AO
moiisiralion, deux prismes P et P' (fig. H87) tnillés sous des angles eouvenables, rapables de donner deux spectres également dilatés ; ils proiliiisent la même dispersion sans déterminer la même déviation. D'après i'i>la, quand ces prismes sont opposés, l'un corrige lu ilispeision de l'antre, mais les faisceaux éinergenls n’en font pas moins mi angle avec les ravoiis incidents.
Fin. «HT.
Fin. «as.
Une autre expéi'ieiice permet d’observer ce résultat. Sur le trajet des ra\ons réfractés par un prisme ordinaire de vei're à arêtes horizontales, en place un vase prismatique dont deux faces latérales sont formées par deux lames de glace L et 1/ mobiles autour de charnières {fig. 688). I,es glaces étant d’abord placées |>arallélement l'une à l'autre, et le vase étant plein d'eau, le specire n’esi pas luodiné, mais à mesure que l'on écarte les deux glaces de leur paVallélisrue primitif, et que l'on forme ainsi lin prisme op))osé an premier, et dont l’angle réfringent est en sens inverse, les rayons l'ouges et les rayons violets se rapprochent peu à peu les nus des autres, le spectre solaire s’efface, et quand il a disparu el qu’une image blanche se peint sur l’écran, on reconnaît que la déviation n'est pas pour cela annulée, he faisceau émergent fait encore un angle appréciable avec le fuisceaii incident. Si l'on continuait A ouvrir l’angle du prisme liquide, les rayons rouges et les rayons violets nniraieiit par 'e croiser pour se séparer ultérieurement.
1572. f.'alenl relatif a raehromatiaaiie dea prlunea. — Il est, du reste, facile de comprendre comment on peut calculer a piiuii la valeui’ .t'de l’angle réfringent du second prisme, «piand on donne l'angle .\ dn
iO(i OI-TIOIIK.
premier <*t les indices de rêlractioii des sidistniices qui rorineul les deux prismes. Nous siippow'rons (pi’on veuille produire l'ncliromatisme poui ^ deux (Ailleurs, le roiij'c et le viiilel,
par exemple.
■ Eu effet, appelons il l'angle de dé-
viation dans le prisme BAC [fiÿ. 089 1.
c’est-à-dire l’angle formé par le rayon incident EF et par le rayon émergeai Cill, que l'on supposera prolongés l’un et l'autre jus(|u’à leur rencontre et constitués par un rayon de lumière simple, le rayon rouge, soit H, l’indice de réfraction du verre pour la lumière rouge, et eidiii désignons par i et r les angles d’incidence et de réfraction en F, (wr r' et c les angles d’incidence et d’émergenc-e en fi; nous aurons, en parlant des pmpriélés ordinaires des triangles
Kii(. tatii.
Mais si le rayon incident fait un angle assez |ielil avec, la normale, on peut écrire, au lien de‘^|^ = «, .
et aussi
remplaçant, il vient :
.Mais
donc
i = lire
C = llrl'
d=!«r— t) (r-r i"*; r + r‘= \ il = («r— I )
Pour un .second prisme d'angle l'éfringent A', dont l’indice deréfrarliou ))onr le rouge serait n/, l’angle de dévialion d' formé par le rayon émergent II" 11"' avec le rayon incident sur lui, dans la direclion RH' (/il/. lîKli), aurait pour valeur :
l/'= (ll'r— l/V
Mais quand les deux prismes sont inverses l’un de l’autre, cunninl’indique la figure fi86, on a évidemment, pour la déviation totale i. à travers les deux pi'ismes,
(I — il' ou
il = pir— 1 A— (llr'— t;V
•Si le rayon Ml, qui Iravei'se les deux prismes, au lieu d’étre rouge, était constitué par de la lumière violette, on aurait pareillement, en
\CHItnMATISMK
ap|)(‘lanl w, (“I n', les indices île ivfraclioii des deux substances pour le violet, et «' le nouvel angle de déviation totale a' = (n,. 1)A -(nV-t'\'
Si le l'ayon 11), an lien d'étre simple, est formé par la superposition de Jeux rayons, le ronge et le violet, il faudra, pour que, à leur sortie, I même superposition ait lieu, que les rayons émergents ronge et violet soient parallèles, c'est-à-dire que les angles de déviation totale soient égaux.
t)n aura, par suite, la condition :
{ar^l]V — (ll'r — t ~ (Wr— 11\ — {N't — t)A^
i)n bien
V' «r — Hr
t)ii peut donc aisément calculer A'.
i}uand on veut un achroniatisme plus complet, il faut employer un plus grand nombre de prismes; le calcul des angles se fait toujours, du ivsle, par une niétbnde semblable à celle qui vient d’étre indiquée.
I37r>. ArfaromatUme die» Iratillri». — l,es deux éléments de surface, que rencontre un rayon lumineux en traversant une lentille, peuvent être considérés connue appartenant à un prisme. Ce qui précédé permet de comprendre que la dispersion subie par la lumière blanche en traversant un pareil milieu puisse être combattue avec succès par un milieu de même forme, mais qui joue le riMe de prisme inverse. Une lentille divergente de flint-glass et une lentille convergente de crovvnglass donnent, par leur réunion, quand les surfaces présentent des courbiires convenables, uu ensemble doué de la propriété de rassembler eu lui même foyer les rayons de deux réfrangibililés différentes, si bien que les rayons rouges et les violets émanés d’un point lumineux I’ situé à distance viennent, après les réfractions successives, former leur fo;er en un même point I’'. 1,'une des faces convexes du crovvu a exactement la même courbure que la face concave du Ilint qui lui correspond. Ordinaireiueut, ces lieux faces sont soudées ensemble par un mastic transparent ; quelquefois ou laisse les deux lentilles libres dans la même monture.
• • est le groupement de ces deux verres accolés l’uu à l’autre pai’ une face de même courbure qui forme ['objectif dit avUromalitiue dans les iiistniineuts d’optique que nous décrirons bientiM.
1574. laaperfeeXion 4e l’aelu-oniaUanie. — Que l’on se reporte à ce qui U été dit pour raebromatisme des prismes, et l’on comprendra que
i08 OPTlOliK.
deux prismes combinés ne donnent qn'un nchroinatisme imparrait. Dans l’exemple que nous avons développé (1570), les rayons routes et les violets ont émergé parallèles entre eux; mais rien n'indique que les autres rayons sortiront exactemeiil parallèles aux deux précédents. Kii réalité, ce parallélisme n’a pas lieu, mais il est, le plus souvent, très-approché. Deux prismes associés ne pouvant achromatiser que deux espèces de layons; ou choisit, parmi les l'ayonsdii spectre, (-eux qui sont les plus ts'latants et qui donneraient aux images la coloration la plus sensible aux yeux; c'est le jaune et le bleu. Il eu est île même pour les lentilles; rachi'omatisme imparl'ait de robjectil' est, du reste, amélioré dans les iusti'umenls d'optique, au moyen d’mi second système de verres très-difl'érent du premier, et dont nous parlerons plus loin.
cHAmiii-: VI
UK l.% tlMIU\
l/t-liulo (le l’œil, (|iii lera le sujet de ce cliapilre, appartient •'iiiloiil à la |>liysiolo<;ie ; mais, en l'ail, l(»s physiciens ont iK'anconp con- Iriliué, parleurs Irav.nix, aux profçivs de la théorie de la vision, dette sorte d'empiètement sur le domaine d'une science voisine est facile à concevoir : rexpérimenlalenrqni s’occupe des plifuioménes de l’optique, ne peut pas rester indifférent à la connaissance de l’orfrane à l’aide duquel ils lui sont dévoilés; il lui (>st néce.ssaire d'en connaiire, soit les di'-fauts, pour les (;orrifçer, soit les qualités, pour que, à l’oia'asion, il puisse les mettre à prolit. \ cet intérêt, ipii suffirait seul pour diriger ses r(‘eherc.hes vers l'étude de la vision, s’en joint un antre non moins puissant. 1,’œil est un véritable insirnment d'optique tout à fait comparable à ceux que les physiciens enqdoient dans leurs expériences; les milieux dont il s(‘ compose sont limit('‘s par des surfaces semblables à celles des diverses pièces qui entrent dans la construction des instruments dont on fait usage ((our l'élude de la lumière; ces milieux présentent un ensemble invariable on presque invariable dans la dis|iositiou de leurs parties, et il est tout aussi facile de suivre les phénomènes qui s’y accomplissent que si l’organe n’était pas actuellement sous l’iidluence de la vie.
Toutelois, quelle que soit la puissance des raisons i|ui nous entrainent à prendre l’œil comme objet de celle élude, nous u’oublierons pas ipie notre seul but doit être de nous occuper des conditions physiques de la vision. Les conditions physiologiques delà sensation sont entièrement hors de notre compétence. .Ainsi, d(•s (|ue nous aurons suivi la radiation Inniiiiense jusqu au point où elle rencontre le iierl chargé de iraiismettre
ilo om<jri-.
los impressions nii cei'vean, nous nous orri'lerons en Inissnnl aux pliysiolngisles le soin de eompléler la solution du problème, et d'étudier l'espèce de conflit qui a lieu entre la rétine et le sensorium.
1576. Dr«trrlp<ion de l'œil. — f.'esl Kepler (|ui, le premier, à la lin du seizième siècle, a recomin la marche Yérilable que la lumière suit à travers les milieux de l'œil. l’en de temps après la découverte de la chambre noire, il trouva que l'organe de la vue était un appareil optique où se trouvaient rèalisr-es les conditions que Porta avait ingènieusenieni combinées pour obtenir l'image des objets exlèrieui-s. Les travaux que l'on a faits depuis sur ce sujet ont prouvé, en outre, qu'aucune des e.bambres noires exécutées par les physiciens n'approchait, pour la perfection des résultats obtenus, de celle qui .se Irmive réalisée dans le globe oculaire.
Cette chambre a ses parois constituées par une membrane fibreuse S {fiq. 690) nommée sclérotique, qui est opaque, sauf dans la partie antérieure de l'œil T où sa Iransparem^e lui a fait donner le nom de cornée transparente ; par opposition, le reste de la sclérotique est souvent appelé cornée opaque. EnchAssé derrière la cornée transparente, le aistailinC représente la lentille convergente de la chambre noire de Porta; il se trouve envelop(ié d'une membrane transparente formant une soi te de poche : la capsule du cristallin. L'action qu'il exerce pour former l'image se combine avec celle des deux liquides qui le baignent : l'un d'eux, l’//ii»)c«r occupe l'intenalle com-
pris entre le cristallin et la cornée transparente; le second, le «w/m l’itré, matière de consistance gélatineuse, remplit tout l'espace libre entre le ci'istallin et le fond de l'œil. Enfin, l'image des objets extérieurs, qui est produite par la transmission di' la lumière à travers ces milieux réfringents, ne tombe pas sur les parois de la sclérotique qui sont insensibles, elle est reçue par une membrane nerveuse, la rétine U, qui tapisse le fond de l'œil. Eorinée par une expansion du nerf optique N, celte membrane est un écran dont toutes les parties pos- ■■édenl une sensibilité exquise imiir la lumière; et, sans entrer dans la question pbvsi(dogiqne, nous pouvons dire que les actions exei'cées aux
Fi);, liim.
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ItK LA VISION.
(toiiil.s fju'iUlfi}.'iieiil l<“.s l'.iyons liiiiiini'u\, st* Iriiusinctloiil. sans coiifii- 'imi, jusqu’au rpiilre nerveux.
.Au point de vue optique, le.s parties de l'teil que nous venons de décrire sont les plus essentielles; mais il en est emvire d'auti'es qui ('ontriliuent à la perreclimi de l'organe de la vision. Ainsi, derrière la l’étiiie, iineiiienibrane, la choriridr, e.st recouverte d'nii pigment noir qui absorbe la lumière et empêche les réllexions intérieures : cette membrane, Irèsva.sculaire, sert d'ailleurs à la nutrition de l’organe. An-devant du cris- Inllin, uii diaphragme à ouverture variable 11' permet à la lumière de pénétrer avec plus ou moins d'abondance; il est formé par une membrane <!ontractile, l'ir/.v, que tout le monde peut distingner à travers la cornée ti'ansparenle ; c'est elle qui donne aux yeux la couleur bleue, grise ou noire variable d’un individu à l’antre. L’ouverture de ee diaphragme, qui correspond à la partie centrale de l’iris, prend le nom de pujnlle.
\T>n . .tlarebe dr lu Inmlerp * trsTrni Irx nilUeiix de l'«eli. — La
inarclie de la lumière à travers les milieux de rceil est facile à suivre si l'on se reporte à ce qui a été dit précédemment sur les lentilles. Considérons, par exemple, un objet AH <^f/. Obi ) ; île chaque point de cel objel,
Fis. l’fll
du point A, si I on veut, parlent des rayons divergents ipii vienneni tomber sur la cornée transparente; un certain nombre decesravons pénétre dans l’œil. An passage de l'air dans la cornée et dans l'humeur aqueuse, ces rayons, de divergents qu'ils étaient d’abord, deviennent convergents, et leur convergence augmenle encore, npré,s qu’ils oui traversé le cristallin doni le pouvoir réfringeni est supérieur é ceux des nnlienx qui reiitonrenl. Ces rayons vont alors se réunir sur la l'ètine en A', on ils furmeul par leni' croisement le foyer conjugué du poini A. Il en esl de riièiiie pour tous les points de l’objet, el l’ensemble de tons ces foyers conjugués constitue une image A'D' réelle el renversée de l'objel.
IÔ78. Lm ImaKn priKnrni «ar la retiae. — .Ainsi les
images se peignent sur la rétine, el elles se peigneni reiiver.sées; notre coiisirnclion snltil pour le prouver; il esl bon, cependant, de le démon-
412 OPnOUE.
trer par l’expriieiifL*. CVsl ce que Magendie faisait avec l’a-il d’iiii lapin alleini d'albinisme, c’est-à-dire dont la choroïde, ne contenant pas de pigment noir, mais bien une matière colorante blanche et Iranslncide, se laisse l'aeilemenl traverser par la lumière. L’uni étant isolé et placé devant un objet vivement éclairé, l’image renversée de cet objet s'observe Irés-nettement sur la rétine. La même expérience réussit avec un ivil de Ineiifou de monlon dont on amincit la sclérotique, dans les portions placées en regard de la cornée transparente; mais on voit celte fois le phénomène moins distinctement.
r.e renversement des images a beaucoup préoccupé les physiologistes; ils se sont demandé coimnent il était possible que les idijets nous parussent droits dans de pareilles conditions. L’est une question que lions n’avons pas à traiter : toutefois, nous croyons pouvoir dire que c’est imediriiculté dont il n’y a pasâ s’iii(|uiéter pour le moment, puisque nous n'avons aucmie idée nette sur la manière dont une action purement mécanique subie par l’organe se change en une .sensation.
IÔ79. Axr optique. — L’assimilation des milieux de l’œil à une lentille unique nous entraiiie à considérer les lignes AA', BB' (jip. 091) comme tout A fait semblables à celles que nous avons appelées des axes secondaires (lünr»), et à nommer centre oiitiqiic de l'œil le point où elles se croisent, point ipii est à peu prés situé au centre de l’œil, l'ariiii ces lignes, il en est nue qui passe (lar l’axe géométrique de l’organe et à laquelle on donne le nom d’«.Tf! optique; tout le inonde peut s'assurer que cet axe se dirige siiontaiiément vers le point que l’œil veut lixei.
1Ô80. *n(ic! vlaurl. — Les limites de l'image, qui se forme sur la rétine, sont déterminées par les deux axes secondaires dont l'uu atteint l’un des bords de l’objet et dont l’autre arrive au bord op|iosé. L’écartcmenl (le ces axes est apj(clé unqle visuel : il régie les dimensions de. l’image, et par suite détermine la grand('ur avec bupielle l’objet nous aj)parail. L’angle visuel qui donne le diamètre apparent d'un objet change
d’ailleurs de grandeur (|uaud l’objet se déplace, et sa valeur est inversement proportinuuelb' à la distance.
1 ÔS I . DislancN- de la t ue dlailnexe. — Ün ('•cran placé derrière une b‘iitille ne reçoit l'image nette d’nu corps éclairé (pie s’il est placé A l'cudroil même llli i/ip. tl9‘2) où cette image se fonne.
Dt: i.\ vlSlo^.
S'il M' Irmivc, (Jiir raiifjorl ii l» lentille LL', plus on
plus éloi)^né, en li'lt', les l'iiyuiis émanes de elnique point de l'objet L'i'lairent une larj;e portion de la surface qui les reçoit; de là liait nue nmfiision qui enlève tonte netteté à l'image, (ie résultat se produit sur la rétine, quand l'objet est trop rapproché on trop éloigné de l'ieil, pour former distinctement son image sur cette sorte d’écran qui est ronstitiié ici par répanouisseinent du nerf optique.
L'imperfection de la vue, que vient de nous faire concevoir la théorie, devient manifeste par les expériences les plus simples. Ainsi, que l'on place à ô on -4 centimètres de l'œil un petit objet brillant tel que la tête d'une épingle; et au lieu de l'objet, on apercevra une nébulosité coiil'nse dont les bords seront imparfaitement limités. On appelle distance de la visioti distincte la distance à laquelle un objet de petite dimension doit être placé [H)ur étii' vu le plus nettement possible; elle est en moyenne de.'iti ceiitiniètres, mais elle varie, selon les individus, entre des limites assez larges. Lehot a construit un appareil qui permet de la déterminer pour les différentes vues. L'n fil blanc a (luj. G9.'j| est tendu horizontalement sur nu fond noir.
(tu le regarde en plaçant l'o'il an-dessns de l’uiie des extrémités et derrière nu écran percé en 0 d'une ouverture convenable; il apparaît alors trés-netteraent flélimité dans une certaine longiicnr : pins prés ou plus loin, il semble renllé et donne la sensation d’une petite surface blanebe de plus en plus large à mesure qu’oii s'écarte davantage du point où il est vu distinctement. On arrive donc assez promptement, par ce procédé, à une mesure directe de la distunri’ de la vision distimic.
Iô8ï2. L'oeil peat M'accommoder pour voir A dlfférentCM dioUutccM.
— Si l'on s'en tenait à considérei' l'ieil comme une chambre noire, dont toutes les parties sont invariables et invariablement situées à la même distance d’un objet extérieur, il est clair qu'il n'y aurait qu'une distance déterininée à laquelle un objet serait parl'aitement visible.
Ma is tout le monde sait par expérience ijue la vue est loin d’être aussi imparfaite ; l'œil se porte-t-il sur un objet placé à là centimètres de distance, par exemple, sur nu fil métallique trés-brillant'MI le voit |«rfaitenient limité, tout aussi bien que s'il était à la distance de ôti centimètres. Mettons le même fil à une distance de 411 centiméties, de
•‘>0 t'I lii’uucmip (dus Idiii, à |iliisiiuii> llli'll■e^ di’
distance, la iicltelé continue à être parfaite pour les vues assez honnes.’ 1,’æil possède donc une faculté tonte spéciale d'accommodation, Himl cliacun de nous a conscience. Plaçons deux points lumineux à des distances très-différentes de l’œil, nous avons le sentiineiil de l’effoil exercé pour voir successivement celui qui est le plus proche et celui qui est le plus éloigné.
La meilleure inanière de reconiiailre celte faculté consisie à mettre deux épingles l'une devant l'aulre; un seul œil étau! ouvert, on considère l’épingle lapins voisine, qui parait d'abord confuse, si elle est prés de l’œil; mais pai' un ell’ort de volonté exercé sui l’organe, l'iinage devient trés-nette. Si, tout en conservant la netteté de cette image, ou porte son attention sur l’impressiou que produit la seconde épingle, ou riH-oimait (|u’elle donne une image confuse et sans netteté. .Mais vient-on à faire un effort pour distinguer les contours de l’épingle la plus éloignée, on y i»arvienl, et dès lors l’épingle la plus voisine ne donne plus qu’une image mal délinie.
Cette faculté d’accommodation a beaucoup embarrassé les jdivsiidogisles et les physiciens ; les uns se sont tirés d’affaire en la niant ou à peu prés; les autres ont voulu que le bmd de l’œil put se mouvoir comme l’éci'aii de la chambre obscure; d’autres ont attribué à la cornée li'anspai'eidc la faculté de se bomber, de manière à changer son pouvoir convergent et à diminuer ou à augmenter lu distance focale de l'appareil optique. On a aussi pensé à un déplacement exécuté par le c.ristallin et au cbangement de courbure des surfaces qui le limitent ; mais, jusqu’à ces dernières années, les anatomistes et les physiologistes en ont nié la possibilité. C’est à M. Cramer i|iie l’on doit d’avoir montre quelle direction il fallait suivre pour résoudre lu question, et c’est M. Ilelmholtz i|ui a donné la solution précise, et on pourrait dire mathématique, des difficultés qu’elle renfermait.
I ôK.’i. Expéripitpcn «ir M. t'ramer. — M. Cniiuei' trouva moyen de déterminer, surl’œilvivant, le rayon de courbure de la cornée et celui des deux faces du cristallin. Il eut recours, dans ce but, à une expérience que .'^ainsoii avait faite déjà pour l'étude de certaines maladies de l’œil ; cette expérience consisie à observer les images que donne une source lumineuse dont les rayons viennent frapper les surfaces de chacun des milieux réfringents. Une bougie I, (/iy. t>94) étant placée devant l’œil 0', la lumière iiu’elle émet et ipii tombe sur la cornée traii?pareiite pénétre comme nous l’avons dit; mais elle ne pénétre qu’eu
UK I.A VISION.
liartu; : iitiu pni'tiuii <■^l ivIItThie, c( il roniic, t imiiiii' iUoin le cii!iriiii miroir convexe, une image droile A de la llainnie {fiy. H9;>); celte image est Irès-radle à dislingnerà eanse de son éclat. I.a lumière, qui a pénétré et qui traverse la pupille, tombe sur la face antérieure du rristallin, qui produit cncfire reflet d’un miroir convexe et une seconde image droite B se forme, tàilte seconde image est plus pâle et plus grande i|ue la précédente. Kniin la lumière quia pénétré dans le cristallin arrive sur la face postérieure, une jiartie se réflécliit, et Su se refléchissani 'Uriin miroir concave, elle donne une image iviiversée K; celte image,
hg. 69n.
H’aillenrs, est Irés-pelile, et, par suite, Irès-brillaule. Pour observer »kis images, M. ('.ramer se servait d'un microscope .M iniiiii d'un réticule permettant de mesurer la grandeur des images. Ke microscope était installé devant l’œil O' (fig. 69-i) à ob.server, et on remarquait les varialions qui se. produisaient dans la grandeur des images, lorsque l’œil, sans changer la direction de son axe optique, passait de l'observation lies objets voisins tels que V à celle des objets éloignés K. C’est ainsi que ce savant put constater ;
I" Que l’image A fiy. ti95) qui se forme à la surface de lu cornée, ivsie, dans les deux cas, de grandeur invariable, d’où il résulte que la forme de la partie antérieure du globe de l’œil est invariable ellciiième ;
2° Que l’image li, qui se forme à la première surface du cristallin, iliminue à mesure (|ue l'œil regarde de plus prés, ce qui démontre que cette face de la lentille cristalline se bombe de plus en plus, et dès loi's que sa distance focale doit diminuer ; résultat conforme aux exigences de la théorie, pour que les images puissent, dans la vision des objets l'approchés, venii- se former sur la rétine;
il(i OI'TIQL'K.
3“ Oue la li'oisiéiiie image C, celle qui est pi’oiluite par la l'ace postérieure du erislalliii, reste à peu près invariable.
Les résultats de Cramer sont très-faciles à constater. Kn se mettant devant l’œil de celui qui regarde successivement deux objets placés sur mie même ligne droite et inégalement éloignés de lui, on peut dire nettement, même sans aiicmi instrument, )>ar la dimension des images de la bougie, vers lequel des deux objets le regard vient de se porter.
l-’)8'i. Kxpérienfen de M. Belmholix. — M. Ilelmlipltz, qui ne COllnaissait jias les expériences de M. Cramer, a opéré de son côté dans la même direction d’idées. Il a apporté, dans les mesures qu’il a effectuées, une plus grande précision. Les changements de courbure étaient déterminés au centième de millimétré, et il a reconnu, par le calcul, (|ue i^es changements étaient suflisants pour amener, dans tous les cas. l’image des objets à se former sur la rétine.
Ces résultats remarquables résolvent d’une manière détinitive la que.v lion du mécanisme de raccominodnlion : ils nous montrent que c'est dans le cristallin seul que réside celte précieuse faculté. Nous pou \ uns instinctivement, et selon nos besoins, faire varier la courbure de sa face antérieure, tlnant au mécanisme à l’aide duquel celte variation s’accomplit, c’est encore là une question pendante et qui est du ressort de la l'hysiülogie.
1385. Myopie, preubytle, hypcrmeiropie — D'aprés ce qui précédé, on pourrait dire (jn’il n’y a pas, à proprement parler, pour chaque individu, une distance bien définie qui puisse être appelée distance de la vision ilislincle — cela est vrai — mais la faculté ipie l’œil possède de s’accommoder aux distances, a des limites qui varient selon la conformation des diflérents yeux. Les vues dites myopes sont celles qui n’aperçoivent bien ipie les objets très-voisins, et (|ui ne peuvent pas s’accommoder pool' obtenir une perception nette et détaillée des objets placés à une distance de ipielques décimètres. Elles ont un avantage, c’est (pi’elles |)ermeltent l’observation des petits détails qui échappent souvent à une vue dite normale; car, l’objet à examiner pouvant être mis très-prés de l’œil, le diamètre a[iparent sous lequel il est vu se trouve augmenté : par suite, sur la rétine, se foi nie une image dont les grandes dimensions facilitent la distinction de ses diverses parties. .Mais ces vues myopes ont un inconvénient très-grave, dès qu’il s’agit de prendre une connaissance exacte des objets qui ne sont pas trés-rapprochés; le myope, dans nn musée, voit mal les tableaux ; à la campagne, il ne distingue que vaguement les formes dans le lointain; sa faculté
DK LA VISIUA
il jiecoiimiodaliiiii, qui est Irés-reslreiiitf, le prive évideiniiienl d'uiie roule de juiiiï-saiices.
Il esl facile de voir à quoi tiennent ces qualités et ces défaids des myopes ; les objets très- rapprochés leur apparaissent avec netteté; il est donc évident (ju alors ces objets forment une image nette sur la rétine. Quand l'objet s'éloigne, l’image ne va plus se former au fond de
l ieil, elle se produit plus prés du cristallin (I509), et, faute d'un pou-
voir d'accommodation sufrisanl, le croisement des rayons qui donne l’iniage réelle du point lumineux ne peut pas être amené à s’effecluer sur la rétine. On
corrige ce défaut, en plaçant de- fia- 6fw,
vaut les yeux des verres concaves L (/iy. 696). Les rayons, émanés de chaque point A d’un objet éloigné (1524), possèdent alors, après avoir traversé la lentille concave, le môme écartement (|ue s’ils partaient d'un point A' plus rapproché de l’œil, et la vision distincte de cet objet éloigné devient possible pour le myope.
Les presbytes ont le défaut contraire; la distance focale correspondante A la distance de leur vision distincte est plus grande que dans l’état normal, et l’accoinuiiidatiou ne peut pas se réaliser pour les objets voisins :
il est clair qu’on remédiera à ce f'K-
délaut, en plaçant devant l’œil une lentille convexe qui fera diveiger eonime d'un point éloigné A' ilig. 697) les rayons émanés du point voisin A (1506).
Il y a une troisième affection de la vue, que l'on a appelée \'hy})i‘nnrtnipie. Dans ce cas, par suite de riiitervalle trop petit qui existe enti'e la rétine et le cristallin, l’image des objets, même de ceux qui sont placés à une distance très-grande de l’œil, se forme au delà de la rétine. On voit mieux de loin que de près, comme cela a lieu pour les presbytes, mais on a le clignement de l’œil particulier aux myopes ; car pour distinguer mieux les détails d'un objet, l’individu atteint d'hypermétropie i>st obligé de s’en rapprocher le plus possible, pour que l’image fonnée sur la rétine ait plus d'étendue.
Lette affection de la vue se cori-ige, niais toujours fort iinparfaitenient, par remploi de lentilles sullisaininent couvergentes.
HX Ul'TH.tUt.
Lt’s UHistidéi'aliuiis |jrècédeiiles cuiitieniiüiil loiilu la lliùurii; des limoUi" (ii'diiiaires mi ljé.si(des. Ajoutons seulemeiil que le presbylisiue esl une iiflVcliou (|ui survient génêralenient avec l'âge. On perd, en vieillissant, la racullé d’aceominudatiou qn'oii possédait si coinpiéteinent dans la jeunesse; le cristallin devient moins souple, et ses cliangenicnts de ennrliure lie s’accomplissent plus avec la même l'acilité. La même cause engendre un aplatissement sensible de la cornée, et, par suite, une diiniiiution dans l'actiou convergente de l'ci'il sui' les rayons lumineux. Aussi, un u'il bien conformé devient, avec le temps, d’abord un peu hypermétrope, mais il continue à distinguer nettement les objets placés à l'inlini. A la longue, la presbytie se caractérise de plus en plus. Au contraire, la myopie est naturelle à l’individu qui en est atteint, ou bien elle se déclare à la suite de ceitaines maladies de l’œil.
1386. OpUhainoMwpe. — La méthode de M. Cramer, perfectionnée par M. lielinhoitz, a été appliquée à l’étude complète et détaillée de l’œil vivant. On |>eut aujourd’hui, par l’emploi d’un appareil trés-siinple, Vophlhalmoscope, étudier l’œil pour ainsi dire pièce à piéc.e sans être obligé de recourir à la moindre lésion. L'n jwtit miroir coiuave, percé d’un trou à son centre de ligure, et nue petite lentille biconvexe constituent tout rinstrument. Veut-on, par exemple, examiner la rétine d'un œil malade? on projette sur cette rétine, avec le miroir concave, un faisceau lumineux emprunté à une lampe voisine ; le faisceau traversesans inconvénients les milieux transparents de l’œil en passant par l’ouverture de la pupille, il éclaire ainsi suflisamnient le fond de l’organe. La rétine représente alors un objet lumineux dont l’image, irait se former en avant du cristallin et à une grande distance de lui. Mais, en ])laçant sur le trajet des rayons qui en émanent une lentille fortement l onvergenle, on peut obtenir à (juelqiies centiinèti es de l’œil une image ti és-nette de la rétine. Un observateur, en regardant alors par le trou central du miroir concave, dont la fac.e réllécbissante est toujours tournée (lu nfté de l’œil observé, peut acquérir une connaissance exacte de l’('‘tat pathologique de la rétine.
1387. Aehromntliuiie de l'aell. — Uutre la propriété remarquable (pie possède l’œil de s’ac(^ommoder aux distances et qui en fait un organe si parfait, il en est une autre que les physiciens n’ont jamais pu réaliser d’une manière aussi complète dans leurs insti-uments, je veux parler de racin omatisme. Quand on regarde un objet blanc se détacliant sur un fond noir, on no voit apparaître aucune frange colorée à la limite de séparation du blanc et du noir; tandis ipie, dans les mêmes circon-
llK LA VISKJ.N.
ily
iiiic leiitilli’ ordiiiyiru donne une image irisée sur ses bords. Si la rétine recevait une pareille image, les bords de l'objet puraitraient à roliservatenr mal délinis et comme entourés d'une auréole colorée, l'iiisqu'il n'en est rien, c’est (pie l'œil est achromatique. Quelques expériences, il est vrai, tendraient à établir que l'acbrornatisme de l'œil n'esi |ia,s parfait; mais ces expériences ne sont pas faites dans les conditions iiarniales de la vision.
Aucune des explications ipii ont été données de racbromatisme de liril ne se trouve appuyée sur des preuves concluantes ; aussi, nous contenterons-nous de signaler le fait sans entrer dans aucun détail sur les théories proposées.
IÔS8. AlMenee d’aberration de sphéricité. — Ce que I OU comprend .beaucoup mieux, c’est l’absence d’aberration de spliéi’icilé dans l'œil. Le diaphragme, que nous plaçons devant nos lentilles pour diminuer ce défaut quand il devient trop féclieux, est ici représenté pai' l'iris dont l'auvei tiire est variable, et (jui intercepte à l'occasion les rayons marginaux. Il n'est pas douteux, d'autre pari, que la constilution anatomique du cristallin, qui est formé de couches coiiceutri([ues dont le pouvoir réfringent va en augmentant à mesure ipi un .s'approche du centre, ne cunlribue pour beaucoup à rendre l’organe plus parfait à ce dernier point de vue.
1589. Vision binoralnirr. — Jusipi'ici nous nous sommes occupés de la vision telle qu’elle a lieu quand un œil seul se trouve dirigé vers an objet, l'our compléter notre étude, il est indispensable, à présent, de rechercher quelles sont les particularités qu^ présente la vision babiluelle effectuée avec les deux yeux.
Dans la vision binoculaire, les axes optiques des deux yeux se dirigent à la fois vers le même point. Quand ce point est trés-rapproché, les axes font un angle assez grand qui diminue, d'ailleurs, de plus en plus, à mesure que le point observé s'éloigne, et qui devient nul quand le point lumineux est à l'infini. On croit que c'est à cette inclinaison, dont nous avons conscience, qu’il faut attribuer, en partie du moins, le jugement ipie nous portons sur la distance d’un objet ; mais il ne faudrait pas s’y tromper, les dégradations d'ombre et de lumière, l'angle visuel sous lequel nous observons, donnent des indications plus sensibles, et dont nous tenons surtout grand compte, lorsqu'il s’agit de jugerde la distance d'objets très-èloignés.
iK'ux images d'un même objet se forment, l'une au lond de l'œil droit, l'autre au fond de l’œil gauche. Chaque point visible produit donc deux
impressioiüt exercées chacune sur une fibre nerveuse difl'éreiile. Ce|ien- (lanl, nous n'avuns pas la conscience de deux sensations dislinctes; les impressions s’accordent (c’est l'expérience journalière (pii le nionliv) pour signaler la présence d’un point lumineux unique. C’est une question physiologique des plus délicates que celle de savoir comment deux actions séparées, s’exerçant en deux points différents de notre organisme, peuvent arriver à se cnmposi'r en une sensation unique : nous en abandonnons l'étude à qui de droit.
I^'JO. Dcadrax pcrapecllvea qui «’offreat d im meme apecialenr. Priaelpe du atéréoaicope. — En second lieu, les veux dirigés vers le même objet ne le voient pas exactement sous le même aspect : l’œil droit et l’œil gauche d’un même individu, à cause de leurs positions respectives et de leur distance mutuelle, sont dans les mêmes conditions que deux observateurs qui, de deux stations différentes, regarderaient simultanément d'un seul (cil le même corps. Evidemment, le spectacle qui s’offre à eux ne saurait êtie le même pour l’un et pour l'autre à cause de la dilférence des deux points de vue. Si l’on veut s en |•ouvaincre, on n’a qu’à placer un cube à une petite distance, de telle façon que deux de ses.arêtes verticales soient dans un plan perpendiculaii e à
la ligne di'oite (|ui joint j les centres des deux yeux ; une des faces 1) (fig. 69!li, de CO cube, celle (jui est à j la droite du spectateur, apparaîtra lai'ge quand l'œil droit sera seul ouxcrt, l’autre C paraitra plus étroite. L’ell'et inverse se manifestera f/i;/. IWS), (piand on fermera l’œil droit et que l’on regardera avec ru-il gauche. Le cid)c est-il tout prés des yeux'/ le rapport entre les dimensions des deux faces est très-grand ; le cube est-il éloiané? les deux perspectives deviennent presque identiques.
.Ainsi, le pi'oblême à résoudre, pour expliquer comment les deux images formées sur la rétine se fondent l une dans l’autre et produisent une sensation unique, ce problème est plus complexe que nous ne l’avions laissé supposer tout d’abord : car ce ne sont pas deux impressions identiques qui se combinent pour en former une seule, mais bien deux impressions différentes, et dont les différences dépendent d’ailleurs de la distance à laquelle les objets sont placés devant nous. Le défaut il’idcntité de ces deux images avait été déjà remarqué pai’ Léonard
fig. 6SS.
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llK l,.\ VISION.
tic Vinri ; innis, ili'piiis longicinps, rniiscrvniioii ipi'il avait failo de t‘t> ;{cinH‘ (le pli (inomênes (•lait lomb^e dans rniildi. M. Wheatslone eul l’nccasioii de faire la même l'emarque, il va quelques aniuVs ; ol eello remarque faite, il en tira parti pour montrer que la vision hinneulaire avait, entre autres avanla<tes, relui d’arcuscr le relief des corps et de nous donner un sentiment plus précis de la distance qui nous sépare de li'iir position actuelle. Voici de celle assertion une preuve expérimentale Irés-simple, preuve qui s'olitieut sans le moindre instrument. Que l’on regarde, avec un mil seulement, un objet placé eu avant d’un mur et à line petite distance do sa surface. Au bout d’une à deux minutes, en ouvrant l’œil qu’on avait jusque-là maintenu fermé, on voit l’objet qui paraissait presque en contact avec le mur s’eu détacher tout à coup et coiiime par enchantement. On a acquis la notion de l’espace libre situé derrière l’objet et celle de la distance qui le sépare du mur.
M. Wheatslone a montré l’importance de la double ima;j;e pour donner l’idée du relief, en exécutant des expériences très-curieuses qui .sont maintenant connues de tout le monde. Il place devant l’ieil droit le dessin d’un cube {fig. 699), dessin qui est la reproduclion lidèle de la perspective que ce cube aurait pri'sentée à l’œil droit; il dispose en même temps, devant l’œil gauche et sur le même plan que le précédent, un dessin du même objet qui représente la |iers|ieclive (fig. 698) ipi’aurait vue l’œil gauche. Ces dessins ne sont pas sépan'is comme sur nos figures, mais ils sont disposi's là où ils auraient paru dans l’espace, .si l'objet eût existé réellement. Hans ces conditions, au lieu d’apercevoir deux perspectives, on voit un objet uniipie avec un relief parfaitement accusé.
IÔ91. H(^r«oscope de M. Wbratulone . — l/iiistrument qui permet de placer ainsi sous les yeux d’uii observateur, deux perspectives d’iiii même groupe d’objets, s’appelle le stcrdosco/jc, C(dui qu’on emploie le plus souvent aujourd'hui, est composé d’une sorte de chambre noire munie de deux fragments de lentilles convergentes b.l,' (fig. 700 et 701) dont les bords sont dans le voisinage l'un de l'autre; ('es deux lentilles correspond eut chacune à l'un des yeux. A une distance convenable, on dispose les deux perspectives Alî, A'Ii' Iractvs sur le papier; alors, par l’effet des lentilles, chacune d’elles se trouve rejetée à la distance de la vision distincte et ramenée sur la ligne centrale de l’appareil, au point où elle eût été si l’objet lui-même l’avait fournie. Soient eu effet O et tl' les points où les centres optiques des lenlilb's se trouveraient si ces lentiltes étaient complètes, et siqiposons que Ail et A'B' soient placés
OPTIOLIE.
t'iilro cliaqiu! UMilillo Pl son foyor principal. On rpconnailrn racilomcnl, par ce qui a déjà été établi dans l’étude des lentilles convergentes f IS06) que les deux images iront se former l’une et l’autre en
JL B A' n-
Fiü. 7(10.
Fin. 701.
K tout ce que nous venons de dire et qui constitue l'étude du mécanisme de la vision, nous devons ajouter encore l’indication de quelques phénonu'Mies parliciiliers qn’il est important de connaître, quand on se livre à l'étude de certaines parties rie l'optique.
iri9’i. Dvrér dr» l■■prr«■lon)l Mur la rétine. — Le premier que noiis signalerons est celui de la persistance dr!s impressions sur la rétine. Lors(|u’un charbon enflammé décrit une circonférence d'un mouvement assez rapide, une ligne lumineuse non interrompue apparaît à l'œil qui regarde ; et cependant, à un instant donné, le charbon ne se trouve (|u'en un seul point de cette ligne. On a mesuré la durée de cette persistance par l'emploi d'appareils fondés sur le principe que nous venons d’indiquer. On imprime un mouvement de rotation à une mue qui porte lin point liiinineux; on fait tourner la roue lentement, et la circonférence déci ite par le |K)int lumineux ne brille pas tout entière à la fois. On accéléré la vitesse ; un arc de cercle de plus en plus grand apparaît éclairé en tous ses points. Kntin, en tournant plus rapidement encore, on arrive à une vit(>s.sede rotation pour laquelle la circonférence se trouve éclairée sur lout(‘ sa longueur. Si, à ic moment, la roue fait un tour complet en
l', de si-conde, on ('ii conclut que rimpri'ssion produite par un point Innnneux persiste pendant tout le temps que ce point met à ri'veairà sa |iosition preiuif're, c’est-à-dire que la |M;rsistance de rimpression sur la
rétine est égale à ('j de seconde.
1 090. Irradiation. — Ixirsqiie nous regardons un objet luniineiiv ou
IIK I.A VISION.
Irès-vivempiit nous lo voyons lonjoui's avoc un diainèlre appa-
rent pins ponsiflêrable que relui qui lui convient réellement, et cette an^mentation de grandeur apparente est d'autant plus forte que le corps émet une lumière jilus intense. C’est ainsi, par exemple, que le disque du soleil nous parait, à l’œil nu, beaucoup plus grand que si nous le regardons au travei'sd’un verre coloré qui en obscurcit en partie la clarté. Une expérience d’irradiation devenue classique est celle qui consiste à ivgarderdeux c.ercles de carton de diamètres égaux, l’im noir placé sui’ un fond blanc, l’autre blanc placé sur un fond noir. Le cercle blanc pa- ]-ut constamment plus grand que le cercle noir; c’est qui» l’irradiation tend à augmenter les dimensions du premier et à diminuer celles du second. Il semble résulter de ces phénomènes d'irradiation que, loi-sqn’un rayon lumineux vient frapper la rétine, l’ébranlement qu’il y excite se propage toujours au delà du point touché, de sorte que l’image d’un objet lumineux est toujours perçue plus grande que ne le conrporte l’image géométrique qui se forme en réalité sur l’écran placé an fond de l’œil. Il est clair, en outre, que cette propagation de l’ébranlement dans les parties de la rétine voisines de celles qu’atteignent effectivement les rayons lumineux doit (Mer de la netteté à la vision ; c’(;st dn reste ce que l’expérience confirme.
1594. imac pu coBsécnilTr». — Le phénomène des images consécutives on des couleurs accidentelles consiste essentiellement dans l’observation suivante. Si l’on fixe la vue pendant un temps un peu long sur un objet coloré et vivement éclairé, et qu’ensuite on détourne brusqnemenl les yeux pour les diriger vers un fond blanc d’une teinte uniforme, on éprouve alors la sensation de l’objet avec ses formes véritables, mais il apparaît coloré d’une teinte complémentaire, c’est-à-dire que la nuance qu’il offre cette fois est toujours telle que si on la superposait à sa nuance véritable, on (d)tiendrait du blanc tout à fait pur. ('/est ainsi qu’un objet rouge donne une image consécutive verte ; au contraire, un objet d(' (umleiir verte produit nue image consécutive rouge. L’expérience réussit Irt’s-bien avec le disque solaire quand on le regarde A son couchant, et (|u’on porte ensuite la vue sur un mur blanc situé dans le voisinage du lieu d’observation.
Les phénomènes d’images consécutives ont été, de la part de M. l’ialeau, le sujet d’études trés-intéressaiiles; mais la théorie de ces phénomènes ne nous semble pas assez bien établie pour l’exposer ici.
t.'î9ri. t'onlrvra «nbJ(M!«lveM. — L’cxcilaiit naturel du nerf opiiepte est la lumière; mais il ne laudrait pas croire que la lumière setde puisse
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optique.
nous donner la sensation lumineuse; il existe un grand nombre d'excitants, tels que les narcotiques, l'électricité, les congestions sanguines dans la région des yeux, etc., qui peuvent ébranler la rétine et donner des sensations lumineuses parfaitement accusées. L'explication de ces faits est toute naturelle. Lorsque la lumière vient frapper le nerf optique, ce n'est pas la lumière que nous sentons, mais bien la modification spèciale que notre nerf a subie par une action purement mécanique; dès lors on conçoit que d'autres agents puissent imprimer aux fibres nerveuses une modification du même genre, et, par suite, nous faire éprouver des sensations analogues.
lôttfi. TatamiBB oral!. — On désigne sons ce nom l'ensemble des organes qui protègent la vue contre les agents extérieurs. Chacun connail à c.*d égard le rôle des paupières. de6 cils, etc. Aussi n'insisteronsnous que sur deux propriétés physiques spèciales des milieux protecteurs, propriétés qui garantissent la rétine de rinnuenen fàcbense que certains rayonnements peuvent exercer sur elle : ainsi, M. J. Régnault a reconnu que les milieux oculaires ont la propriété d'arrêter, an moins en partie, les rayons ultra-violets que peut contenir la lumière qui pénétre dans l’œil. Or, il parait démontré que ces rayons agissent d'une manière très-nuisible sur la rétine.
M. Janssen (M. Cima, de Turin, avait déjà touché à ce sujet i l'insu de l’auteur français) a constaté par des mesures nombreuses et précises que les milieux de l’œil jouissent encore de la faculté d’arrêter la pres- (pie totalité de la chaleur rayonnante obscure qui accompagne toujours la lumière en proportion considérable : cet avantage mérite d’ètre signalé, car dans le cas, par exemple, de nos lampes modérateur, aujonrd'Iiui si employées partout, la proportion des rayons obscurs est beaucoup pins que décuple de celle des rayons lumineux. On comprend donc, qu’en rai.son île cette propriété, la chaleur rayonnante obscure, qui par son pouvoir calorifique ponirait altérer le tissu si délicat de la rétine, soit arrêtée, et que les radiations capables de produii-e la vision puissent seu'es être transmises au nerf optique.
fJIAPITRE VII
■ XNTRtlNRWTN n'OPTIQlJK
l,«s siirfart's rr-IItTliissanlrs, Ifs milifiiv réfriiigfiils, dont les effels sont iiitéressanis à étudier par eiix-niêiiies, préseiileiil nue iinpnrtaiice roiisidéi'alile, en raison des nppliratioiis qui ont été faites de leurs propi iétês. Déjà, quelques-unes de ces applications ont été siffualées dans l'étude que nous avons faite des luiroii's plans, de la ehandire noire, du microscope solaire. Cependant jusqu'ici, à cause de la nécessité où l'on est de commencer toujours par l'examen des cas les plus simples, nous nous sommes liien gardé de composer un appareil dans lequel plusieurs éléments optiques fussent combinés ; et si pareil groupement a été quelqnefois signalé (comme pour le microscope solaire), c’est qn’en réalité une seule pièce jouait un rôle important, tandis que les antres n'avaient (|u'iiii rôle acces.soire, celui d’éclairer l’objet.
Dans les appareils dont la description va suivre, plusieurs des élénieiiLs optiques dont 1a théorie nous est connue vont être assemblés, et si un miroir i.solé, si une lentille toute seule peuvent recevoir des applications importantes, nous verrons qu’une association convenable de lentilles, de miroirs et de prismes fournit des effets plus remarquables encore. Ces ensembles, qu'on appelle instrumenta d'optique, .sont de.stinés, pour la plupart, à venir au secours de l'onl, à rendre notre vue plus pénétrante on plus préci.se, et leur valeur est telle, qu'ils coustiliient aujourd'hui les auxiliaires indispensables des sciences d'tdiservalioii ; l'astronomie et les sciences naturelles.
Au début, nous décrirons deux insttiiments assez simples, la chambre claire et la loupe.
Viti OlIK.lIK.
ir>97. Chambrr riaire. — l.a rlmnilii'i' claire a été inventée en iSOi par Wollaslon. Klle se composait d’abord de deux miroirs plans AH et lie (/iÿ. 702), faisant entre eux un angle de 135". Une image de l’olijel ab placé devant ce système réllécliissant.se forme d'abord en a'b' par In rédexion de la lumière qui tombe sur le miroir BC ; mais «’ft' joue, par rapport au miroir AB, le riMe d’un objet, et il se forme en n"l/' une J' image qui sera visible
■"X . , pour l’œil situé au-des-
sus de AB. Si l'objet est ^ /| “ vertical, l’image parni-
Ira horizontale el droite \ ^ ^ / / il l’observateur : cela
\ que tout rayon
/ / qui s«- rélléchit sur deux
\ ' miroii’s comprenant en-
\ **" Psp3<’c angu-
i,\ \ Inire, se brise, en faisan!
\ *’*'* direction primi-
' live un angle égal au
70i, double de l’angle des
deux miroirs diminué de 180 degrés, 2(ABC) — 180. Si ABC =■ lô5“, l’angle que fera le rayon rélléchi sur le second miroir avec le rayon incident sur le premier sera de 00* : le lecteur trouvera sans peine In démonstration. Wollaston prenait pour ce dernier miroir AB une lame de verre non étamée ; en infime temps que l’image a"b'\ il pouvait donc apercevoir une feuille de papier placée à la distance de la vision distincte. et avec un crayon K, suivre les contours des images el les des-
Maisiin pareil système laissait perdreune grande (|uantilè de lumière, el l’image o''b" était trop peu intense ; Wollaston le remplaça parmi prisme de verre à quatre faces ABCD (/il/. 703) tel, que l’angle 1) fût droit, l’angle ABC égal à 135* et les angles A et C égaux entre eux. Les rayons arrivent sur BC el sur AB sous l’angle de réllexion totale, el les images acquiérent alors une grande vivacité. Mais, dans ce cas, l’ieil placé au-dessus de AB ne peut plus voir ni le papier ni le crayon, qui .se trouvent cachés par le prisme. On est dans la nécessité de placer l'ieil en O (/il/. 7ll2), dans une position telle que l’ouveilnre de la pupille, soit, pour ainsi iliiv, coupée en deux parties égales |iar l'aréle du prisme, llaiis ces condilioiis, la rétine peut être impressionnée à la fois el par
liVSTRUMFNTS II-OPTIOIIK.
la lumière direele qu’envoie le papier et par la liiinière réllécliie qui produit l’image. ,\fin que l’œil prenne une bonne position, la face Alt est iviuniverte d’une plaque qui est percée d’un petit trou divisé en deux moitiés par l’aréte A du prisme.
Fis,'. 7lf>.
Xous avons admis qui‘ les rayons qui émanaient des différents points de l’objet éclairé tombaient sur les surfaces rélléchissantes, comme dans le cas où la chambre claire était formée .seulement des deux miroii-s Alt et Bti : cependant la lumière, en pénétrant dans le prisme ou eu s’en i^happanl, se réfracte, les deux réfractions ainsi produites n’amènerontelles pas quelque déviation capable de troubler le phénomène? Ce danger n’est pas à craindre. La lumière subit deux réfractions successives, cela est vrai, mais toutes deux se compensent, comme elles le font, dans le cas où les rayons traversent une lame A faces parallèles. On le démontre sans difficulté par le raisonneinent ; nous donuerous simplement 1a figure ci-jointe (/ir/. VÜ.’ïj qui fait voir que le rayon émergent ik est toujours perpendiculaire au rayon incident e/".
Cet ensemble de deux miroirs présente pour le dessin des paysages ou (les monuments, des avantages pW-cieux. Son champ est illiniilé dans le sens vertical. Kn effet, que l’on fasse tourner le système des deux mil'oiis autour de leur intersection commune, l’image restera immobile, et, quelle que soit la hauteur des objets, la chambre claire la plus petite permettra de les dessiner dans toute leur étendue.
OITIOIIK.
r.i'l iiislriimeiil offri' un nuire nvniitage Irés -iinporlanl pour les (Icssinateiirs, c'est fpi’il ilonne les iiriaftes sans aucune di^fmfnal 'um de In pers|H'clive.
IÔ9K. Perfectloanemea* de la chambre dalre. — line cliainhl'e claire aussi simple que celle que nous avons décrite, exi;;e, de la pari du dessinateur, un effort d'accommodation impossible à réaliser et qui, dans tous les cas, occasionne une grande fatigue. Le papier et le crayon étant placés à la distunce de la vision distincte, l'iril, pour les voir, doit s'accommoder à cette distance, et, d'autre part, l'image de l’objet à dessiner se formant derrière la face rénécbissaiite AB, à la distance même où il se trouve, l’œil doit s’accommoder en même temps pour voir à une grande distance, si cet objet est éloigné. Ce sont deux étals que le même œil ne peut réaliser à la fois, et une lutte s’établit entre les deux tendances à ces accommodations souvent Irés-différenles ; l’observalenr, passant sans cesse de l’inie à l’autre, ne larde ]>as à éprouver une lassitude véritable.
Tu antre défaut de cette chambre, c’est que si le prisme peut tourner sans inconvénient, les déplacements de l’ieil sont, au contraire, Irésfâcheux ; ils changent la position relative de l’image et du papier, et ce changement est tout à fait comparable à celui qui se manifeste, lorsque nous regardons en marchant deux objets inégalement dislant-s de notre vue.
Itéjà, pour remédier à ces défauts, Wollaslon avait adapté une lentille divergente au-dessus de la face Al), et il la construisait de telle sorte (pi’elle fil apparaitre les objets éloignés juste à la distance de la vision dislimde; à travers celle lentille, le dessinateur regarde l’image donnée par le miroir AB, et il la voit à la môme distance que le papier. Il n’a pas à lutter pour réaliser une accommodation impossible. Cette lentille pourrait être formée par un verre plan-concave placée sur la face AB ; mais il vaut mieux qu’elle fasse corps avec la chambre claire, qui piV-sente alors une disposition analogue à celle i|ue nous avons figurée ici (/iÿ.TOA). Par ce perfectionnement, on évite, en outre, l’erreur due aux petits déplacements de l’œil, puisque l’image et le papier sont exactement en coïncidence. Le spectateur a beau se déplacer, il ne peut pas les voir changer dans leurs positions relalixes.
1591). Chambre claire de H. (.aaiMedal. ' — La position dll centre
INSTRUMEN I S IfOPTK.iUE . l’i!»
(le la Ifiilille iliverguiitu est iiiiportaiile à euiisitiêrer dans l'in- ■stnmient que iiuus étudions, et cependant Wolloslon ne s’en était poiiq |iréoccupé. M. Lanssedat, vonlanl utiliser la chainlire claire pour le lever des plans, et ayant besoin de retrouver racilenieid ce point sur le prisme, « l’a transporté sui’ l'arèlc prés de laquelle on place l'œil, en • prenant le centre de la sphère qui entaille la lace du prisme sui' une « perpendiculaire à cette Tara* menée par un point de l’an'te elle-inéine. n La figure 7115 montre la chambre claire de M. Lanssedat ; seidement l'entaille du prisme a été exagérée pour qu’elle soit sensible.
L’utilité de cette coustructioii résulte de ce que l’œil (|ui regarde est placé sur l’axe principal de la lentille, et la vision est dés lors trés-disliiirte. Mais le principal avantage, c’est (|ue, lorsque l’on dessine une perspective, « le centre optique de l’appareil peut être considéré comme • le point de vue miitlumniiqnc de la pei'speclive. » Par cunsé(|ueiit, dés ipi'oii sera sur que les angles du prisme ont exactement la grandeur
l.HI OITKilh..
\oiilue, la vtülicale l’P' (/if/. 70‘)l menée par le iM'iilre (ipliipie reiieuii- Ircra, sur le dessin, le point inèine qu’aurait reneontré, sur le pavsage, riiiiri7.(intale llir ineiiêe par le même point, dans un plan perpendinilaire aux arêtes du prisme.
I iOO. Loupe. — [..a loupe est le plus simple des instruments d'optique : elle se compose d'une lentille convergente, à travers laquelle on regarde un objet de petite (limen.sion placé à une distance de la lentille un peu moindre que la distance focale principale.
.\ vrai dire, la. théorie de la loiqie a déjà été donnée; elle l'entre, comme cas particulier, dans l'étude générale des lentilles convergentes. .Nous avons montré, g l"i07, que l'image de l'ohjet AB (/iq. 7llB) était
Kig. um.
virtuelle et plus grande que l'olijet, toutes les fois que cet objet était placé entre la lentille et le foyer principal ; l'œil placé derrière la loiqie aperçoit alors l’image en A'B'. Mais pourqiie la perception soit nette, il faut que la distance de cette image à l’œil soit celle de la vision distincte. L’observateur qui se sert de'cet instrument arrive, en tâtonnant, à réaliser cette condition pratique. A cet effet, il avance ou il recule l’objet, ce qui déplace progressivement l'image dans un sens ou dans l'autre, et enfin il parvient ainsi à mettre l'objet au point après quelques tàlonnenient> de courte durée.
Les services que rend la loupe sont bien connus ; elle permet d'apercevoir dans cette image agrandie de l'objet des détails dont la petitesse échapperait à notre vue; et jusque dans les premières aniu-es de ce siècle, c’est avec cet appareil si peu compliqué qu'ont été exécutis les Iravaux les plus importants des naturalistes.
Il est utile, dans beaucoup de cas, de déterminer quel est le grossissement d’une loupe : il siillit pour résoudre la question de recourir à la
formule déjà employée (lôl I ) dans laquelle p' est donné d'a-
l.\srKLMK.\TS D OlTKjl h.
tcim't' : i-/t'.sl,fii viilfiirab^oliio, la dislaiice Dde la vision dislinclo, tandis i|iio P l'sl iiu-oiiini fl sf di'dnil de l'i-galité : ^ — li ~ /' ~ îm^’
un en déduit le };rossissenient :
on (!:
Le "russisseineni d'nne niénie lon|ie angnienle doue, avee. la dislaiiee (le la vision dislinete, il diininue à mesure i|iie la distanee l'oeale de la lentille devient pins grande.
X iciioM.oi'i. cox rus i
liOI. Th^trle dn microMrope roiiipoMr. — Le niieroseope compose (>s( lin instrnnient ipii donne les images agrandies des objets de trés- |H‘tite dimension, de pins, il les pivsente à l’œil à la distance de la vision distincte. Son but, on le voit, l'st le même ipie celui de la loupe; mais .ses elïets sont plus puissants. Dans cet iiistrinneiit, l’œil regarde i travers une lentille convergente appelée oculiiire, (|iii sert de loupe;
Fig. TIC.
mais ce (|u’il regarde, ce n’est pas le petit objet Ini-mènie, c’est une image réelle de cet objet déjà agrandie au moyen d’nne première lentille |.•Ollvergellte ipii a le nom tVolijeclif. Les idijels sont donc amplifiés par
45‘J Ol'TKJlK.
iiii (iuiil)lo Myslèiiiiï (le liMililles. Au grussissuiiieiil de lu luupc !se Iruuve ujuiitc celui de rubjcelif.
La ligure 707 représente l’objeclif L et ses deux foyei's F, F, ; l’oculaire L' et ses foyers F', F',. L'objet AB, un peu au delà du foyer F,, mais à une distance de la lentille moindre que le double de la distance focale principale, donne une image réelle et renversée qui se détenninc suivant les règles établies dans la théorie des lentilles. Veut-on l'obtenir par un tracé gt-ométrique ; ou mène, du point A, l’axe secondaire A.X',, puis le rayon AI parallèle à l'axe principal, et le rayon réfracté correspondant IF, qui vient couper l'axe secondaire au point A'; ainsi, on a en A' l’image de A. On tracerait de même l’image B' du point B, et l'on voit que, devant la loupe L', il se forme l’image A'B' agrandie et renversée de l'objet. Pour que la lentille L' joue le rôle de loupe, il faut que celte image A'B' se forme entre la lentille 1/ et le foyer F', ; c'est ce que la ligure répn^ sente. Kn traçant l'axe secondaire A'.V', puis le rayon A'I' parallèle à l'axe XX', et enfin le rayon réfracté l'F', on obtient, par le prolongement de ce dernier, l'image virtuelle A" du point A', et par suite l'image A"B" ipii est pins grande que A'B', renversée comme elle, et qui, par une position convenable donnée à l’oculainî, se trouve rejetée à la distance de la vision distincte.
liU2. MvenMm d'uB miero«co|>e. — L’objeclif et I oculaire
sont les deux pièces essentielles du microscope, mais rinstiimient exige des accessoires. Le sont (fig. 708), 1“ les tubes qui portent les lentilles; 2“ la plate-forme P, destinée à soutenir l’objet; 3" un système d’éclairage M qui rend l’objet Irés-lumineux; enfin, 4“ le pied S de rinslruinenl sur le(iuel toutes les pièces sont fixées.
Tubes. — Les tuyaux qui |)ortent les lentilles s'emboîtent l’un dans l’autre. An bout du tuyau inférieur O est enchâssé l’objeclif L Ifitj. 101) et au bout opposé O' du tuyau supérieur est fixé l'oculaire L'. Ces deux verres sont écartés à volonté, en faisant glisser les tuyaux l'uu dans l’autre; mais le plus souvent l’observatenr les maintient à une distance fixe.
Porte-objet. — Une plate-forme P, peixiée d’une ouverture qui peut être diminuée ou agrandie par l’emploi de diaphragmes, sert à suppoiler les corps très-petits que l’on veut étudier; on l’appelle le porle-ohjel . Bes ressorts sont destinés à l•eteuir les lames de verre sur lesquelles, eu général, ces corps sont disposés. Une lige à crémaillère permet, au moyen d’une li'le de vis V', d’approcher ou d’éloiguer la plate-forme de l’objectif afin d’effectuer aisément la mise iiu foijer. Par le moyeu d’iiiu'