‹ Cours graduel et complet de chinois parlé et écritChapitre 80 sur 278 · Naturel — m.arfi · texte numérisé non relu

Naturel — m.arfi

dans quelques provinces, les porteurs de chaises et les bateliers (voués depuis des siècles, comme à Canton et à Ningpo, i une sorte d'ignominie et ne se mariant qu'entre eux). Ces exclusions ont lieu jusqu'à la troisième génération. Un riche comédien ou proxénète voulut se passer la fontaisie de devenir licencié es lettres et, ayant donné de grosses sommes aux représentants féminins de la famille du premier examinateur Po-tsiunn^ qui était en même temps l'un des principaux ministres, finit par avoir le diplôme. Protesta* tion de tous les licenciés de l'Empire. Pdttiunn fut mis en jugement, condamné à mort et exécuté, bien que, personnellement, il eût ignoré la manœuvre dont il fut la victime.

66. Siéou-ts'aî^ élégante capacité (pas encore EFFicTivc),— if K-Jenn, hommes (déjà) élevés ou supérieurs, — et enfin ttinn-chéy (les) entrés {dans la) science, ou adeptes de la science; — en d'antres termes : les bacheliers, les licenciés et les docteurs es lettres. Ce sont là les trois premiers grades littérairet^ soit Cf'vtlt, soit militaires^ bien que pour l'armée, les examens soient moins sérieux.

Pour obtenir le premier grade, celui de siéou'ti'aiy il fout passer par trois épreuves, l'une dans la ville du district ob l'on est»

l'autre dans la ville de préfecture et la troisième au chef-lieu de la province. Ces examens sont annuels et, selon le lieu où ils se tiennent, sont présidés par le magistrat, le préfet, ou le chancelier départemental de l'instruction publique. Les bacheliers ne sont considérés que comme candidats aux fonctions publiques.

Pour la licence, les examens se passent tous les trois ans, dans les chefs-lieux de province, et ce sont des commissaires impériaux envoyés de Pékin qui les président en grande pompe.

Cependant, tout bachelier, reconnu apte à se présenter pour la licence, peut se rendre dans la capitale et demander à y concourir pour ce grade, au même titre que les candidats nés dans la province impériale du Tché-li.

Les examens pour le doctorat ne pen^t avoir lieu qu'à Pékin, — il est vrai que l'Etat paye les frais de voyage des candidats ; — ils se tiennent également tous les trois ans, mais jamais en même temps que les examens pour la licence

Quelquefois, à l'occasion d'un heureux événement national ou impérial, le. souverain octroie la ^dce d'une session d'examens hors saison. On la considère toujours comme un bienfait extraordinaire. Parfois aussi, ou punit une province entière en la privant de l'examen

Chap. XI.

TEXTE CHINOIS

55. Hann-linn-youinn, cour (de la) forêt (de) pinceaux, — répondant exactement à notre Institut de France^ si ce n'est que les Chinois n'y arrivent qu'à la suite de plusieurs examens, où règne, le plus souvent, une extrême rigueur.

Pour prétendre à être simplb membre de l'Institut, il faut être docteur èslettres et avoir un numéro de réception très-élevé.

L'examen pour être simple membre de l'Institut a lieu à Pékin, au palais Impérial, et les examens pour être membre de i'* ou de 3* classe, sont quelquefois présidés par le souverain lui-même, — dans tous les cas, on les passe toujours en son « auguste » présence.

Ces nombreux examens, réglementés dans leurs plus petits détails par un Manuel officiel, qu'on réimprime tous les dix ans, sont l'insti-

tution fondamentale de l'Empire chinois, la loi voulant que le mérite seul, constaté par ces examens, motive les nominations à tous les emplois. Dans la pratique, cela n'existe pas très-rigoureusement, surtout depuis quinze à vingt ans, — bien des grades, bien des positions s'acquérant à beaux deniers comptants. Mais ce ne sont jamais que des exceptions. Ce qui est plus positif, c'est que les examens pour le Doctorat et pour l'Institut sont très-rarement entachés, de corruption, car même la peine de mort menace également les corrompus et les corrupteurs. On en a eu un grand exemple en 1859. La loi exclut des examens littéraires certaines classes d'individus, comme les esclaves, les proxénètes, les comédiens, les sbires, les musiciens, lés bourreaux, voire les barbiers et les tailleurs , et

TRADUCTIONS

CUAP. XI.

Traduction française.

un on-dit en Pair que rien ne justifie; il est vrai que les gens y sont un peu grossiers, (et ont) la figure passablement mélancolique.

Bien qu'il en soit ainsi, pendant mon séjour à Pékin, il y avait un de mes intimes, le nommé Léou^ natif de cette province, qui était cependant la politesse même ; c'était un

Traduction littérale,

le (c. p.) — être — homme — fabriquer {construire) — de (m. part. pass. ), — pas — venir — expérimenter — de (m. part, pass.] -— langage -,

— aussitôt — être — homme

— grossier — rustique — un peu, — visage — dessus

— porter — de (m. part, près : ) — tristesse — mélancolie.

I. Bien que — m. ady. — comme — ceci, — |e — être placé (à) — capitale — lieu (dans), — avoir — un — p. n, g, — connaître — mûrir

— le — nom de famille — tuer (Léou^ nom propre), — être — celte — un — province — de — homme, — extrêmement — ceci — élégance [éducation], — être — le —

53. Léou t%X ici un nom de famille, parc3 au*il est pricédé du caractère tingy famille, nom oe famille, le nommé.

54. Sseu-ouenn^ — expression répondant à notre : élégance même, ou, politesse même.

Le caractère sseu appartient surtout à la

langue écrite, où il signifie ceci ou cela. Ces! dans cette acception qu'il veut dire ici même^ en accentuant le caraciôre ouenn, littérature, — c'esi-à-dirc, politesse, bonne éducation, que produit, nécessairement, la littérature {Vétude)^ au moins suivant les idées des Chinoi<.

Chap. XI.

TEXTE CHINOIS

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