‹ Cours élémentaire de physique, suivi de problèmesChapitre 69 sur 130 · I>T1WE · texte numérisé non relu

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remarquable! ce n'esl pas dans les parties les plus lumineuses que la température s'élève le plus. Jusqu'à Melloui, les pliysieieus ii'avaient pas été d'arconi sur le mode de distributii)ii de lu chaleur dans le spectiv solaire, ces divei'gences d'opinion teiiaient à lu dilTérence de nature des prismes employés pour réaliser l'expérience. Melloni a fait voir que le sel gemme était la seule substance qui donnât des résultats compalables. Il a démontré, le premier, que les autres milieux réfringents absorbaient très-inégalement les i-ayons caloritiques de diverses espéws, et que là était la cause de ce désaccord. Le sel gemme seul laisse passer à peu près égalenieiit bien les rayons calorifiques qui tonil>ent sm lui, quelle que soit leur nature : il peut donc servir à reconnnaitre. pins exactement (jue toute autre substance, en i|uelle proportion la clialeur se trouve accumulée dans chacune des couleurs dont l'ensemble constitue le spectre solaire. Il résulte des expéiiences de Melloni que la lempérature du thermomètre s'élève de pins en plus à mesure qu'on s’écarte du violet pour se diriger vers le rouge. Kn continuant le déplacement du tbermoniélre au delà du rouge, en le faisant arriver dans la partie obscure du spectre, la température croit jusqu'à une petite distance, puis un peu plus loin elle commence à baisser, pour décroître de plus en plus à mesure qu'on s'éloigne davantage du ronge. Toutefois, il va encore une élévation de température sensible aloisi même que rinstrunient se trouve distant du rouge d’une longueur égale à la longueur du spectre visible.

(le résultat très-remarquable prouve, qu'au delà des limites du s|>ectre, dans des parties de l'écran atteintes par des rayons que l'ieil ne peri,-.oit pas, il existe encore des radiations qui émanent du soleil et dont le Ibermomètre parait jusqu'à présent seul apte à accuser l’existence.

15(10. Effet» «rbiniiiiarM. — La lumière provoque, selon les cas, des modifications diverses dans la nature chimique des corps que l'on met en présence. Le chlore sec et l’hydrogène sec, qui restent mélangés sans s'unir dans une obscurité profonde, se combinent sous rinlluencc des rayons lumineux. Les sels haloïdes d'argent, au contraire, subissent Une décomposition sous lu même inriueuce. dette dernière uction de la lumière, qui est utilisée dans le daguerréotype et dans lu photographie, se manifeste avec une intensité variable selon l'espéci! des rayons qui tombent sur la substance sensible. Lu décomposition de l’iodure d’argent est surtout prononcée dans la partie violette du spectre ; elle est mille dans le jaune, l’orangé et le rouge.

SftCTIIK SOLAIUK.

1361 . M. Niepce de Süiiit-Vietor, qui a fait faire de si grands progrès à l’art de la phologra])hie, a réussi à fixer sur la pla<|ue dagiicrrieniie les roiileurs mêmes du spectre solaire, en recourant à l'action chimique des riiyoïis lumineux. Malheureusement, la lumière détniit assez promptemuiil l’effet qu'elle a dèteriiiiué une première fois, et les eouleui-s s’effacent peu à peu. Après deux ou trois jours d'expositiuii à la lumière solaire, elles ont disparu complètement. Il y a cependant déjà un progrès réel accompli au iioint de vue de la stabilité des teintes, pi ogrèsqui est dû à M. Niepce; car, dans les premiers essais de ce genre tentés pai' M.E. Becquerel, les teintes obtenues étaient beaucoup plus fugaces, eU’exposition à la lumière, pendant queli|ues heures seulement, suffisait pour les faire disparaître. Pour réaliser ce genre d'expérience, M. Becquerel l'blorurait une lame d’argent à sa surface en l'employant comme pèle positif d’une pile dans l’auge où l'on décomposait l'acide chlorhydrique ; la plaque étant sortie du bain, le spectre reçu sur elle ne tardait pus à se montrer persistant avec ses couleurs naturelles. M. Niepce emploie uii procédé de lieaucoup préférable, il délermiiie la chloruration par le rontact d’un hypochlorite alcalin dans lequel il immerge la plaque, il ireouvre ensuite celle-ci d’un vernis au chlorure de plomb, lu recuil el l'expose à l’action des faisceaux de lumière colorée. Les couleurs apparaissent comme dans l’expérience de M. Becquerel ; mais elles persistiml beaucoup plus longtemps.

1.362. Stprrtre «iira-vioiet. — Un autre phénomène bien digne d'allention mérite d’ètre signalé ; au delà du violet, dans la parlie obscure, il s’opère une décomposition des sels d’urgeni : le chlorure el 1 iodiire noircissent, el sur les parties attaquées, des raies apparaissent, dont la disposition est analogue à celle qui est offerte par les raies du spectre lumineux ; elles ressortent, en blanc, sur le fond noirdu sel d’argent déconi- (losé, indiquant ainsi des solutions de continuité dans la réfraugibilitèdcs rayons actifs. Au delà du violet, existent donc des radiations particuliéi'es que l’œil n’est pas capable de saisir, auxquelles le lliermoméli'e est insensible, mais dont l’activité chiiuiiiue est puissante. Nous arrivons ainsi à wtte conséquence nécessaire, que le spectre complet formé par les radiations solaires se prolonge au delà du violet et au delà du rouge, et c'est seulement la partie moyenne du spectre total que nos yeux peuvent •listiiiguer.

tJn démontre l’existence de ces raies (pii irimprcssiounenl pas la rétine eu imijetaut sur une substance altét'able le spectre produit par la lumière solaire. Le specli e ainsi obtenu n’est pas trés-étendu parce que

OHTIQIJK.

les Iriitillus et les prismes de verre absorbent les rayons iillru-violets avec une grande énergie ; d’antre part les raies ne sont pas Irés-noiiibrenses, parce que la fente doit rester assez large, . si on veut r|uc le faisceau de lumière solaii'e étalé sur un écran conserve une activité cliiiniquc appréciable. On arrive à produire des images plus étendues, en substituant, aux appareils de verre, des lentilles et des prismes en quartz, comme l’a indiqué .M. Stokes.

1565. Expérience* 4e IH. Mnneart. -- Le résultat est surtout excellent en plaçant une petite plaque sensible au foyer de la lunette d’un spectroscope à lentilles de quartz. L’image qui se produit en ce point est très-petite, mais très-intense, ce qui permet de diminuer la largeur de la fente, c’est-à-dire d’épurer le spectre, autant qu’on le fait pour les rayons lumineux; cette petite image, reproduite par les procédés photographiques ordinaires, peut ensuite être étudiée à la loupe ou au microscope. Telle est 1a méthode que M. Mascart a employée dans CCS dernières années; il a montré que le spectre solaire nltra-violct est plus large que le spectre lumineux lui-ménie et qu’il renferme un noiiihre considérable de raies inactives susceptibles d’étre étudiées avec la iiièine précision que les raies obscures de la région lumineuse.

Les vapeurs métalli(|ues incandescentes donnent surtout des raies ebimiquement inactives plus réfrangiblcs que le violet ; on le constate aisément en plaçant un sel volatil quelconque dans la llaniinc d’une lampe de Bunsen, on même dans le dard d’un cbaluineau à gaz d’éclairage alimenté par un courant d’oxygéne : les raies que l’on obtient ainsi sur des plaques sensibles sont encore caracléi istiques pour chaque métal. L’expérience réussit mieux si un volatilise le métal lui-même à l'aide d’étincelles électriques, et les spectres acquièrent alors une laigeui' tout à fait inattendue. Kn faisant passer une série d’étincelles entre deux Mis d’argent à l’aide d’une puissante bobine, M. Mascart a pu reproduire un spectre ultra-violet Irés-pur, six fois plus long que le spectre liiiniiicux. Il y a lieu de s’étonner que la lumière solaire donne un spectre si petit par l'apport à celui que produisent les vapeurs incandescentes ; il est très-probable que les rayons tiés-réfrangibles qui émanent du soleil sont absorbés par notre atmosphère teirestre. Ne voyons-nous pas, eu effet, le verre absorber une grande partie des rayons ultra-violets, que l’emploi de milieux différents nous permet d’ajiercevoir dans le spectre solaire tel que nous pouvons l’obtenii' à 1a surface de la terre.

1564. PhosphorcMcrnce. — Pour achever l’étude des effets de la lumière, il nous reste à signaler la propriété que présentent certains

SI-ECIKE SOLAIKK. iOI

coi|».s qui, ii|nvs iivoii- ùlé uxposùs quelque teiiips eu soleil, u|qiHi'uisseiil i‘iisuilc hrilliuits dans robsrurilé, cuiiiiiie de véritables sources luiiiiiit'iises. Celle propriété rappelle des plicnoriiénes eoiiiuis de tout le monde, alors qu'il s'agit de la cbajeur. Un corps qui a été exposé au rayonnenieiil d’un eoiq>s chaud constitue, au bout de peu de temps, une source de chaleur. De même un corps, exposé à Uacliou d'un corps lumineux, devient lumineux lui-même après que la source excitatrice a disparu. Le phosphore de tlanton, (|iie l’on obtient en calcinant des écailles d’huilres, est de tous les corps phosphorescents le plus .uicieniieinent célébré. .Après avoir subi l’insolation pendant quelque temps, il répand dans l’obscurité une lueur qui persiste pendant plusieurs minutes. La substance ne perd pas ses propriétés par les insolations Micœssives auxquelles on la soumet. On pont renouveler ce genre d'essais sur le même corps aussi souvent (|ue l’on veut, la réussite est Certaine.

M. E. Becquerel a étendu considérablement le noinbi'e des corps idiusphorescenls connus, et cela, en employant un appareil ingénieux iwnmi piwxplioroscojie, qui permet d’apercevoir un corps, ([uelqiies milliéiiies de seconde après son exposition an soleil, ou à une lumière arlificielle, c’est-à-dire au moment où la phosphorescence est le plus intense. En outre, l’appareil reproduit le même phénomène à des mtervalles de temps assez rapprochés, pour que les impressions qui se succèdent persistent sur la rétine comme si elles étaient continues, l’eu de corps résistent à nu pareil mode d’investigation.

Les |diènuinénes de pho.'phoresconce présentent, dans leurs manileslations, des circonstances variées que .\l. E. Bec(|uerel a étudiées. Il a recherché l’espèce des rayons (|ui déterminent la phosphorescence, l’espi'w de ceux qui sont émis par le corps devenu lumineux, et enliii la durée appréixable pendant laquelle la lueur est perceptible.

1,)6ô. Rajoni qui produisml lu phoapboreurrnvr. — .M. L. IleCqiicrel a reconnu (jiie les diverses espèces de rayons solaires n’étaient pas également aptes à communiquer aux corps la faculté d'être phosphoresia'iils. Les rayons qui la communiquenl le mieux sont eu général les rayons les |dus réfrangibles : les rayons situés dans la partie obscure du spectre, au delà du violet, sont particulièrement aptes à engendrer la phosphorescence. IJuanl aux rayons émis par un corps pliosphorescenl, ils sont moins réfrungibles (|ue ceux ipii ont servi à rendre mami'este la propriété de répandre une lueur dans l’ohscurité.

101)6. E«pé«e iIp lumi^rp donnée par In rurpn phokphornerulK.

iO-i OI'TK.tl K.

— La ïamieiir de la luiuièi'e émisi' varie suivaiil la iialiire de la suIjslance, et quelqiieluis même suivant son état physique : le spath ralcairc fait apercevoir une lueur orangée, l'alumine émet de la liuiiièie rouge, l’azotate d’urane donne du vert et le sulfure de strontium rayonne de la lumière rouge, verte, hieue ou orangée, selon le mode de préparation qui a fourni le sel.

1567. Duree du phénomène. — Le temps pendant lequel la phnsphoi'escene.e pereiste est très-variahlc d’une substanee à l'autre. Voici quelques résultats :

.NOM UE I.A SIBSTV.NCE.

Dfm-E DE lA PHOSI‘HOKES<;EM:e

Sulhirr dr strontium

homvs.

Spalli cjilcaiie

-i- de si‘Comic .

.tliiinine

ef» “

Azutato d'uruiiL' .

tou

IMatino-cyaiiuiv dr |K>l;ts»iuiii. . . .

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(568. Phonphoreoeenee du Nolfnte de iininlnr. — Parmi les corps phosphosrescents, il en est un qui présente un trés-hel éclat, c’est la dissolution acide de sulfate de quinine; mais si sa ]diosphorescence est vive, i-lle ne dure que pendant nu temps extrêmement petit. .M. E. Hecqnerel

l’évalue à de seconde. Ce sont les rayons ultra -violets surtout qui la produisent et qui donnent nue lueur si intense qu’elle peut être apei i;.ue même en plein jour"? Place-t-ou dans un verre une dissolution de sulfate de quinine? on reconiiait que la dissolution offre toujours une teinte hleiiAtredu côté par lequel arrive la lumiéi'e.

Les rayons qui produisent laitte phosphorescence sont surtout, avons, nous dit, les rayons ultra-violets. On |ieut s'en assurer en recevant le spectre solaire sur un papier imprégné de cette dissolution, il se colon.' aussitôt d’une teinte bleue dans la partie hahituellenient obscure qui e.sl an delà du violet et les raies correspondantes se montrent trévnoiie hreuses dans cette région. On le voit ; des radiations qui n'iiiipressionnent pas directement notre rétine sont cajiahles, en agissant mu certains corps, de provoquer d’autres radiations que notre œil peut

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><ioir, cl. |ihémmu'iic bien dijiiic de rciii!<ri|nc, lu Iciiilc hiciiùli-e <iii >iilfato de quinine placé dans la région nllra-violelte est sillonnée de raies identiques à celles qui se dessiiienl sur la plaque de chlorure d argent. On reste, le sidl'ate acide de quinine n’est pas la seule sulistance ijiii produise des efVels de ce genre; rinlusion de l’écorce du mai rinmier d’Iude et qnehpies antres nirusions végétales sont dans le inèine rus.

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