitre 116 sur 150 · CONDUCTIBILITÉ · texte numérisé non relu

CONDUCTIBILITÉ

551 . Notions préliminaire* — L'expérience nous a appris que lorsqu’un corps émet de la chaleur, ce ne sont pas seulement les molécules de sa surface extérieure, qui contribuent à la production du phénomène, mais encore les molécules sous-jacentes plact*es à une profondeur sensible, dans la masse même de la substance. Il a paru bien probable que celle propriété d’un rayonnement particulaire de la chaleur devait appartenir également ù toutes les molécules qui forment le corps, aux plus profondes comme aux plus voisines de la surface. Les faits observés s’accordent parfaitement avec cette hypothèse. D’une part, tous les corps de la nature laissent la chaleur se propager peu à peu dans leur masse, souvent à une assez grande distance des points où ils la reçoivent ; et dans ce cas, réchauffement des molécules successives a lieu après des intervalles de temps très-appréciables, ce qui ne permet pas de confondre ce phénomène avec celui de la transmission directe par voie de diathermanéité. D'autre part, nous montrerons tout à l’heure, qu’en traduisant en calcul cette idée d'un rayonnement de chaleur s'effectuant dans l'intérieur des corps, suivant les mêmes lois qu’à l’extérieur, on est arrivé à des résultats que l'expérience a vérifiés. C’est celte perméabilité intérieure, que les différentes substances possèdent à des degrés différents, qu’on a nommée conductibilité calorifique.

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552. La conductibilité des solides varie beaucoup d’un corps à l’autre. Tandis qn'nn peut impunément tenir, entre les doigts, un morceau de

CHALEUR

bois sec de quelques centimètres de longueur, quoiqu'il soit enflammé A l'une de ses extrémités, on se brûlerait infailliblement, si on saisissait une barre de fer, û une petite distance du point où elle est portée à la chaleur rouge.

555. Appareil d'ingentinaz — Un appareil dû à Ingenliouz montre clairement l’aptitude inégale des différents corps à laisser la chaleur pénétrer dans leur masse. Il peut môme servira établir une classification des diverses substances, au point de vue de leur conductibilité plus ou

nioins parfaite. Cet apjtareil se compose (fiç. 225) d'une caisse rectangulaire M de métal, dans l'une des parois de laquelle sont implantées des tiges c.vlin- Fis- ii'1- driques de môme section

a, a, formées chacune d’une substance différente : l’argent, le cuivre, le fer, l’étain, la porcelaine, le bois, etc. On commence par plonger toutes ces tiges A In fois dans un bain de cire fondue, on les retire ensuite poulies laisser égoutter, de manière à ce qu'il reste après le refroidissement une mince couche de cire à leur surface. Si l’on remplit alors d eau bouillante la caisse M, on voit la cire fondre peu à peu à la surface des tiges et former finalement un bourrelet extrême, qui indique, par sa position, la distance à laquelle, pour chacune d'elles, la fusion du corps gras s’est opérée. La cire fond sur toute l'étendue de la tige d’argent, dont la longueur est de 1 5 centimètres, et se conserve à peu près tout entière à l’état solide sur la tige de bois; elle fond sur les tiges intermédiaires, A des distances différentes.

L'influence exercée par le rayonnement de la paroi métallique de la caisse ne change pas les résultats, quand on se borne à déduire simplement de l'expérience, la distribution des corps en série, d’après leur plus ou moins grande conductibilité; car, cette influence étant exactement la même sur toutes les tiges, la limite de fusion de la cire ne peut dépendre que de l’inégalité des pouvoirs conducteurs.

554. Définition dn coefficient de conductibilité. — Deux plaques, chacune de surface égale A 1 et d’épaisseur égale A 1, ont leurs faces su périeures, par exemple, maintenues rigoureusement à une température constante, la même pour toutes deux pendant la durée de l’expérience, et les faces inférieures A une autre température qui diffère de 1" de la première. S'il en est ainsi, A travers chacune d’elles il doit passe par

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