‹ Cours élémentaire de physique, suivi de problèmesChapitre 42 sur 130 · DR L’OUIE · texte numérisé non relu

DR L’OUIE

I2ir>. L’appareil auditif, au point (li‘ vue pliy.siolngique, se compose dedeux parties bien distinctes ; la première, douée d'une sensibilité spéciale, est destinée à la perception et chargée de coiidiiire l'imprcssiuii sonore jusqu'au cerveau : elle est constituée par le neif ncousiique; la seconde est destinée à la réception et à la transmission des sons, elle est représentée par l’oreille proprement dite. Il est évident que l’étude de la partie sensible échappe au physicien, dont le but est de connaitre la disposition des parties, afin de pouvoir fixer le rôle de Vinstrvmcnt luimême. Aussi, au point de vue physi(|ue, n’hésitons-nous pas à définir l'oreille ; Ün appareil qui a pour effet de rassembler et de Iransinetlre les sons. Le double but est rempli par l’oreille externe, sorte de conque utile, mais non indispensable à la fonction, et par une série d’oi^aiies délicats qui commencent à la membrane du tympan, membrane vibrant à l’unisson des sons reçus, et qui aboutissent aux parties sensibles ellesmêmes, par l’intermédiaire de la chaîne des osselets.

C'est la description anatomique de ces divers organes chez l'honmie, que nous allons rapidement esquisser. Nous insisterons ensuite sur les usages respectifs et la valeur des différentes parties.

1214. Anatomie de l’oreille. — Chez l'homme, l’oiville est logée de chaque côté de la tête, dans les cavités mêmes des os, (|ui lui offrent à la fois un point d’appui, une protection et des circonvolutions nombreuses dans lesquelles s’épanouissent les dernières ramifications du nerl acoustique. Une division classique permet d'y considérer : 1“ l’oreille externe; 2" l’oreille moyenne; ô" l’oreille interne.

1“ i.'oreille extei'ne représente une cavité en forme d’entonnoir ; elle romprend non-senleinent la partie tout extérieiin^ ou l'nvillon l’ (/ij;. .^7(i)

de l’orfille, mais encore le Conduit audilirexlenieC, c’est-à-dire le tuyau prolongé de cet entonnoir.

Les divers ronloiirs du Pavillon ont reçu des noms qu’il importe peu

d’indiquer dans l’étude surcincle que nous voulons l'aire de l'appareil auditif; tout ce qu’il faut retenir ici, c’est la direction en avant de ces replis, la conservation de leurs formes pardes cartilages, et leur mobilité restreinte ou absente chez l’homme, très-évidente au («ntraire cliez certains animaux, notamment le cheval et le lièvre.

Le (induit auditif exterm' n’est pas rectiligne; il se porte flexueusemenl dans les cavités osseuses, se moule sur leurs parois et aboutit à la membrane du tympan qui le ferme à In partie In plus interne. Des poils nombreux et petits destinés à retenir les poussières de l’air, .servent d’organe de protection à l’entrée de ce canal, et des glandes logées dans les téguments sécrètent une humeur qui lubrifie constamment ses parois.

2“ Voreille moyenne a été comparée par les anatomistes à un tambour véritable, d^ù le nom de Caisse du tympan donné à sa cavité. Nous y trouvons en effet une membrane tendue sur un cadre us.seux et capable d’entrer en vibration ; c’est la membrane du tympan T, dont le plan fait un angle assez aigu avec la direction du conduit auditif. Cette membrane est circulaire, trés-mince, en rapport par sa face interne avec In chaîne des osselets.

La paroi de la caisse opposée <i la membrane du tympan, pivsente «leux ouvertures, la Fenêtre ronde F et la Fenêtre ovale F', ouvertures qui sont fermées, la dernière par la base de run des osselets : l’Étrier ; la première par une membrani' propre.

Fil même timips que la Caisse du tympan, nous devons indiquer une partie intéressante pour nous: la Trompe d'Fustarhe E formée par un canal allant «le la cavité de l'oreille moyenne à l'arriére-fond des fosses nasales. Elle est destinée à mettre l'oriMlle nmyenne en libre commnn-

llK I.'01HK.

nimion avoc l'air rxlri ionr aiiquol rllr livre passage, eninnie cela a lieu ilans les -caisses mililaires, ]»ar l’interniédiaire d'un orifice élroit placé laléralemenl.

Enfin, la Caisse du tympan contient dans son intérieur une série d’osselets f/iÿ. hl7} formant une cliaine lîontinue depuis lamemlirauedn tympan jusqu'à la fenêtre ovale. Ces petits os sont .111 nombre de quatre et désignés, d’après lenil'arme, sous les noms de Marteau m, Enclume ij, Os lenticulaire /, Étrier e. Ils sont réunis par des ligaments aux pallies voisines; le marteau notamment est en relation directe avec la inembrane du tympan. De plus, divers muscles M, M', qui président à leurs mouvements, paraissent destinés à agirmédiatement, par l’intermédiaire des osselets, sur la membrane du tympan, peut-être aussi sur il’aiitres parties dont ils augmentent ou diminuent l’état de tension.

.> l'orfille interne est la partie la plus délicate et partant la plus protégée de l’appareil auditif, elle est logée dans une portion très-dure de l’ns temporal, celle qu’on appelle le Rocher ; elle présente des circonvolution nombreuses qui lui ont valu le nom de Labyrinthe.

Nous ne pouvons décrire ici tous ces conduits ; nous dirons seulement que l’oreille interne se compose d’une cavité irrégulièrement ovoïde appelée Vestibule, à laquelle viennent aboutir trois tubes curvilignes, I* les Canaux semi-circulaires S {fig. 576) ; 2" une ampoule de forme conique L, désignée sous le nom de Limaçon, pour rappeler sa ressemlilance avec les coquilles de certains mollusques gastéropodes;'»" le tinnduit auditif interne.

Le conduit auditif interne est un canal qui livre passage au Nerf acoustique N ; ce nerf vient exercer sa fonction dans l’oreille interne qui acquiert par cela même une grande importance, et constitue, à proprement parler, la seule partie essentielle et fondamentale du sens de l'ouïe ; c’est la seule qui existe chez certains animaux. A cêlé de lui viennent par ordred’impoitance les Canauxsemi-circulaireset le Limaçon.

Ces diverses parties soi't tapissées de lames minces, molles, membraiii'uses, transparentes, mulli|»lianl encore les surfaces di’-jà si nombreuses de l’oreille interne, et offrant un développement considérable sur lequel viennent s’épanouir les branches terminales du nerf acoustique. Des liquides spéciaux baignent constamment l’oreille interne, de manière à maintenir sur ses parois riiumidilé néces.saire à la fonction nerveuse. Le Limaçon, en particulier, est divisé, suivant sn longueur, en trois enm-

2KU ’ ACÜLSTIQUE.

parti niPiils, par deux inrniliranos nlTraiit un certain degré de tension. Dans le conipartiinont moyen, Corti a signalé l'exislence d’un nombre considérahle de petites plaques d'une étendue trés-faible, presque microscopiques, rangées régulièrement les unes à côté des autres, comme It's touches d’un piano. Ces plaques communiquent par une de leurs extrémités avec les fibres du nerf acoustique et par l'autre avec la membrane tendue. Dans le vestibule, se trouvent des fibrilles nerveuses en grand nombre, terminées par des appendices élastiques qui ont la forme de petits poils roides. Dans l’opinion de M. Heliuboltz, ces appendices se mettraient à vibrer à l’unisson des ondulations sonores parvenues dans l’oreille; et cbacnn d’eux serait accordé avec un seul son, un son de hauteur déterminée. En admettant cette hypothèse, M. llelniholtz a pu .se rendre compte de la perception par l’organe auditif du timbre des sons. Le timbre résultant, comme nous l’avons établi plus haut, de la superposition au son fondamental d’un certain nombre de ses harmoniques, on comprend que les seules fibres nerveuses, accordées avec les sons élémentaires superposés, éprouvent une modification spéciale. Toutes les autres ne subiraient aucun ébranlement et dés lors l’oreille serait capable de résoudre en leurs parties isolées des mouvements sonores très-complexes.

1215. Usagra dra dlveraea parliea de l'oreille. — Maintenant que nous connaissons la disposition anatumiqne des organes compliqués qui servent d’instrument nu sens de l’ouïe, nous pouvons essayer d’en apprécier le rôle et le mécanisme.

Les usages de l’oreille externe sont évidents, et les courbures de ses diverses parties semblent destinées à réaliser cette condition : que la conque ait toujours une partie de sa surface interne placée sur le trajet des ondes sonores, afin que ces dernières puissent être réfiéchies dans une direction convenable jusque sur la membrane du tympan. Il parait, en effet, que chez riiomine, une inclinaison ou plutôt uu écartement du pavillon coïncide avec une grande finesse de l’ouïe. Quoi qu'il en soit de cette observation, chacun sait (|ue les animaux craintifs nu nocturnes ont ces pallies extrèn)ement développées on très-mobiles. t;hez certaines chauves-souris, les dimensions du pavillon sont énormes; et nous voyons tous les jours des animaux qui ont la faculté de diriger l’ouverture de l’oreille exteiue vers le côté d’où vient le bniit.

Les flexuosités et la courbure vers le haut du conduit auditif exienie ne paraissent avoir d’autre but que de s’opposer à l’introduction des corps éli-angers. D’a|>rés Muller, ce conduit serait destiné à reiifomT

DR L’ODIE.

les sons : il faut romarquor en elTet que la disposition infundibuliforme a pour résultat de concentrer sûrement les ondes sonores sur un espace de plus en plus petit. Ajoutons que l'oreille externe offre une sensibilité Irès-marquée et qu’elle représente ainsi une avant-garde, contre les lèjeLs extérieurs.

1216. La membrane du tympan s'insère obliquement, nous l'avons ru ; cette disposition a d’abord l'avantage d’éviter l’action bnisque et directe des corps étrangers qui pénétrent dans l’oreille. En outre, grâce à cette obliquité, la partie terminale du conduit auditif interne, qui n'a guère que 7 ou 8 millimètres de diamètre, est fermée par une membrane qui mesure, à son point d'insertion, un diamètre de lÜ ou Il iiiilliniétres. La différence est sensible, ou le voit, et les naturalistes ont établi que, toutes choses égales d'ailleurs, la perfection du sens de l'ou'ie est en rapport direct avec la surface et avec l'obliquité de celte membrane.

1217. Si la membrane du tympan servait de paroi à une caisse vide nu remplie par un gaz complètement emprisonné entre des parois résistantes, il est certain qu'elle ne vibrerait pas, ou qu’elle vibrerait mal. Aussi, taul-il bien se pénétrer de ci^tte idée, que les deux faces de la membrane sont accessibles à l’air, sont soumises à la même pression, et que les ondes sonores peuvent se transmettre aussi bien [wr l’oreille externe que par la trompe d'Eustache. Toutefois, les dimensions restreintes de ce dernier canal, sa position dans rarriére-cavité des fosses nasales, et par conséquent son rapport avec de l’air, dont les vibrations se sont amorties sur des contours déjà nombreux, tout cela, disonsnous, n'en lait pas le conduit ordinaire des ondes sonores, mais seulement une ouverture destinée au maintien d’une pression toujours égale à la pression atmosphérique. L’expérience prouve d’ailleurs que si l’on bouche les oreilles avec le doigt on perçoit fort bien un son émis avec la bouche fermée; et, d’autre part, l’observation médicale a établi que l’occlusion de la trompe d'Eustache coïncidait avec une certaine dureté de l’ouïe.

L'oreille moyenne a pour usage, non pas seulement de transmettre les vibrations, mais elle est encore un appareil de perfectionnement dans lequel les sons sont atlénués ou renforcés. Elle manque chez Ions les invertébrés, et même chez les vertébrés à respiration branchiale, et c’est elle qui donne aux animaux supérieurs, la faculté d'apprécier la valeur exacte des sous. Ce rôle important est rempli par les divers organes, qui constiluenl la caisse du tympaii, membranes et osseliMs; il e.-l rempli

•iS2 ACOUSTK.ILK.

l’iicoi'p par (les prolongeinenis considérables, variables il'élendue el dr forme, qui, sons le nom de Cellules mastoïdiennes, s’étendent dans l'épaisseur de l’os temporal. Chez l’homme ret agrandissement des cavités a déjà son importance; chez les oiseaux, les ruminants, etc., elles se prolongent jusque dans l’os occipital, et nlTrent un développement trèsnotable.

1218. La ('haine des osselets présente des llexuosités, et fait l’ellet d’un ressort destiné à transmettre, avec tous les miMiagenients désirables, les vibrations sonores. Les muscles, qui les font mouvoir, ont pour action secondaire, nous l’avons dit, de tendre ou de relâcher la membrane du tympan et de la rendre ainsi parfaitement apte à vibivr à l'nnisson de tous les sons qui viennent de l’extérieur. (>s muscles sont soumis jusqu’à un certain point à l’empire de la volonté ; quelques (hm'sonnes ont la faculté de h’s faire mouvoir, et de produire ainsi un léger bruit dans leur oreille, mais chez tous ils sont .soumis à l’action réllexe, c’est-à-dire qu’ils agissent instantanément pour répondre aux provocations extérieures, sans l’intermédiaire delà volonté. L'utilité de ces muscles est très-grande; à part la finesse du sens auditif qu'ils favorisent au plus haut ]>oint, ils relâchent la membrane dans le cjis des impressions trop vives et évitent ainsi sa rupture. On a vu eu effet des coups de canon tirés à l'improviste et avant que la membrane ('lït accpiisle relâebement nt’'cessaire, dét(*rniinerla dt‘chirure de cet organe.

Ifu reste*., CCS divers organes sont utiles, mais non indispensables; la perte ou la déchirure du tympan, l’absence (b’s osselets n’eutrainent pas la surdité complète.

1219. Nous avions donc raison de dire en commençant (|'Ue l’organe seul essentiel est l’oreille interne et même 1e vestibule. Chez les cruslacés et les céphalopodi's, le vestibule forme seul le sens de l’ouïe. Les autres parties du labyrinthe lui-ménie n’apparais.sent que successiv(*ment dans les êtres plus élevr'îs de l’échelle animale (lour u’élre complètes que chez brs mammil’éres.

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