‹ Cours élémentaire de physique, suivi de problèmes (volume 2)Chapitre 23 sur 150 · PRINCIPE D'ARCHIMÈDE · texte numérisé non relu

PRINCIPE D'ARCHIMÈDE

lance hydrostatique. Cette balance porte une crémaillère K et un pignon I* qui sert à l’opérateur pour élever ou abaisser à volonté les lléaux et les bassins. On commence par faire descendre tout le système de manière que le cylindre massif soit exactement immergé dans l’eau d’un vase placé au-dessous de lui, pendant que le fléau tenu à la main est astreint à demeurer horizontal. On marque, à cet instant, la position du doigt il sur la crémaillère afin de pouvoir revenir plus tard à cette position initiale. Le Hèau est ensuite relevé pour qu’il n’y ait plus immersion du corps solide que l'on essuie avec soin, et, par une tare convenable placée dans le bassin de gauche de la balance, on fait équilibre dans l’air au poids des deux cylindres. — Que, par le mouvement du pignon, on abaisse de nouveau le lléau et ses annexes pour les ramener à leur position initiale, l'équilibre sera détruit, et la balance penchera du côté de la tare, parce qu’une portion du cylindre <’/ plonge dans l’eau. C’est à ce moment de l'expérience qu'on constate que, pour rétablir l'équilibre, il faut remplir exactement d'eau le cylindre creux. D’où cette conclusion : la poussée de bas en haut sur le corps immergé est égal au poids du volume d’eau introduit dans le vase C et par suite au poids du volume d'eau déplacé par le cylindre massif.

87. tonw^qncnoet» du principe d’ArchlniCdr — Tout corps immergé est donc soumis à deux forces de sens contraire : l'une, son poids, agissant de haut en bas et appliquée à son centre de gravité C. ; l’autre agissant de bas en haut, la poussée, qui, d’après sa définition , passe par le centre de gravité du volume du liquide déplacé. Trois cas peuvent se présenter :

I" Le poids du corps peut être supérieur au poids d'un volume égal de liquide, ou, ce qui revient au même , le poids est [dus grand que la poussée. Alors il n’y a pas d’équilibre possible pour le corps dans l'intérieur du liquide; la résultante des forces qui le sollicitent doit l'entraîner an fond. 2“ Le poids peut être égal à la poussée ; dans ce cas , si le corps est homogène, le centre de gravité et le centre de poussée se confondent \f\g. 49), et l'équilibre a lieu, quelque position qu'on donne au corps.

S'il est hétérogène, il faut, pour l’équilibre, que les centres de gravité et de poussée soient sur une même ligue verticale (fig. 50) ; en outre , l'équilibre est instable si le centre de gravité est au-dessus du centre de poussée ; stable s il est au-dessous. 5“ Enfin le poids du corps peut être plus petit

Fig. la.

(îi) HYDROSTATIQUE.

que la pousséo; alors le corps s’élève au sein de la masse liquide, il devient llnttaut el demeure immergé d’une quantité telle que le poids du volume de liquide déplacé soit égal au poids de ce corps. Seulement, il est très-important de remarquer que dans ce dernier cas, pour les corps homogènes, le centre de gravité et le centre de poussée ne se confondent plus.

88. Prenons comme exemple une poutre de bois qui flotte sur l’eau et dont la forme est celle d’un parallélipipède reetangle. Le centre de gravité de la poutre est, nous le savons, en G (fig. 51) au point de rencontre des diagonales ; le centre de poussée est en 0, centre de gravité du parallélipipède immergé ; le point 0 est donc nécessairement au-dessous de G. Il faudra, dans tous les cas, pour l’équilibre, que les deux points soient situés sur la même verticale, et la stabilité sera d’autant plus grande, quand il s'agira d’un corps hétérogène, que G sera situé plus bas. C'est pour ce motif que dans les navires, les corps les plus lourds et le lest sont placés dans la cale.

Fie. 50.

8!l. Mais ce qui distingue le cas que nous étudions de celui du corps complètement immergé, c’est qu’ici l'équilibre peut, dans certains cas, être stable quoique le centre de gravité soit au-dessus du centre de poussée. La poutre flottante que nous venons de citer en est un exemple. Kn effet, si 1 on dérange cette poutre, d’une petite quantité, de sa position d’équilibre (fig. 52), si on la fait pencher vers la droite par - exemple, le liquide déplacé change de forme. Par suite, le centre de poussée o se porte du côté vers lequel la poutre s'incline; tandis que le centre de gravité G, qui est invariable de position dans le corps, se relève et tend dès lors à ramener la poutre à sa position initiale.

tHt. I ne expérience qui se rattache au sujet que nous traitons en ce

lit

POIDS SPÉCIFIQUES, moment, permet du donner une vérification expérimentale d un principe fondamental de mécanique, le principe de l’égalité de I action et de la réaction. Un vase de verre V en pallie plein d’eau (fiij. 55) est posé sur l'un des plateaux de la balance hydrostatique; et on lui fait équilibre par une tare convenable, placée dans l’autre bassin. Le niveau actuel du liquide est indiqué par un index Z collé à l’extérieur du vase.

Si l’on vient à immerger complètement dans cette eau, un cylindre de cuivre G, soutenu par un support fixe distinct de la balance, l’expérience montre que le fléau penche du côté du vase et que, pour rétablir l'équilibre, il faut, avec une pipette, enlever de V un volume d’eau égal au volume du cylindre G, c’est-à-dire ramener le liquide à son niveau primitif Z. Or, nous savons déjà, par le principe d'Archimède (84), que le cylindre immergé éprouve, de bas en haut, une poussée verticale égale au poids du volume de liquide déplacé.

Gette poussée provoque une réaction en sens contraire de la part du cylindre, réaction qui est bien égale à l’action, puisque nous venons de voir quelle détermine, du côté du vase V, comme une augmentation de poids égale en grandeur au poids de ce volume d’eau dont le cylindre a pris la place.

1*0 1 us srécinnuK s

fil . Pold« spécifique» de» nirp» — Les corps de nature diverse pris sous le même volume, possèdent des poids très-différents. La question des corps flottants (88), entre autres, nous a montré combien il importe de connaître exactement la valeur du rapport du poids d’un corps au poids d'un égal volume d'eau. C'est ce rapport qu'on nomme poids spécifique.

S'il est ('gai à Ü, 5, 4, ci'la veut ‘dire que, prise sous le même toluine, la substance en question pèse 2, 5, 4 fois autant que l'eau.

Celle dèfiiiilion est acceptée par les physiciens de tous les pays; eu France, toutefois , ou en donne souvent une autre qui a sa raison d’être dans l'adoption du système métrique. Comme chez nous, c'est le poids de l’unité de volume de l’eau à 4" qui est l’unité de poids, on peut dire : Le poids spécifique d’un corps est le poids de l'unité de volume de ce corps. En effet, si le poids spécifique d’un corps est 4, cela signifie, d’après la première définition, qu'à volume égal, le corps pèse 4 fois autant que l’eau, d’où il est aisé de conclure qu'un centimètre cube de ce corps pèse 4 grammes. Ce nombre 4 exprime donc le poids spécifique tel qu’il a été défini soit en premier, soit en second lieu. Si D est le poids spécifique, V et P le volume et le poids d’un corps, on aura par suite la relation : P = VI), dans laquelle, il ne faut pas l'oublier, P et V doivent toujours être exprimés en unités correspondantes; si V est mesuré en centimètres cubes, P sera évalué en grammes; si V est évalué en décimètres cubes, P le sera en kilogrammes, etc.

Un appelle, eu mécanique, densité d’un corps la masse de ce corps pris sous l’unité de volume. D'autre part, d'après la définition même du mot masse, on arrive à cette conséquence que les poids spécifiques des corps sont proportionnels. à leurs densités. C’est cette proportionnalité qui lait que, dans le langage ordinaire, ou emploie souvent les deux termes l'un pour l'autre, quoique, au fond, leur signification soit différente.

Lu formule P = VI) est très-fréquemment employée; elle permet , en particulier, d'obtenir le volume d’un corps irrégulier, quand ou connaît son poids absolu P et son poids spécifique 1); car on a alors V = ().

On en tire encore D = y, d’où cette autre définition ; le poids spécifique est le rapport du jioids d’un corps à son volume. Il ne faut pas oublier que, dans ce cas, le poids et le volume sont représentés par des nombres abstraits.

!I2. Détermination de» poids spécifique» de» solides et des liquide».

— Nous déduisons de ce qui précède que la mesure des poids spécifiques nécessitera toujours deux déterminations ; 1“ le poids du corps , ‘2° son volume à une température déterminée, 0" par exemple, ou ce qui revient an même le poids d'un volume égal d’eau à 4° ; car, pour l’eau prise à Cette température, le nombre qui donne le poids exprime en même temps le volume. Le quotient de ces deux nombres sera le poids spécifique cherché.

Nous nous occuperons uniquement dans ce chapitre des poids spècili-

POIDS SPÉCIPKJOKS.

ques des solides et des liquides, en supposant toujours le corps à II", et l’eau à 4". Comme ces conditions de température sont difficiles;'! réaliser dans le cours des opérations , on ne cherche pas à les produire dans les expériences. Seulement, les nombres obtenus doivent subir des corrections que nous apprendrons à faire dans le livre de la Chaleur. — Trois méthodes peuvent être employées pour la recherche des poids spécifiques ; i“ la méthode de la balance hydrostatique, 2“ celle du llaeon, 5* celle des aréomètres.

95. Méthode de In balance hydroalalique. — 1“ Corps SolidfS. — Un fragment du corps est suspendu par un fil fin de platine an crochet de l’un des plateaux de la balance hydrostatique, et on établit l’équilibre dans l’air avec une tare placée dans l’autre bassin. — Puis, on fait plonger le corps dans l’eau distillée ; et par des secousses, ou en frottant sa surface avec un pinceau de fils de platine, on produit le dégagement des bulles d’air adhérentes. L’équilibre est détruit, la balance penche du côté de la tare ; on le rétablit avec des poids gradués P„ qui représentent, d’après le principe d’Archimède, le poids d’un volume d’eau égal au volume du corps. — On enlève le corps ; on laisse sous le bassin le fil qui le supportait, et on rétablit une troisième fois l’équilibre par des poids gradués P ; ces derniers mesurent le poids du corps. On a donc finale-

ment D = |, . — Il est facile de voir, qu’en suivant cette marche, la méthode des doubles pesées a été seule employée à la fixation du poids du corps et «lu poids du volume d’eau qu’il déplace.

2“ Corps liqukles. — Lue boule de verre lestée avec du mercure ( fig . 54) est suspendue, par uu lil fin, au crochet de l’un des bassins de la balance hydrostatique et équilibrée dans l’air avec une taie. On l’immerge successivement dans le liquide sur lequel ou expérimente et dans l’eau, en rétablissant chaque fois l’horizontalité du fléau par des poids gradués P, P,. Ceux-ci représentent les poids de volumes égaux du liquide et de l’eau. Donc ,, sera le poids spécifique cherché.

Fig. 54.

94. Mcihodr du naron. — 1“ Corps solides. — Un flacon F à large goulot ijig. 55) est exactement rempli d’eau , fermé avec un obturateur plan de verre O, et placé, dans l’un des bassins d’une balance, à côté d’un fragment du corps solide dont on veut évaluer le poids spécifique. —

On fini équilibre à ce système avec une tare; puis ou enlève le corps pour lui substituer des poids gradués I1, produisant le même etfet que lui. I' est le poids du solide. — Les poids gradués I* étant enlevés, ou introduit le corps dans le llacon, en expulsant avec soin les bulles

d'air adhérentes ; il sort de et; flacon mi volume d’eau égal au.

volume du corps. — Enfin l'obturateur étant replacé sur l'ouverture et le flacon essuyé, uii rétablit, par des poids gradués

I’,, l’équilibre primitif; j>- sera

le poids spécifique du corps.

C’est encore le procédé des doubles pesées qui a été utilisé dans ce nouveau cas.

2° Corps liquides. — On donne au flacon la forme ci-contre (/if/. 56), et on le place sur un support métallique destiné à faciliter les pesées. Le flacon étant plein du liquide voulu , on le plonge dans la glace fondante, puis on retire ou l'on ajoute du liquide avec une pipette bien effilée , afin qu'à la température de 0“ le flacon soit exactement plein jusqu’au trait «. Après l’avoir bien essuyé et lui avoir laissé reprendra la température de l'air extérieur, on le porte dans le bassin d'une balance, eu l'équilibrant avec une tare.

Le flacon est ensuite vidé, lavé et séché ; on le rétablit sur son support dans le même bassin, et les poids gradués qu’on ajoute, pour ramener le fléau à l'horizontalité, donnent le poids P d'un volume de liquide à 0“ égal au volume du flacon jusqu’au trait a. Les mêmes opérations sont faites avec l’eau distillée ; et si les poids gradués nécessaires sont cette fois égaux à P,; jr sera le poids spécifique du liquide obtenu

dans des conditions très-favorables ; car il n’y aura pas de correction nécessaire pour ramener le liquide à 0"; et la correction concernant l’eau sera elle-même très-petite , puisque de 0° à 4° la variation de densité de ce liquide est peu considérable. — On ferme le flacon avec un bouchon rodé a l’émeri toutes les fois que le liquide employé est très-volatil , car on a à craindre qu’il ne s’en volatilise une partie, pendant 1a durée de l'opération.

La méthode que nous venons de décrire doit être préférée à toute autre quand on veut obtenir avec précision le poids spécifique d'un liquide. Elle a de [dus l'avantage d’être applicable même dans le cas où l’on ne dispose que d’une petite quantité de liquide.

DS. méthode de» aréomètre». — Les aréomètres sont des flotteurs de verre ou de métal ; ils sont lestés, à leur partie inférieure, avec du mercure ou de la grenaille de plomb, afin que, plongés dans un liquide, ils présentent une grande stabilité dans leur équilibre. On en distingue de deux sortes : les aréomètres à volume constant et les aréomètres à poids constant. Dans la première catégorie, se trouvent les aréomètres de Nicholson et de Fahrenheit que nous allons d’abord étudier.

96. Aréomètre de MoiioUon. — C’est une véritable balance destinée à évaluer le poids spécifique des solides. 11 se compose d’un cylindre creux C (fig. 57), de fer-blanc ou de cuivre, terminé de part et d’autre par des cônes de même métal A et Iî. Le cône supérieur A porte, suivant le prolongement de son axe, une tige déliée surmontée d’une capsule K. Le cône inférieur B, muni d’un crochet, soutient un panier M lesté par de la grenaille de plomb. L'instrument a un poids tel que, plongé dans l’eau distillée, l’affleurement ait lieu un peu plus haut que la base du cône A. Veut-on déterminer le poids spécifique d’un corps solide , voici la marche des opérations : 1“ L’aréomètre étant plongé dans l’eau, on place sur la capsule K un fragment du corps avec une tare suffisante pour que l'instrument affleure au trait a marqué sur Fis- :’7-

la tige. 2° On enlève le corps, et on le remplace par des poids gradués 1* capables de produire le même affleurement; ces poids représentent évidemment le poids du corps dans l’air. 5° On enlève les poids en laissant la tare, et on place le corps sur le panier M ; l'aréomètre n'affleure plus eu », û cause de la poussée subie par le corps solide; les poids gradués I‘t, nécessaires pour rétablir l’affleurement primitif, donnent le poids d’un volume d’eau égal au volume du corps. £ est donc le poids spécifique cherché.

Si le corps solide a un poids spécifique moindre que celui de l’eau, ou le place au-dessous du panier M, qu’on a retourné eu le suspendant par

tiG HVDHüSTATKJUE.

l'anneau a ; seulement, dans ce cas, il faut prendre garde de laisser adhérentes au corps quelques bulles d’air, dont le panier renversé empêcherait le dégagement.

1)7. L'instrument très-simple et peu coûteux cpie nous venons de décrire sert fréquemmenfaux minéralogistes pour l'évaluation prompte des poids spécifiques des minerais et des roches. Il dispense de l’emploi d’une balance dont le transport en voyage serait très-incommode. .Malheureusement, il ne peut jamais fournir des indications très-précises, l'our faire de bonnes pesées, il faut qu’une balance soit juste et sensible. Or, ces deux qualités manquent, du moins en partie, à l’aréomètre de Nicbolson; sa sensibilité est faible et variable ; elle dépend de la viscosité du liquide dans lequel plonge l'instrument; sa justesse se trouve altérée par les actions capillaires qui s’exercent dans le voisinage du trait d'affleurement. On peut, il est vrai, accroître cette sensibilité, en diminuant le diamètre de la tige supérieure ; car la section du nouveau cylindre liquide déplacé par l'instrument, quand on ajoutera un nouveau poids sur la capsule, étant alors plus petite, la hauteur de ce cylindre sera plus grande et le mouvement de l'aréomètre, dans le sens vertical, sera plus étendu. Mais on ne peut, dans cette voie, dépasser une limite fort restreinte, puisque la tige doit toujours conserver assez de rigidité pour ne pas lléchir sous le poids de la capsule et des corps qu'on y dépose. Au reste, le défaut que nous reprochons à la balance de Nicbolson ne lui est pas particulier, il appartient aux aréomètres en général ; ces appareils pèchent tous par leur peu de sensibilité.

1)8. Aréomètre de Fahrenheit. — Cet instrument, destiné à mesurer le poids spécifique des liquides , a la même forme que le précédent. Il est en verre, afin qu’on puisse le plonger dans des liquides qui attaqueraient les métaux; de plus, le panier M de l’aréomètre .y de Nicbolson a été remplacé ici par une boule lestée S qui fait corps avec le flotteur (fig. 58). Soit I* le poids de l’aréomètre dans l’air; on le plonge dans le liquide voulu et l’on place sur la capsule K les poids gradués /» nécessaires pour produire l'affleurement au liait « ; la somme P -t-p représente le poids du volume du liquide déplacé par l'aréomètre jusqu'à ce trait. La même opération est répétée dans l’eau, />' étant le

M ESI' Il K DES DENSITÉS. 67

|»oids à ajouter sur la capsule, P -| -p' est le poids d'un volume d’eau égal au volume de l’aréomètre jusqu’au point d'affleurement ; donc [, ^ est le poids spécifique du liquide.

99. Aréomètre» « polil» constant. — Les aréomètres à poids constant sont formés d’un tube de verre cylindrique portant, à sa partie inférieure, une boule ou un rendement qui contient le lest. Leur graduation est habituellement tracée sur une bande de papier fixée dans l'intérieur du tube. Ces instruments ne sont, du reste, employés que lorsqu'il s'agit d’apprécier promptement certaines qualités des liquides en usage dans les arts ou dans l'industrie. Tantôt ils doivent fournir une indication prompte sur le degré de concentration des dissolutions salines, des acides du commerce, des liqueurs alcooliques. Dans ce cas, il importe peu d'avoir le poids spécifique de la substance examinée; il suffit que tous les aréomètres, destinés à l'examen d’un mème'groupe de corps, portent une graduation telle que, plongés dans le même liquide, au même degré déconcentration, ils marquent tous le même degré. Tantôt les aréomètres permettent de déduire immédiatement de leurs indications le poids spécifique du liquide étudié: ils deviennent alors des demimèlres.

100. - ffclw , — pése-aciden , — jtrnduntion . — Dans le premier groupe se trouvent les aréomètres gradués par Baumé et qui portent son nom. On les destine, les uns aux liquides plus denses , les autres aux liquides moins denses que l’eau. La graduation conventionnelle adoptée pour les premiers est la suivante : l'aréomètre est d’abord lesté de manière à ce que, plongé dans l'eau, il affleure vers la partie supérieure. — On marque 0 au point d’allleurement ( fiy . 59) ; — on fait ensuite une dissolution de 15 parties de sel marin desséché dans 85 parties d'eau , dissolution dont le poids spécifique à la température de 12°, 5 est de 1,116 et dans laquelle, par suite, le même aréomètre s’enfonce moins que dans l’eau pure. — On marque 15 au nouveau point d’affleurement. — L’intervalle de 0 à 15 est divisé en 15 parties d'égale longueur, et les divisions sont prolongées jusqu'à la naissance du reullement inférieur. Un aréomètre ainsi gradué marque 66" dans l'acide sulfurique au maximum de concentration, 56“ dans l’acide nitrique du commerce, etc.

ül

Fl*. 53. Fig- 60.

101. Wm rfMrlu, |M'«-ciiipr. prwbu'rf. — Quand l'aréomètre est destiné aux liquides moins denses que l'eau , son point d’aflieurernent dans ce dernier liquide doit se trouver vers la part ie inférieure du tube cylindrique en un point où l’on marque 10 (fig. 00). — On inscrit ensuite 0 au point où il s’arrête dans une dissolution formée de 90 parties d'eau et de 10 parties de sel marin dont le poids spécifique est de 1 ,0847 . L’intervalle des deux traits est divisé en 10 parties égales, et les divisions sont prolongées jusqu’à l’extrémité supérieure du tube.

102. Alcoomètre centésimal. — Pour les liqueurs alcooliques, l’indication purement conventionnelle de l’aréomètre de Baumé ne suflit pas. On a besoin, dans beaucoup de cas, de connaître le volume d’alcool absol u que contiennent 100 volumes d'un liquide formé d’alcool et d’eau. C’est pour satisfaire à celte nécessité, qu’a été construit par Gay-Lussac un aréomètre spécial qu’on nomme Y alcoomètre centésimal. La forme ordinaire des aréomètres est conservée, seulement la tige est d’un plus petit diamètre.

La graduation présentait ici quelques difficultés exceptionnelles. En efTet , quand on mélange ensemble n volumes d’eau et n' volumes d’alcool, le volume après le mélange est plus petit que n -+- n'. II y a toujours contraction ; et cette contraction est variable avec les proportions des deux liquides employés. Il faut dès lors, pour construire le premier alcoomètre étalon, obtenir par plusieurs essais directs dans des liquides de composition connue, un grand nombre de points de repère, à diverses hauteurs de l’échelle alcoinétrique. La méthode suivie par Gay-Lussac revient A ceci : 1° marquer 0 au point où l’alcoomètre affleure dans l’eau pure à la température de -+- 15° et lester l’instrument de manière à ce «j ne ce point soit placé vers le bas de la tige ; 2“ introduire dans une série de vases dist incts : dans l’un 10 centimètres cubes d'alcool pur, dans l’autie 20 centimètres cubes, etc., et, dans tous, parfaire ensuite avec l’eau distillée un volume total de 100 centimètres cubes; 3° plonger l’alcoomètre à graduer dans chaque liqueur dont la température a été portée à 15° et marquer aux affleurements successifs les nombres 10, 20, 30, etc. il est clair que les points d'al'llcurement d’un instrument ainsi construit donneront immédiatement , dans toute liqueur où il n’existera que de l’alcool et de l’eau, la proportion pour cent en volume de l’alcool pur qui y sera contenu.

Comme on peut opérer à des températures autres que 15° et «pie les liqueurs alcooliques éprouvent des variations de volume très-notables par le fait du changement de température, il faut , chaque fois, noter le dc-

Cfl

gré therinométrique du liquide examiné afin d'être en mesure d’effectuer la correction nécessaire. Les éléments en ont été calculés par Gay- Liissac dans une table ù double entrée qui donne , pour les différents degrés alcoométriques et pour les températures ordinaires, la correction correspondante.

Cne fois l’étalon obtenu , on gradue les autres alcoomètres par comparaison. On les plonge à cet effet dans des dissolutions alcooliques dont l'instrument type a déjà fourni le litre, ce qui donne un certain nombre rie points de la graduation. Les autres points s'obtiennent en divisant les intervalles des précédents en longueurs proportionnelles aux divisions correspondantes de l’alcoomètre étalon.

105. Principe de» ïoinniCirc» — Dans le second groupe des aréomètres ù poids constant se trouvent les volumètres et les densimètres. Voici le principe théorique de leur construction. Supposons un cylindre parfaitement régulier qui , à partir d’un trait où est inscrit le nombre HIO, porte 100 divisions d’égale longueur correspondant par suite à de; capacités égales. Imaginons, de plus, que ces divisions aillent du point 100 jusqu’à l’extrémité inférieure de l’instrument où se trouve le zéro de la graduation. Le cylindre a un poids tel que, immergé dans l'eau, il affleure à la division 100. N’est-il pas évident que si, plongé dans un liquide quelconque plus dense que l’eau , il affleure à la division 80, la

densité de ce liquide sera H(| ; et en général, s’il affleure à la division N,

la densité du liquide sera -j En effet, le liquide en question de densité d, pris sous le volume 80, pèse autant que l’eau de densité 1 sous le volume 1 00. Mais, quand les poids de deux corps sont les mêmes, les volumes sont en raison inverse des poids spécifiques; on aura donc y ou d = , et en général : d — quand l’affleurement aura lieu à la

division N.

104. VolamClres pour leu liquide*» plus denses que l'eau. — La

forme est celle d’un aréomètre ordinaire ( fig . 61 ) , la tige étant choisie aussi cylindrique que possible. Quant à la graduation , elle exige deux opérations : 1° immersion dans l’eau. — Le point 100 est marqué à l’affleurement qui doit avoir lieu vers le haut de la tige; 2° immersion dans un liquide dont le poids spécifique connu est 1,25, par exemple. — Il reste à savoir quel est le numéro qui doit être placé en regard du nouvel affleurement. — Dans ce but, faisons d = 1,25 dans la formule

ri = *J|° et lirons-en la valeur de N ; on trouve ainsi N — 80. On in-

IIYimOSTATIQUK.

scrira donc 80 au point d'affleurement, et on divisera l’intervalle de eenl à 80 en 20 parties d'égale longueur que l’on prolongera jusqu’au renflement inférieur. Le volumètre étant ainsi divisé, il suffira, pour

Fig. (T..

avoir le poids spécifique d’un liquide quelconque, de plonger l’instrument dans ce liquide et de diviser 100 par le numéro d’affleurement.

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