DOUBLE RÉFRACTION. A7I
compliquées, cl qu’on appelle cristaux à deux axes. Nous nous occuperons exclusivement ici des propriétés réfringentes des corps du premier groupe.
1453. Spath d’iaiaade. — Nous prendrons Comme type le sfmth d'hlimde, qui, au point de vue chimique, n’est autre chose que du carbonate de chaux tout à fait pur. Ce corps, à cause de sa transparence parfaite et de la grosseur des échantillons que l’on trouve dans la nature, se prête admirablement à l’élude expérimentale que nous allons faire. Il se présente sous la forme d’un rhomboèdre ou parallélipipède oblique limité extérieurement par six faces planes qui sont des losanges égaux entre eux. Lu ligne XY, qui joint les sommets A et A' ifig. 720) des angles solides, formés chacun par trois angles plans obtus égaux, représente l’axe crislaliographique de la substance. Nous verrons bientôt pourquoi on l’a nommée aussi Vaxe optique.]
1454. PrenUére* expérience*. — Si l’on pose à plat un spath bien (ransparent, sur une feuille de papier blanc portant un petit point noir, et qu’on regarde ce point à travers le cristal, on le voit distinctement dédoublé. Les deux images du point noir sont d’autant plus écartées l’une de l’autre que le cristal est plus j épais. De même, si l'on taille un spath de manière à lui donner la forme d’un prisme triangulaire BAC
l/ig. 721), et qu’on fasse tomber sur la face AB un faisceau délié KF de lumière solaire, on obtient en M et en II, ileux spectres complets; la lumière, en passant dans le prisme, se divise en deux faisceaux distincts, l’un FL, l’autre FG, qui émergent ensuite dans des directions différentes. Cette propriété a fait donner au spath et aux corjisdu même groupe le nom de corps biréfringents. Il n'y a qu’un seul cas où le layon incident ne se bifurque pas, c’est lorsqu’il pénétre dans le cristal en suivant une direction parallèle à celle de l'axe cristallographique. Si, dans le prisme considéré, la face Alla été taillée perpendiculairement à cet axe, et qu’on fasse tourner le prisme jusqu’à ce que cette face AB soit
Fiir. : O.
té
normale au rayon EF, on constate {fig. 722) que le dédoublement du faisceau lumineux n’a plus lieu : il continue sa marche en ligne droite,
suivant FG, et émerge dans la direction GH sans éprouver de dédoublement en aucun point de son parcours. Du reste, la direction de l'axe est la seule, dans le cristal, qui jouisse de cette propriété de supprimer la double réfraction ; elle a, par suite, une importance spéciale relativement à la lumière, et c'est à cause de cela qu’on l'a nommée axe optique. Tout plan contenant l'axe optique, qui est perpendiculaire à une face naturelle ou artificielle du cristal, se nomme section principale.
1455. Imace ordiMilre. — extraordiaalre. — Quand OU ré-
pète l’expérience décrite en premier lieu dans le paragraphe précédent, et qu’on fait tourner autour de la verticale menée au point d’incidence, le cristal de spath reposant horizontalement sur la feuille de papier blanc, on reconnaît que l’une des images du point noir demeure immobile pendant la rotation, tandis que l’autre semble tourner en même temps que le cristal. La première correspond doue à des rayons lumineux qui, pour un même angle d’incidence, donnent un angle de réfraction constant, quel que soit l’azimut dans lequel s’opère cette réfraction, tandis que les rayons qui forment la seconde sont influencés dans leur direction parla variation de l’nzimut primitif. En d’autres termes, tout se passe pour la première image comme si elle était vue à travers une lame de verre ou de toute autre substance monoréfringente, tandis que la seconde est soumise, quant à sa formation, à des lois düTérentes; aussi a-t-on nommé la première image ordinaire ; la seconde, image extraordinaire. Ou dira de même, dans le cas du prisme de spath ABC Ifig. 721), que le rayon de lumière EF, eu tombant sur lui, s«’ dédouble en un rayon ordinaire FG, et en un rayon extraordinaire YL. L’expérience montre, en effet, que le rayon FG suit, dans tous les cas, les deux lois de la réfraction simple découvertes par Descartes, c'està-dire que ; 1“ les rayons EF, FG,et la normale à la surface, au point F, sont trois lignes toujours contenues dans un même plan, et que; 2“ quelles que soient les valeurs de l’angle d’incidence t et de rangle que fait le plan d’incidence avec la section principale du cristal, l’angle