‹ Cours élémentaire de physique, suivi de problèmes (volume 2)Chapitre 79 sur 150 · FUSION · texte numérisé non relu

FUSION

goriiique produite par ce dernier mélange u’amène la congélation de l’eau, que lorsque la température de l’air ambiant n’est pas trop élevée. Enfin, on peut aussi se servir, dans le même but, d'un mélange de neige et d’acide sulfurique, mais ici surtout, on doit tenir compte des proportions employées des deux substances. Taudis que 5 parties de neige et I d'acide sulfurique produisent un refroidissement intense, 5 d'acide sulfurique et I de neige déterminent une forte élévation de température.

•) 1 5. CbanKemi'nls de volume au moment de la fualon. — Ull corps, en fondant, augmente de volume. — On ne connaît qu'un petit nombre d'exceptions à cette loi générale, exceptions offertes par la glace, la fonte, le bismutli, l’argent. — Le changement de volume se fait, en général, d’une manière brusque, au moment de la fusion.

ÔI6. n<liiiodt. E.« périme*» de xi. Mopp. — M. Billet a évalué, 1 un des premiers, la dilatation qui se produit au moment de la fusion ; ses expériences ont eu pour objet le phosphore, le soufre et l’iode. M. Kopp, en employant la même méthode, a étendu ses recherches à un plus grand nombre de substances. S'agil-il de l’acide stéarique ou de la stéarine, corps gras neutre qui existe dans les graisses en général? M. Kopp emploie un thermomètre dont la boule et la tige ont été jaugées à l'avance. La tige porte, comme à l'ordinaire, des divisions d’égale capacité; la substance est ensuite introduite à l’état liquide dans ce petit appareil, en suivant pour cela la méthode habituelle. On la laisse se solidifier et on détermine les volumes successifs qu’elle occupe, lorsqu ’on porte cette sorte de thermomètre à diverses températures. Le coefficient de dilatation cubique du verre qui forme l’enveloppe thermométrique, étant connu, on peut estimer les accroissements absolus de volume pris par le corps solide qui remplit le thermomètre, et avoir facilement une mesure du changement brusque qui accompagne la fusion.

La stéarine solide offre cette particularité curieuse : qu’à 50", son volume diminue subitement dans le rapport de I à 0,9775, puis de 50 à 00", elle se dilate à la façon ordinaire; elle fond à 60", et, à ce moment, son volume s’accroît tout d’un coup dans le rapport de I à 1,0490.

517. S’agit-il de substances offrant plus de dureté que les précédentes? M. Kopp les introduit, sous forme de cylindres tels que C (fiy. 157), dans un tube de verre qu’elles remplissent complètement ; puis le tube lui-même est placé dans un long réservoir analogue à celui d'un thermomètre et surmonté

Kig. foî.

d’un tube T, do diamètre étroit, gradué en parties d'égal volume. Le tube capillaire est uni au réservoir par un bouchon de liège rendu imperméable aux liquides.

On introduit, dans cette sorte d'appareil thermométrique, un liquide n’agissant pas chimiquement sur le corps solide, et dont les dilatations totales sont connues pour les diverses températures qu’on doit parcourir : le liquide employé était, selon les cas, l’eau, l'essence de tèrèbenthine, l'acide sulfurique, etc. Le poids du solide introduit et celui du liquide qui remplissait l’instrument jusqu'au 0 de la graduation, étant déterminés à l’avance, on calculait, à l’aide des densités, les volumes des deux substances à une température déterminée. On comprend alors, qu’en chauffant l’appareil progressivement avec un bain d’huile et eu observant les déplacements de l’extrémité de la colonne liquide dans le tube, il soit facile de suivre, pour ainsi dire pas à pas, les augmentations de volume du solide, aux différents points de l’échelle thermométrique, et, notamment, à l’époque du changement d état.

318. Rr-xuitais — Voici les principaux résultats numériques obtenus par M. Kopp; nous les extrayons d'une analyse de son travail donnée pur M. Ycrdet :

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Phosphore

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Soufre

Cire

insigniliaiil.

Acide stéarique

Stéarine

1 à 1,0 fOO

Alliage fusible de II. Kosc. . |

| Accroissement rapide

Itiftiiiuth. 2 part.; plomb, t pari.; Etain. . 1 partie.) ?

( inai» non subi 1.

Ce dernier corps présente, à l’étal solide, une dilatation maximum \ers 6U", puis le volume diminue jusqu’à 95", température de sa fusion.

519 A l’aide de son appareil, M. Kopp a aussi mesuré la contraction de la glace au moment de la fusion, il a trouvé que son volume variait dans le rapport de I à 0,81-4. La connaissance de ce fait remarquable sert à expliquer plusieurs phénomènes naturels, sur lesquels nous reviendrons, à propos de la solidification.

320. Dr» corpx qui deviennent pâteux. — lous les Solides lie passent pas brusquement à l'état liquide; quelques-uns, au lieu de fondre, deviennent péteux ; tels sont les verres, les résines, certains alliages, etc-, qui peuvent être étirés eu fils et if acquiérent qu’une demi-lluiditè. Mans

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ce cas, la température fixe de fusion ne peut plus être constatée; il y a connue un ramollissement successif cpii amène, par transition lente, le corps île l'état solide à l’état liquide.

SE l'.TI OS II

«ounirirATiosi

Ml. La solidification est le passage de l’état liquide à l'état solide. Un liquide soumis à une température décroissante se contracte de plus en plus; il arrive un moment où le refroissement est devenu tel, que le corps se solidifie brusquement. On peut affirmer que, par un froid suffisamment intense, tous les liquides sont susceptibles d’être congelés; cependant, il en est encore quelques-uns qui ont résisté aux froids les plus grands qu’on sache produire : tel est l’alcool, qui devient simplement visqueux, à des températures voisines de — 100°.

ri 22. Première loi de In aolldlflentlon. Température fl*c de lu «<>11din ration. — Chaque corps se solidifie A une température déterminée qui est la même que la température de sa fusion. — De l’eau liquide et de l'eau solide, toutes les deux à 0“ et placées dans une enceinte île température constante 0°, garderont invariablement leurs états respectifs ; mais, si, par un moyen quelconque, on soustrait de la chaleur à l’enceinte, l'eau liquide se congèlera, et la température des portions qui se solidifient demeurera toujours 0“. Si l’on introduit, au contraire, une certaine quantité de chaleur étrangère, l'eau solide fondra à 0° en conservant toujours sa température primitive. Voilé comment il faut comprendre cette identité des points de fusion et de solidification.

Il est des cas, cependant, où la température de solidification se trouve notablement abaissée. Il se produit alors le phénomène de la surfusion : nous citerons trois circonstances principales dans lesquelles cette ano-f malie se manifeste.

325. I. Cas des dissolutions salines sursaturés. —Dans un tube de verre effilé par un bout (fig. 1581, introduisez une solution chaude et concentrée de sidfate de soude dans l’eau ; faites bouillir la dissolution pour chasser l'air du tube et le remplacer par de la vapeur d’eau; fermez la pointe effilée avec le dard du chalumeau et laissez refroidir la liqueur. Cette dissolution, quoique revenue à la température ordinaire, quoique renfermant plus de sidfate de soude qu'elle n’eu peut dissoudre ,i la température actuelle, ne laissera rien déposer. Mais, si l'on vient à briser la

CHALE! R

pointe effilée, l'air extérieur rentre en sifflant, et la liqueur se prend en niasse, en dégageant de la chaleur. On voit les aiguilles cristallines se

former d'abord à la surface libre du liquide, et de là, s'étendre de plus en plus, en rayonnant, jusqu'au point d’envahir la dissolution tout entière. Il y a, en même temps, un dégagement très-sensible de chaleur.

524. L'expérience, quoique très-facile, ne réussit pas cependant toujours Au contraire, la solidification se produit, à coup sûr, tonies les fois qu'on 158- jette dans la liqueur sur-

saturée un cristal, quelque petit qu'il soit, identique par sa nature chimique et par sa forme à ceux que la liqueur elle-même peut fournir, l ue expérience curieuse, due à M. Gernez, nous donne une vérification remarquable de ce fait. Du soufre fondu à III" dans un tube de verre est recouvert ensuite d'une dissolution saturée de chlorure de calcium qui le soustrait au contact de l'air. On peut, dans ces conditions, laisser refroidir, d’une manière lente, ce soufre fondu et amener sa température à 9 ou 10° au-dessous du point de fusion sans qu'il y ait solidification. C’est le phénomène de la surfusion. Si on laisse tomber, A ce moment, dans le soufre liquide un cristal octaédrique de cette substance, la masse n’en est nullement affectée; elle conserve sa liquidité primitive. Mais si le cristal projeté est prismatique, la solidification est immédiate ; elle se propage rapidement autour du cristal jusqu à ce qu’elle se soit étendue A la masse tout entière. Or, on sait qu 'au-dessous de 100", le soufre cristallise en octaèdres, appartenant au système prismatique rectangulaire droit, tandis qu’au-dessus de 100", la seule forme cristalline possible est celle d’un prisme oblique.

52. ’i. 11. Quand le liquide est abandonné à un refroidissement très-lent et qu'on évite avec le plus grand soit i tout ébranlement dans lu masse. — Ainsi, de l'eau distillée bien pure placée dans un milieu où l'agitation de l’atmosphère ne se transmet pas. où les trépidations du sol sont inseu-

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sihles, peut descendi t* à — 20° sans se congeler. M. Despretz a même constaté, qu’au-dessous de 0", l’eau continue à se dilater comme elle le fait dp A" à 0° ; mais le moindre mouvement vibratoire, l'introduction de la plus petite aiguille de glace dans la liqueur, suffisent pour amener la congélation partielle de la masse liquide, et tout remonte à 0°. •

320. I.n glace eut un frlutnl. — Fleura de la Rince. — Cette Slirfllsion de l’eau rentre du reste dans le cas précédent. L’eau en se congelant cristallise; elle cristallise dans le système rhomboédrique, c’est un cristal à un axe connue le spath d'Irlande, ainsi que l'ont établi, dès I8lô, les observations faites par Rrewster et dans ces dernières années les expériences plus détaillées de M. Berlin (voir dans le 2* volume le chapitre de la double réfraction). On peut indiquer plusieurs faits bien connus à l’appui de cette assertion. Ainsi, dans les mers du Nord, ù l’époque du dégel, les navigateurs ont souvent recueilli de volumineux prismes de glace qui appartenaient au système hexagonal. Ainsi, quand la pellicule liquide qui s’est déposée en hiver sur Ips carreaux de vitre refroidis par l’air extérieur se congèle, on distingue nettement de petits cristaux prismatiques qui s’accolent les uns aux autres sous un angle de 00“ et figurent, par leur groupement, des arborescences très-régulières analogues pour l’aspect général aux feuilles de fougère. Ainsi, quand la neige tombe dans un air bien calme et qu'on en recueille les flocons sur m corps mauvais conducteur, du drap noir par exemple, on distingue à la loupe de petits prismes hexagonaux qui dessinent, par leur réunion, des figures parfaitement symétriques et se groupent toujours entre eux

Fig. i

sous des angles de 00 ou de 120 degrés. La figure lot) montre quelques' unes de ces dispositions.

CHALEUR

Enfui, M. Tyndall a prouvé par une expérience Irès-ingénieuse, qu'un bloc de glace qui, au premier aspect, parait amorphe dans sa constitution.

Kig. 160.

est, en réalité, un cristal; qu'il est formé par une multitude de cristaux symétriquement distribués comme ils le sont dans les flocons de neige ou sur les carreaux de vitre refroidis. Il prend un fragment de celte glace bien transparente, qui prend naissance en hiver à la surface d'une eau tranquille ; il la place normalement sur le trajet du faisceau calorique et lumineux qui provient d’une lampe électrique et il constate que la chaleur reçue par cette lame, au lieu de la fondre uniformément comme on devrait s'v attendre, provoque des fusions partielles dans certains points de la masse. Une foule de petites bulles arrondies d’une teinte foncée apparaissent dans l’épaisseur de la lame, et autour de chacune d’elles se montrent bientôt des espaces transparents provenant d’une fusion localisée, qui ressemblent par leur forme et leur groupement aux six létales d’une fleur dont la petite bulle noire constituerait la partie centrale. Ces pétales sont souvent festonnés sur leur fonds, comme l'indique la figure (160), où est représenté, sons ses différents aspects, ce phénomène si intéressant qui n’est autre chose qu’une décristallitation progressive de la glace, opérée par l’emploi du faisceau calorifique. Le rayon de chaleur agit ici à la façon d’un scalpel très-délié qui mettrait à nu, en les isolant de la masse ambiante, les cristaux de glace primitivement empAtés dans une sorte de gangue. Le petit cercle noir qui constitue le centre de ces fleurs de la glace , comme les a nommées M. Tyndall, est dù à un

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vide partiel qui s'est opéré au point où la fusion a commencé, vide qui a pour cause la diminution de volume qu’éprouve l'eau quand elle passe de l'état solide à l’état liquide.

Il est donc bien prouvé que l'eau liquide peut être comparée à la dissolution d'un corps cristallisable qui serait saturée à la température de zéro et sursaturée à une température inférieure à 0". On comprend alors, en partant de ce qui précède, qu'un cristal de glace projeté dans l'eau refroidie au-dessous de zéro, comme dans les expériences de M . Itesprelz, amène sa solidification immédiate.

327. Le phosphore qui fond à 4V',2 peut être facilement amené à la température ordinaire sans se solidifier. Pour rendre cette surfusion manifeste, il suffit de jeter le phosphore dans l'eau à 00° ; il tombe au fond du vase et devient liquide : si l'on renouvelle ensuite cette eau avec précaution et qu’on lui substitue de l'eau de plus en plus froide, ou peut amener le phosphore à une température même inférieure à la température ordinaire, sans qu’il cesse d’être liquide. H. Kd. Desains, à qui l’on doit, sur ce sujet, de très-curieuses expériences, a pu faire descendre le phosphore liquide à une température tellement basse, qu’au moment de sa solidification brusque, la chaleur latente qu’il restituait était insuffisante pour le ramener à sa température de fusion.

52k. III. Quand un liquide qui mouille le vaste qui le renferme est contenu dans un tube capillaire. — M. Sorbv a constaté, en faisant usage de

tubes de verre de ^ de millimètre de diamètre, que l’eau peut être

conservée à l’état liquide jusqu'à — 17°; passé ce degré, la congélation a lieu, sans qu’il soit nécessaire de recourir à une agitation préalable. Ce résultat explique la résistance qu’opposent à l'action du froid certaines plantes dont les tissus sont traversés par des canaux très-étroits. Les liquides que ces canaux renferment et qui sont formés en grande partie par l’eau, ne se congèlent pas, quoiqu'ils descendent au-dessous de zéro.

529. Deaxlémr loi de la •olldIBeation. — Pendant toute la durée de la solidification d’un corps, la température ne change pas. Cela tient à la mise en liberté de la chaleur latente. Nous ne donnerons qu’une seule preuve a l’appui de cette explication. C’est le fait cité plus haut de l’eau qui, demeurée liquide â — 20°, remonte subitement â 0°, en se congelant partiellement. Or, aucune source étrangère n’a donné la chaleur nécessaire pour élever, de 20 degrés, la température de la masse d’eau sur laquelle on expérimentait ; il faut donc admettre que c’est l’eau elle-même qui l'a fournie en se congelant; la chaleur latente redevient

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alors chaleur sensible. Nous prouverons d'ailleurs, au chapitre de la Calorimétrie, que, pour un même corps, la chaleur latente dégagée pendant la solidification est exactement égale à la chaleur latente absorbée pendant la fusion.

550. Ça* particulier que prOiroIr l'eau au moment de «ta *olldifieation — En général, un liquide, en ne solidifiant, se contracte. — Mais il y a des exceptions, et les observations dèjA faites au g 515 concernent aussi la solidification. Nous n'y reviendrons pas; nous ajouterons seulement quelques détails sur le phénomène d'expansion présenté par la glace au moment de sa formation. Le poids spécifique de la glace A 0‘ étant 0,91 H, tandis qu'à la même température celui de l'eau liquide est 11,999875, on s’explique que pendant l’hiver, les glaçons flottent A la surface des rivières. En outre, la force d’expansion de la glace étant très-grande au moment de sa formation, on voit pourquoi les vases qui contiennent l'eau se brisent au moment des gelées, pourquoi les jeunes pousses des plantes ont leurs tissus déchirés, dans toutes les directions, quand le thermomètre descend au-dessous de ft“, pendant les nuits froides du commencement du printemps.

On peut impunément faire congeler l'eau à la partie inférieure d'une carafe ou d'une bouteille ; l’expansion de la glace se fait librement, et il n’y a point de rupture A craindre pour le vase; mais, si l'on commence par faire geler l'eau dans le goulot, la glace formée constitue un bouchon très-résistant qui s’oppose dès lors A l'augmentation de ' volume de la masse placée au-dessous, et les parois du verre sont obligées de s'ouvrir pour laisser un passage libre au solide dilaté. C’est ainsi que îles canons de bronze, remplis d’eau et puis hermétiquement clos, ont éclaté, avec une sorte d'explosion, au moment de la solidification du liquide qui s'y trouvait emprisonné.

C'est A une expansion du même genre que la fonte de fer doit d'être tout A fait propre au moulage. Au moment où elle devient solide, elle s'insinue d’elle-même, jusque dans les moindres fouillures du moule où elle a été coulée.

551. Ces changements brusques de volume, au moment de la solidification. changements qui, pour l’eau et quelques autres eorps, se traduisent par un accroissement du volume primitif, n’ont rien qui doive nous surprendre. La solidification n'est, en définitive, que la production d'un groupement de molécules devenant désormais solidaires les unes des autres et s’agrégeant, d’une façon déterminée, pour constituer des corps polyédriques, des cristaux dont la forme géométrique est intimement liée

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A In nature intime de l’espèce chimique que l'on considère. On comprend liés lors, que pour que le corps puisse acquérir cette forme extérieure et cette structure intérieure qui lui sont propres, les molécules primitivement indépendantes qui vont le constituer soient assujetties A occuper certaines positions relatives, entraînant comme conséquence nécessaire, ou une diminution, ou une augmentation du volume de la substance. C’est ainsi, qu’au moment de sa cristallisation, la dissolution sursaturée de sulfate de soude prend une expansion subite qui est d’ailleurs tout à fait indépendante du dégagement de chaleur qui accompagne la solidification.

552. Aussi qu’arrive-t-il si, au moment où le corps solide devrait se former, on empêche, par un moyen mécanique très -puissant, les molécules d’obéir à leurs attractions réciproques et de constituer le groupement cristallin que comporte leur nature chimique? Une expérience de M. Mousson répond nettement A cette question. M. Mousson a soumis de l’eau pure, qu'il refroidissait un peu au-dessous de zéro, A une pression énergique et il a constaté que cette eau, malgré les mouvements qui lui étaient communiqués, persistait dans l'état liquide.

Des expériences faites par un procédé inverse du précédent et tout aussi concluantes ont conduit A la même conséquence. Dès 1852, M. William Thomson prouvait qu'en comprimant la glace dans un appareil analogue A celui de M. Despretz pour la compressibilité des gaz, le point de fusion de cette substance s'abaissait d’une manière notable. Sous une pression de 17 atmosphères environ, la température de fusion devenait — 0,15. La différence était cependant assez faible (tour qu’on pût mettre en doute le résultat annoncé par l’expérimentateur anglais. Les essais tentés par M. Mousson, en 1858, lèvent toute difficulté sur ce point.

555. Kïp^rlfnrr* de M. ttouMon. — M. Mousson, pour opérer sous de très-fortes pressions, fut obligé d’enfermer le liquide dans un vase métallique très-résistant. Comme les parois s'opposaient, A cause de leur opacité, A ce qu’on reconnût le moment où la glace changeait d’état, il eut recours A un artifice particulier. Un petit index en métal I était, au début de l’expérience, encastré A la partie supérieure d’un cylindre de glace; on comprimait fortement ce dernier et si la glace devenait liquide, par suite de cette pression, pour se congeler de nouveau un peu plus tard, on devait être averti de cette fusion momentanée par la chute de l'index métallique qui se retrouverait, A la fin de l’expérience, logé dans la partie inférieure du bloc de glace. Dans l'un de ses essais, M. Mousson se servit d’un parai lèlipipéde d’acier P(/»ÿ. 161), dans lequel

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2ÎW

était creusée une cavité légèrement conique K destinée à contenir la glace. Hans celte cavité, pouvait se mouvoir un piston d'acier A qui, en poussant devant lui un bouchon conique de laiton suffisamment malléable pour se mouler dans la cavité, devait comprimer le cylindre d'eau congelée. Le mouvement de ce piston était produit par un écrou de même métal K vissé à la partie supérieure du parallélipipède. Le piston et l’écrou mis en place, on renversait l'appareil pour remplir la cavité K d'eau distillée ; et on y introduisait un petit cylindre de cuivre 1, servant d'index, qui tombait au fond de l'eau. On faisait congeler celle-ci; on redressait l'appareil, après avoir fermé hermétiquement son ouverture inférieure Oet on le portait dans un mélange réfrigérant à — 18”. Lorsque, à la suite d'une immersion suffisamment prolongée, il avait acquis, A coup silr, la température du mélange, on faisait descendre l'écrou le plus bas possible en le faisant tourner à l'aide d'un levier placé dans le trou C. La compression maximum de la glace ayant été maintenue, pendant quelques instants, tandis que la température était de — 18", on remontait l’écrou; on ouvrait en 0 et on trouvait l’index de cuivre descendu à la partie inférieure 0 de la cavité. Donc, à celte température si basse, la glace avait dû être fondue.

534. Expérience* de M. Tyndaii. — Cet abaissement du point de fusion de In glace par le fait de la pression, a fourni une explication, admise par quelques physiciens, MM. James et William Thomson, et qui parait au premier abord fort simple, de quelques expériences intéressantes dues à M. Tyndall. Voici une de ces expériences: M, M i/ifl. 1(52) sont des disques de buis très-épais creusés de cavités lenticulaires C, C, dans leurs faces eu regard. Si l'on interpose entre eux une lame épaisse de glace C. et qu'on vienne ensuite à exercer une forte pression, contre les disques, à l'aide d’une presse hydraulique, de manière à les rapprocher ; on constate qu’une lentille de glace parfaitement limpide remplit les cavités primitivement vides et qu'il est possible de l'isoler en séparant les deux lames de buis : la glace s'est moulée dans la cavité lenticulaire, exactement

Fia. I6S

fig. 161.

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rumine l'eût lait mie substance molle et plastique. Ou a expliqué ce résultat par l’abaissement du point de fusion de la glace, conséquence nécessaire de la pression ; une partie de cette substance a été fondue, l'eau liquide provenant de cette fusion a coulé dans les cavités où elle a dû se congeler de nouveau, puisqu’elle n'élait plus soumise à aucune action mécanique. En se solidifiant, elle s’est soudée à la glace restante, qui n'avait pas éprouvé de fusion, et qui même s'élail refroidie, en cédant de la chaleur à la partie devenue liquide.

Il ne faudrait pas cependant considérer cette explication de l’expérience deM. Tyndall, comme parfaitement établie. M. Faraday est arrivé, à la suite d’essais très-variés, à concevoir les phénomènes d’une manière toute différente. Il a montré, par de nombreuses expériences, que deux fragments de glace, mis simplement en contact , sans aucune pression, se soudent intimement, quoique placés dans un milieu dont la température est supérieure à O". Celte soudure est d'autant plus parfaite que le contact est plus prolongé. Elle a lieu, alors même que les morceaux de glace qu’on juxtapose sont placés dans l’eau chaude. — M. Faraday a désigné ce phénomène singulier sous le nom de révélation. — Il y a là, en réalité, un fait nouveau offrant une complexité plus grande qu'on lie l’avait cru d'abord. Ne peut-on pas l’expliquer en même temps que l’expérience de M. Tyndall, qui n’en est qu'une variété, en se reportant ù la propriété des liqueurs saturées (propriété déjà signalée plus haut de cristalliser subitement par leur simple contact avec un cristal identique à celui qui peut prendre naissance au sein de la liqueur? l'n fragment de glace fondante est couvert d’une mince couche d’eau qui, à cause de son contact avec le milieu environnant, se trouve nécessairement, en quelques-uns de ses points au moins, à une température quelque peu plus élevée que le fragment lui-mème. L’équilibre de température tend sans cesse à s’établir entre la glace et l’eau qui la touche ; mais il n’en est pas moins vrai, qu’à un moment donné, le liquidées! un peu plus chaud que la glnce et ne peut être assimilé à une liqueur saturée. Au contraire, quand deux morceaux de glace sont mis en contact, il ne reste entre eux qu'une pellicule liquide extrêmement mince, dont la masse se trouvant très-faible par rapport à celle des deux fragments solides, participe forcément à leur propre température. Le mince lilet d’eau ainsi interposé constitue alors une liqueur saturée qui cristallise au contact des cristaux représentés par les deux fragments. Eu un mot, sans qu’il ait été nécessaire de laire intervenir une pression mécanique, la pellicule liquide qui sépare les deux morceaux déglacé s'est spontané-

meut congelée et les h soudés, I'uii à l'autre, d’une manière complète.

5S5. Les expériences de MM. Tyndall et Faraday, l'explication des phénomènes de regélation permettent de rendre compte de la plasticité apparente des glaciers. Ces masses énormes d'eau congelée descendent comme on sait, d’une manière progressive des montagnes vers la plaine. Itans leur marche, elles prennent la forme des vallées qu’elles parcourent, elles .se rétrécissent quand la vallée se resserre, s’étendent en surface quand elle devient plus large; et, malgré ces changements fréquents de forme, la masse solide n’est pas brisée en fragments, elle reste continue, comme loferait un torrent de matière péteuse qui descendrait le long des lianes de la montagne.

L'observation de ces faits conduisit, il y a vingt-cinq ans, le professeur Korbes à comparer la glace à une matière visqueuse capable de rouler, à la façon d’un torrent de boue : Mais, comme le fait remarquer avec raison M. Tyndall, il manque à la glace, pour que cette analogie puisse être admise, une qualité essentielle, c’est de pouvoir céder sans se rompre à mi effort de traction ou de flexion. Fille est plastique par voie de pression et non par voie de tension. La* moulage de la glace effectué dans les expériences de M. Tyndall suffit à tout expliquer. Mettez une sphère de glace dans la cavité lenticulaire de l'appareil déjà décrit ifig. I(»2), et exercez une forte pression. La sphère sera sans doute brisée, mais elle deviendra finalement une lentille parfaitement continue dans toutes ses parties. Au lieu d'opérer la Iransformation d'une manière aussi brusque, faites passer la boule de glace par une série de moules variant, par nuances insensibles, de la forme sphérique à la forme lenticulaire et vous obtiendrez le résultat précédent sans brisure apparente, la glace se comportant alors comme une masse plastique qui céderait à une pression continue. — Dans le cas des glaciers, c’eut le poids énorme de la glace placée sur le flanc de la montagne qui représente la presse hydraulique des expériences précédentes, ce sont les gorges et les vallées graduellement variables île forme et de largeur qui représentent les moules successifs dont il vient d'être question.

"di. Remarquons, avant d’abandonner ce sujet, que l’influence exercée par une pression mécanique sur la température de fusion d'un corps n’agit, dans le sens que nous venons d’indiquer, que dans le cas où l'on expérimente sur des corps qui se contractent eu devenant liquides. M. Bunsen a fait voir, qu'en comprimant le blanc de baleine et la paraftine qui se dilatent en fondant, le phénomène inverse se produit: le point de fusion de ees substances s'élève de plusieurs degrés.

VAPURISATIO.V

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