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III. — kjues iii srfcciKt

I51Ô. Biverac» captera 4r rayona — D'iipré» le^ ilU|il'ti!>M(ills produites sur la rétine par les rayons Ininineux apparteininl aux diverses régions du spectre, les radiations solivires ont été classées, comme nous le savons, en sept groupes ipii ont reçu leurs noms de lu teinte qui les rardclérisait. Tontel'ois, de ce que l'ieil ne distiii^'lie que sept couleurs dans le spectre, il ne l'ant pas en conclure qu'il n'y a en réalité que sept ispèces de rayons de liiiniére, que toute la liande rouge, par exemple, est formée par des rayons absolument identiques. Il n'en est rien : une bande colorée choisie dans une région quelconque de l'image spectrale est formée par plusieurs rayons (|u'on ne saurait confondre, car ils se distinguent les uns des antres pai' les valeurs difl'érenles de leni-s indices de réfraction.

I*nnr nous en convaincre, imaginons un faisceau de rayons parallèles ir ifig. 682) jKissédant tons une mfmr réfrangibilité; si ce faisceau

touille sur un prisme, les rayons émergents sortironl parallèles entre eux suivant R, R', ; car chaque élément du faisceau subit, en pénétrant dans le prisme et en le quittant, une déviation identique à celle des antres rayons qui arrivent sons la même incidence. Si donc la lumière sn laire ne contenait que sept espèces de rayons, les faisceaux lumineux, en sortant d’un prisme, se diviseraient en sept groupes semblables aux deux groupes R,R'i, RjR', que nous avons ligiirés; chacun suivrait une route déterminée, et ces groujies, entremêlés d’abord jusqu’à une certaine distance, se sépareraient à mesure (pi'ils s’éloigneraient iln milieu réfringent, et peindraient, sur un écran jilacé assez loin, un spectre formé de sept bandes complètement séparées. N'ewton, dans ses expériences, bien qu'il réalisât les, conditions les pins favorables, ne put ja-

OPTIOUK.

niais ublenir une séparuliun cuiiiplète des couleurs, et il en conclut avec raison que les ravons lumineux qui forment le spectre n'ont pas sept réirangiliililés appartenant chacune à une couleur spéciale, mais qu’en réalité toute couleur est formée par une nmllitude de rayons lumineux dont les réfrangibilités varient par degrés insensibles et croissent d’une manière continue d’une extréniité à l’autre du spectre, du rouge au violet extrême.

Mais une particularité importante, offerte par le spectre solaire et qui avait échappé à Newton, a été, plus tard reconnue par Wollaslon et étudiée^ par Frauenliofer. Le spectre solaire, quand il est obtenu dans des conditions favorables, est constitué par une multitude de petites bandes brillantes, qui sont séparées les unes des autres par des espaces noirs tré.s-étroits, ou plutôt par des lignes obscures dont la direction est perpendiculaire aux côtés du rectangle (|ui limitent le spectre. On leur a doiiné le nom de raies du spectre.

1541. Rai«» dn «pectre. — La meilleure manière de rendre ces raies netteinenl visibles, pour tout un auditoire, consiste à placer une lentille achromatique sur le trajet du faisceau solaire avant qu’il ne l'encontre le prisme; on peut alors donner au spectre une extrême netteté. Voici, dans ce cas, comment on dispose l’expérience. Par une fente verticale O lrés-élroile(/i;/. ü83), les rayons solaires sont introduits dans la chambre

noire et reçus sur une lentille, açhroniatique L dont la distance focale est de 0'",50 environ, et qui se trouve placée à 1 mètre de l’ouverture. On reçoit alors une image très-nette de la fente sur un écran situé derrière Ja lentille. Celte image est produite par les rayons solaires qui, se croisant à l’ouverture, forment par leur ensemble comme un objet lumineux;'elle eu a les dimensions et se trouve placée, comme nous l'avons établi (151 1), à une distance double de la ilistance focale principale, c’està-dire à I mètre de la lentille: de plus, celte dernière étant achromatique, on n'aperçoit aucune coloration sur les bords de l'image. Mais plar.e-l-on

RAIES IHJ SPECTRE,

^ur le Irajel tles rayons lumineux un prisme I* ilmil les ar^les soient vei licales et dans la position qui convient au minimum de déviation ; ces rayons sont aloi-s déviés, chacun selon sa réfrangiliilité propre ; et sur l'écran se peignent en RV, les unes à la suite des autres, une foule d'images colorées séparées par de véritables lacunes où la lumière fait complètement défaut; ce sont les raies noires si bien observées par Frauenhofer. Ces raies sont innombrables, si l'expérience est bien faite ; et plus les conditions dans lesquelles un opère sont favorables à la séparation complète des couleurs, plus nombreuses sont les lignes obscures (|ue l'(eil peut distinguer. Il y a plus : telle raie qui parait plus grosse que les autres et qui tranche sur l'ensemble comme une large barre noire, se dédouble, quand les moyens d'observation se perfectionnent, en plusieurs lignes très-déliées que l'oeil sépare nettement. On peut donc allirmer, comme le faisait Newton, qu'il y a une multitude de rayons lumineux, mais il faut ajouter qu'il existe des solutions de continuité dans la série de leurs réfrangibilités.

L'importance de ces raies est grande pour le physicien, elles lui offrent de véritables repères (|ui permettent de désigner nettement avec quelle espèce de luiniéic ont été répétées les expériences tlont il donne les résultats. .Aussi, pour

éviter toute oonfiisioii, csl-nii convenu de désigner les groupes de lignes les plus saillants qui se trouvent dislriliués dans les sept couleurs principales, par les huit premières lettres de l'alphabet; la raie A (fiil. C84) étant marquée dans le rouge et la raie II vers le milieu du violet. Dés lors, on voit que, dans le spectre, les raies obscures sont comme des degrés qui |)résentenl uu avantage analogue à celui des degrés du thermomètre. Chaque expérimentateur peut toujours, sans équivoque, se reporter aux rayons qui ont été imliqués.

Tel a été, d’abord, le seul parti que l'on ail tiré de ce phénomène ; mais bientôt l'élude des raies du spectre acquit une bien autre importance, lorsque Fraueidiofer reconnut que l'existence de telle ou telle raie était liée intimement avec la nature de la .source qui émettait les rayons lumineux. C'est l'examen de cette relation et des consé(|uences qui s'en déduisent qui va nous occuper eu ce moment.

IÔ45. Lrai raie* earacterlaeni le» dlveraea wonrx'ea de lumière

— Dés que l'raueuhofer eut trouvé dans le spectre les repères dont nous venons de parler, il comprit que la découverte qu'il venait de faire ne devait pas avoir seulement un résultat pratique, et qu'elle allait probablement permettre de caractériser les diverses sources lumineuses. Dans ce but, il analysa la lumière des étoiles, et il reconnut que les spectres obtenus sc distinguaient par un nombre et par uu groupement de raies noires différents de ceux que présentait le spectre solaire. K chaque étoile correspond un système spécial, mais toujours constitué par des lignes noires parallèles aux arêtes du prisme de verre qui provoque la dispersion des rayons lumineux.

OnanI la lune et aux planètes qui sont éclairées par le soleil, elles doni'cnt de la lumière qui offre é l'analyse toutes les particularités du spectre solaire.

lôili. ,4lMien<>e dr raies dans 1rs Onmmrs ordinaires. — Quand ou examine hi flamme d'une lampe, d'un bec de gaz ou de toute autre source, qui ne contient aucune trace de vapeur métallique, les spectres que l’on obtient, en répétant l'expérience de .Newton, et en prenant les dispositions les plus convenables pour faire apparaître les raies, olTrent toujours une continnité parfaite, et il n’est possible d'y apercevoir aucune ligne obscure. Toutefois, l’expérieuce ne réussit parfaitement qu’en recourant à des précautions que nous ne tarderons pas é faire connaître.

I,>47. Raies produlICM dans le eau od la lumière a traversé eer-

tains gmm. — Drewsler, en réfléchissant sur les expériences qui viennent

«AIES nii SPKCTRK.

il élrei'iipportécs, les rnitacha à d’autres faits aiitérieumtieni observés et fut conduit, par cette relation qui le frappa, à tenter des essais nouveaux. 11 avait remarqué que les solides et les liquides colorés interposés sur le trajet des rayons solaires produisent ilaiis le spectre de larges solutions de continuité; ce sont des bandes noires d’une étendue plus ou moins considérable qui se montrent dans diverses régions de l'image spectrale. Les couleiirs se trouvent souvent réduites à un moindre nombre, par l’absence de plusieurs d’entre elles qui ont tout à fait disparu : le milieu coloré les a absorbées, et l’espace qui reste noir est celui qu’elles auraient dû éclairer. Dès lors Brewster se demanda si les raies découvertes par Frauenhofer n’étaient pas dues à quelque milieu absorbant à travers lequel les rayons .solaires auraient été obligés de passer avant d’arriver Jusqu’à nous. Mais, comme les liquides ou les solides colorés ne donnaient, par leur intervention, que des bandes noires trés-éteiidues, il eut recours aux gaz, dans l’espérance qu’il verrait npparaiti'e des lignes étroites comparables à celles du • spectre solaire. — Il réussit parfaitenieul. — L’acide hypoazotique, placé dans un tube sur le trajet, .soit de la lumière solaire, soitd’iiiie lumière artificielle, exerça un pouvoir absorlwnt électif et tel que des raies nombreuses et nouvelles sillouuéreiil le nouveau spectre, surtout dans la , partie violette. Brewster crut même reconnaître que plusieurs de ces laies étaient exactement à la place occupée par quelques-unes de celles qui se montrent dans le spectre solaire : ce dernier résultat ^ .aurait peut-être besoin d’être confirmé. Quoi qu’il en soit. Millier a constaté depuis, que l’iode et le brome eu vapeur produisaient des effets du même genre.

I3i8. Ral«« brUlanteit de» vapeur» aBétalliqiir». — la;s lignes , noires, dont il vient d’être question, ne sont pas les seules qui aient été* aperçues, quand on a fait avec soin nue an.alyse spectrale de la lumière. Frauenbofer avait déjà constaté que lorsqu’on prend, comme source, * lumineuse, une vapeur métallique incandescente, le spectre obtenu présente au lieu de raies noires des lignes excessivement brillantes, qui varient en nombre, en éclat et en étendue, selon la nature du métal. Ces raies sillonnent d’ailleurs le spectre dans le même sens que les lignes obscures qui nous ont déjà occupé. M. Wheatstone a repris l’étude du même phénomène, Masson a étendu à un grand nombre de métaux des ' recherches semblables, et chacun de ces expérimentateurs a fixé le» lignes principales qui caractérisent chaque métal.

Les vapeurs incandescentes s’ol'tieuneiit direclemeul, qiiauil le métal

OPTiyUK.

l'sl volatil, en le puiiaiit ù une haute tenipératui'e, et alors ees vapeurs peuvent êli'e prises eonune sources de lumière; mais ce procédé n’est applicable qu’à un très-petit nombre de métaux. Le mieux est de faire jaillir l’étincelle électrique entre deux fds formés par le métal que l’on veut étudier: la machine de FtuhmkorlT est excellente pour cet objet; la succession rapide des étincelles fait voir le phénomène pour ainsi dire sans inleiTuption. Ûn peut aussi se servir du courant voltaïque pour réaliser la haute température nécessaire à la vaporisation d’un métal : on emploie dans ce cas l'appareil destiné à produire la lumière électrique (863) et l’on creuse le sommet du charbon inférieur C’ d’une cavité dans laquelle on <lépose un "lobule du métal choisi. Celui-ci s'échauffe par le passage du courant, et, en .se volatilisant, il donne à l’arc voltaïque une teinte spéciale.

Enfin, on peut encore observer une combinaison volatile dans laquelle entre le métal ; les raies que l’on obtient sont celles qu'eût données le métal employé directement. Ln fil de platine imprégné de chlorure de potassium et maintenu dans une llamme pâle et très-chaude donne, on se volatilisant, les raies du potassium. La llamme que MH. Kirchhoff et bunsen préfèrent est celle du gaz de l’éclairage brûlant avec une lueur pâle dans la lampe dite de Bunsen.

1349. Pouvoir émlmlf et pouvoir obnorbunt cTuae vapeur mélaliique. — l’n métal en vapeur donne un spectre qui offre toujours des raies brillantes d’une certaine réfrangibilité; cela revient à diiv que la vapeur du métal en question a le pouvoir d’émettre en grande quantité l'espèce de lumière correspondante a ces raies. Le spectre du sodium, par exemple, fournit une raie jaune excessivement éclatante; le pouvoir émissif du sodium pour cette lumière jauni* est donc considérable. Mais, quoique nous n’ayons fait qu’exprimer le phénomène sous une lorme nouvelle, celte forme même reporte notre esprit vers deux principes importants que nous avons mis en évidence dans notre étude de la chaleur rayoniiaute. Klle rappelle d'abord l’identité que nous avons été conduits à reconnailre entre la chaleur rayonnante et la lumière (342), et, en second lieu, l'égalité du pouvoir émissif et du pouvoir absorbant (ü3i), égalité qui est vraie quand on ne considère qu’une espèce de chaleur bien déterminée. Nous sommes donc amenés à rechercher quel est le pouvoir absorbant de la vapeur de sodium pour la lumière jaune que celte vapeur émet en si forte proportion, et de plus, nous sommes, n prwri, portés à penser que ce pouvoir sei'a considérable.

1350. BvmiIiuIn ubleatiM par M. lUrrhUatr. — lelle a été en eflet

RAIES nu SPECTRE.

l'idée lie M. Kirchholf, idée dont la justesse a été démonli'ée par les faits. Ce physicien a fait passer un rayon de lumière très-éclataiit à travers la vapeur du sodium, et ce iiu’il avait prévu est arrivé ; le nouveau spectre s’est trouvé marqué d’une double raie noire, à l'endroit même où la ligne jaune brillante du sodium se montrait tout à l'beure. quand un formait exclusivement le spectre avec la vapeur de ce métal. Cest ainsi que ce principe bien compris de l'identité de la lumière et de la chaleur rayonnaide est devenu le point de départ d’une des plus importantes découverles de notre époque.

Les recherches de M. Kirchhoff ont surtout porté sur les alcalis. Parmi les résultats qu’il a obtenus,, nous citerons deux des plus nets : la vapeur du lithium donne un spectre à peu près réduit à deux raies principales, dont Time est d’un rouge trés-vif et se trouve comprise entre les raies B et C (fig. 68i). Le potassium donne deux raies rouges trèsbelles dont l’une correspond à peu près à la raie A du spectre solaire et l’autre à la raie B. Les raies de ces métaux ont été renversèex et sont apparues en noir dans les spectres formés par les rayons lumineux trèsintenses qui ont été obligés de traverser les vapeurs de ces métaux avant d’ètre décomposés par le prisme.

I Ô51 . .Wélbode fl'expérlenee de 31 . Klrebhofl. — l’our observer commodément ces phénomènes, M. Kirchhoff emploie une méthode d’expérience qui n'est antre au fond que celle de P'rauenhofer. Il dispose la source de lumière (fig. 685) devant un fenteOqui est placée au foyer principal d'une lentille convergente 1/. Le faisceau lumineux qui pvénètre à travers la fente dans le tube I/O donne, après avoir travei'sé la lentille, des rayons parallèles à l’axe qui tombent sur le prisme P placé dans la position qui correspond à la déviation minimum. ('.es rayons forment, après leur émergence, un spectre qui est reçu sur une lentille convergente L. Cette lentille fournit, à son loyer, une image très-petite et très-brillante du même spectre qu’on examine avec une loupe /, située à une distance convenable.

Afin qu’il .soit possible de comparer les positions respectives des l'aies, dans les expériences successives qui seront faites, M. Kirchhoff place latéralement a l’extrémité d’un tuyau L"M un micromètre-, c’est une plaque de verre portant des lignes fines équidistantes dont la

:.;i4 oPTlQliK.

(Jireclion est pm-allèle ù In fente. Au bout L" du tuyau, une lentille pareille à 1/ renvoie les rayons émanés du micromètre sur une face latérale du prisme qui les réfléchit vers la loup<‘ /. De celte façon, l’œil placé en I voit en même temps que le spectre les divisions grossies du micromètre.

I ô.'it!. Rmplol fia Mpeetroiieape. — Avec cet instrument qu'on a nommé le spfctroscopr, on commence par noter sur le micromètre les positions occupées par les raies noires du spectre solaire, il suffit pour cela de faire parvenir dans la direction 01/ un faisceau très-délié de la lumière du soleil. Puis, veut-on observer In raie brillante du sodium ; on supprime In lumière du soleil, et, sans toucher à l'instminenl, on met devant In fente O la lampe é gaz, dans la flamme de laquelle on introduit un fil de platine chargé de chlorure de sodium, l/on voit aussitôt se projeter sur un fond peu éclairé une raie Jaune trés-brillanle qui représente, à elle seule, à peu prés tout le spectre de la vapeur de sodium, et qui est juste |ilacéc sur la division du micromètre qu’occupait auparavant la double raie noire D du spectre solaire.

1050. Expérience de Jl, Debray. — Quand on remplace la lampe à gaz parla lumière de Druminond, ubtenne en projetant sur la chaux un jet enflammé de gaz oxyhydrogène, ou n’aperçoit dans lu partie jaune du speetre, ni raie brillante, ni raie obscure. Mais si l’on interpose, entre la lumiéi'e de Drummond et la fente, la flamme de In lampe de Bunsen, chargée de chlorure de sodium, celle-là même qui a été employée dans l’expérience précédente, ou bien encore la flamme de l’alcool salé, aussitôt une raie noire apparait exactement à la place où la raie brillante indiquait auparavant une quantité considérable de Inmièi'e émise par le sodium. Ainsi que nous l’avons déjà affirmé, l’exi>érieuce montre donc clairement que le |H)uvoir absorbant de 1a vapeur du sodium est considérable pour cette même lumière à l’égard de laquelle son pouvoir éuii.ssif est Hiaximiim. La méthode qui vient d’être décrite et pai' laquelle on produit si facilement l’inversion de la raie du sodium en se servant de la lumière Driimmond et de la lampe à alcool salé est due à .M. Debray. Un peut y recourir avec avanUige pour montivr ce phénomène par projection à un auditoire nombreux.

I Ô5A . Explleatif» dee mira obNcnres dnae le spectre MliUre. — 1 1

est une question ipie l’on pourrait se faire à ce sujet et que nous ne devons pas passer sous silence, l'.ommeut la vapeur incandescente iln sodium, qui seule placée devant l’ouverture 0 donnait une ligue jaune brillante, peut-elle obscurcir le spectre de In lumière de Diuminond ''

IIAIKS ÜU SHKCïRE.

Si elle absorbe une parlie de celte lumière, elle ne conlinne pas moins à en émettre qui lui est propre, el toute celle qu’elle rournirail si elle était seule doit encore venir se réfracter dans le prisme. Cette remarque est juste ; il est vrai de dire que la raie brillante du sodium eviste comme précédemment, mais sa clarté est li'ès-faible relativement à relie de la lumière éclatante qui l’environne el qui est due au ravonaement intense de la lamp«' Drummond, aussi se détache-l-elle obsairc sur un fond clair. Mais lorsqu’elle est seule, elle se détache brillanle sur le fond obscur, parce que tout le reste du champ visible est peu éclairé.

1355. Ap|ril«atl4MM dn «tpee*roMeope. iHin. iUrchhofr et Bunaen. Bÿeoaverte de troia mCtanx . — Ces résultats obtenus, MM. Kirchhoff el Bunsen travaillèrent ensemble pour rechercher, avec quel degré irexartitude, l’analyse spectrale de la lumière pouvait accuser la pré- 'Cnre des divers métaux ; ils constatèrent qu’il n’y avait pas de réaction ehimique connue qui présentât un pareil degré de sensibilité. Pour en citer le plus bel exemple : 2 milligranunes environ de chlorure de sodium, disséminés dans l'atmosphère d’une salle ayant une capacité de liU mètres cubes, ont donné â la flamme de la lampe qui bri’dait dans cette salle la coloration jaune caraclérislii|ue du sodium el, en regardant à travers l'appareil, on vit se produire pendant plus de dix minutes la raie jaune dont nous avons pai lé.

liés lors, une nouvelle méthode d’analyse chimique supérieure aux méthodes connues était découverte et nos deux observateurs n’ont pas manqué, dés qu’une substance nouvelle leur arrivait, de l’introduire dans la flamme de la lampe A gaz.. Or, il est advenu que deux fois déjà (et leur travail datait alors à peine de deux années), ils ont aperçu, à leur grande satisfaction, des raies brillantes qui ne s’étaient jamais monliées dans les autres spectres. Pour dix, il u’y eut pas un instant de doute, l apparition de ces raies nouvelles devint le signe certain de la pré- >cncp dans la flamme de la vapeur d’un métal nouveau. En effet, les l'éaclinus chimiques mirent bienlét en évidence les substances jusqu’alors ignorées qu’avait dévoilées ce nouveau procédé d'investigation, l/uu des métaux découverts fut nommé rubidium, à cause de la belle raie muge qui l’avait annoncé, et l’autre, qui fournil une belle raie bleu verdâtre, fut nommé rœxium. Plus récemment, au mois de mai 18112. M. Lamy est arrivé, par l’emploi de la même méthode, â l'isolement d'un troisième métal le tbaUium, qu’il a pu extraire en quantités assez considérables des boues des chambres de plomb recueillies dans une usine où l’on prépare l’acide sulfurique par la combustioii des pyrites

.-9fi OPTIOllK.

lie fer. Avant lui, M. ('rookes avait ajierçii, il est vrai, la raie verte cai'aetéristiqucdu thallium, en opérant sur les résidus de certains .séléniuiiis, mais il n'avait pu l’isoler et le considérait même comme un métalloide analogue au sélénium et au tellure. Le thallium est un vrai métal bien caractérisé que M. Lamy a obtenu en lingots assez volumineux. Il orfiy cette particularité curieuse de se rapprocher du plomb par certaines propriétés chimiques et par d'autres du potassium. Il fait incontestablement partie du groupe des métaux alcalins.

1050. Métaux apparteanol * rntmoNpbére aolalre. — Une idée vraie est toujours féconde en conséquences utiles. M.M. Kirchhoff et nunseii, ne manquèrent pas de poursuivre sans relâche leurs curieuses recherches; ils cherchèrent ft déterminer, par leur procédé, la nature chimique des métaux que renferme l’atmosphère du soleil.

t L’analyse par le spectre, écrivent-ils, ouvre aux investigations de lu « chimie un champ jusqu’à présent inexploré et dont les limites s’éten- « dent même au delà de notre système solaire. Comme cette nouvelle « méthode d’analyse n’exige que l'observation par lu vision d’un gaz iiif candescent, on comprend facilement qu'elle doit être applicable à l’alt mosphère du soleil et à celle des étoiles fixes ; seulement elle subit « une modification, par suite de la lumière qu'émettent les noyaux de « ces astres, v Dans un mémoire précédent « il a été démontré que le « spectre d'un gaz en combustion se trouve renversé, c’estsi-dire que <1 les raies brillantes deviennent obscures, lorsqu’un foyer lumineux « assez intense et donnant lui-même un spectre continu se trouve placé « en arriére de la llainme de ce gaz. On peut conclure de ce fait que le « spectre solaire avec ses raies obscures n’est autre que le spectre ren- « versi- de l’atmosphère du soleil. Far conséquent, pour analyser l’at- « mosphère solaire, il suffit de rechercher quels sont les corps qui, « introduits dans une llamine, donnent des raies brillantes coïncidant Il avec les raies obscures du spectre solaire. •

Par cette méthode, MM. Kirchhoff et Bunsen ont signalé le fer, le chrome, le nickel parmi les éléments de ratmosphère solaire ; le fer, en particulier, donne jusqu’à soixante-dix raies brillantes qui ont chacune leur raie noire correspondante dans le spectre solaire : ce résultat ne peut laisser aucun doute sur la présence de sa vapeur dans le soleil. L’argent, le cuivre, le zinc, le plomb et le thallium ne font pas partie de l’atmosphère solaire ; car ces métaux, dont les spectres présentent des raies extraordinairement brillantes, n’en donnent aucune qui coïncide avec les raies obsnires dn spectre stdaire.

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SPECIRK SOLAIKK.

1357. Bain» tvllarHiaea. — Dans ces derniers lciii|is, oii a recunnii dans le spectre solaire la présence de raies, ou plutiU de Itandes obscures, romiées par un grand nombre de lignes très-fines et d'un aspect toul particulier. Elles sont dues à une absorption élective exercée sur les radiations solaires par l’attnospliére terrestre. M. Janssen, qui s'est beaucoup occupé de leur étude, attribue l'existence de ces raies à une action spéciale de la vapeur d'eau, qui, conunenous le savons, se trouve toujours dilTusée en proportion plus ou moins considérable dans l'air atmosphérique. On les a nommées : raies telluriques. M. Janssen a établi, par une expérience très-concluante, que telle était en effet l'origine véritable de ces raies. — Une lumière artificielle donnait un spectre qui en était dépourvu. En bien! il a suffi de faire passer les faisceaux qu'elle éinetlait à travers un long tube contenant de la vapeur d'eau pour que l'analyse sjiectrale décéldt aussitôt l'existence de ces raies spéciales dont nous venons de parler.

IV. — ACTIONS II V Uses riiuiii’iTi.s paii le srECTiit .socAini..

Les radiations qui, par leur ensemble, constituent un spectre solaire, produisent trois genres d'effets, qu'il importe de signaler, ce sont les effets lumineux, les effets calorifiques et les effets chimitpies.

1358. Intemlie Inminease des diverse* pertle* da *pee«re nolalre . — Loreque l'on examine avec qiiebiue attention un spectre solaire, ou reconnaît do suite que les différentes couleurs n'ont pas le même pouvoir éclaii'aiit. Une page imprimée en caractères tins par exemple, est licaucnup plus facile à lire dans la cliaiiibre noire quand on projette sur elle la lumière jaune du spectre, que lorsqu’on l'éclaire par l'emploi de tout autre rayon lumineux. Mais si l'on a pu constater qu’il y avait une dilTérence entre les pouvoirs éclairants des différentes régions du spectre, on n'a pas jusqu'ici déterminé d’une manière satisfaisante les rapports de leurs intensités lumineuses. Frauenhofer, dans diverses expériences faites à eu sujet, a trouvé des résultats assez peu concordants; cependant il est parfaitement certain que c’est entre les raies I> ft E que se trouve le inaximuni de clarté.

13,59. Eirri* nAioriOqae*. — l.oi’squ'iiu tliei'iiioiiiétre sensible statomne successivement dans les différentes parties du spectre, on trouve que scs indications sont très-variables d’un point à l'autre, et, chose

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